Cf. les vers 6252 et
Ces données se résument ainsi :
Aymeri
Bcrnart Bovon Guillaume Ernaut . . . Aimer Guibert Fille
Vivien Guichard ?
orphelin élevé par son oncle Guillaume
3° Selon les Enfances Vivien, Vivien est le fils d'un frère de Guillaume, qui est précisément ce Garin d'Anseùne dont Aliscans ne parle jamais. Sa mère est dame Uistace, fille de Naymes de Bavière. Il n'a pas de frère (sauf dans le ms. C, v. 4687, v. 4730). Il est élevé jusqu'à l'âge de sept ans dans le château paternel. Mais Garin d'Anseùne est fait prisonnier par un sarrasin, Marados, lequel le torture et ne veut accepter de lui d'autre rançon que son fils Vivien. L'enfant est prêt à se dévouer; sa mère demande conseil à ses oncles assemblés, qui « jugent à mort » Vivien et décident qu'il doit être livré aux païens en échange de son père. Il en est fait ainsi; mais Vivien échappe à ses bourreaux et est élevé sept ans à Pampelune par une marchande chrétienne qui le fait passer pour son fils ; depuis l'âge de sept ans jusqu'à l'âge viril, il court en Espagne de merveilleuses aventures.
On peut figurer ainsi ces données :
Aymeri
Bernart GuillaumeSarin d'Anseùne Ernaut Bovon Aimer Guibert ép. Uistace, fille de Naymes de Bavière
Vivien, fils unique, élevé par Garin et Uistace jusqu'à l'âge de sept ans, puis emmené en Espagne, où il reste ; son père et sa mère sont encore vivants à la fin du poème.
APPENDICE
4° Si Ton se reporte enfin à la Chevalerie Vivien, oh y lit au début du poème :
9 Ce fu a Pasques que l'en dit en esté. Guillelmes ot Vivien adoubé, Le fil Garin d'Anseùne, Vainzné L Por seue amor en ot cent adoubez.
Dist Viviens : « Beaux oncles, entendez : Par tel covent l'espee me donez Que je promet, voiant vos, Damedé, Le glorieus de sainte maiesté, Voiant Guibor qui m'a norri soef, Et voiant vos et voiant toz vos pers, Que ne fuirai en trestot mon aé Por Sarrazin, por Tur ne por Escler. . .
Dès ces premiers vers 2, Ton trouve donc associées des données que les autres poèmes ne réunissaient pas. Vivien est ici, comme dans la chanson des Enfances, le neveu de Guillaume par son frère Garin d'Anseune ; pourtant, comme dans Aliscans, il n'a pas été élevé dans la maison
1. Ce vers, donné par les manuscrits du groupe A (voir l'édition A.-L. Terracher), se lit ainsi en D : Lou fil Garin, un su en ami charnei. Il manque en B et en C. — Le nom de Garin d'Anseiine, donné comme père de Vivien, se trouve d'ailleurs dans tous les manuscrits en d'autres passages, par exemple aux vers 139, 1861, etc. Nos citations sont faites d'après les manuscrits du groupe A ; la numérotation des vers est celle de l'édition Terracher.
2. J'écarte de la discussion, comme dérivés des Enfances Vivien, et me rangeant aux excellentes raisons proposées par M. Cloetta (pages 72, 79, 81, 92-4), les témoignages de la seconde rédaction du Montage Guillaume, d'Aimeri de Narbonne et des Narbonnais. Sur le rôle de Garin d'Anseùne dans les Narbonnais, voir l'édition de M. H. Suchier, t. I, p. 157, variante des vers 4064-5, et t. II,
p. L.IX.
paternelle, mais par son oncle Guillaume et par Guibourc. son père est mort, quand s'ouvre le poème (v. 139-140), et certes depuis des années, car Vivien, s'il le nomme une fois ou deux en passant1, ne pense jamais à lui. Veut-il s'exciter à la prouesse? c'est le souvenir de son aïeul Aymeri qu'il évoque (vers 810, 1887) et de préférence celui de son oncle Guillaume et de Guibourc (vers 882). Sa mort prochaine le désole parce qu'elle désolera son oncle Guillaume (vers 606, 1509, 1601) et Guibourc :
1509 « Oncles Guillelmes, ja mès ne me verrez. . . Dame Guiborc, ja mès ne me ravrez. . .
606 (c Ne vos verrai ja mès, oncle Guillelme. . . Et vos, contesse, Guibor, ma dame bele, Vos me norristes lonc tens soz vo messele ; Quant serai morz et savroiz la novele, Por moie amor en plorerez cent lermes. »
C'est tout enfant que Guibourc l'a nourri soz sa messele, et le poète précise ailleurs en disant que cette éducation a duré sept ans :
271 Dex ! qu'or nel set Guillelmes au cort nés, Dame Guibor, qui le norri soef, VII. anz toz plains sain et sauf et gardé!
1. Au v. 413, par exemple, et au v. 1859, où, pour se faire reconnaître dans la bataille par Guillaume, qui le prend ponr un païen, " il se désigne ainsi :
« Sire, dist-il, vos ne me ravisez ?
Filz sui Garin et d'Anseune nez; Vostre niés sui, sachiez de vérité. »
APPENDICE
Cependant, ce Vivien qui a été élevé tout enfant dans la maison de son oncle, comme s'il était orphelin, n'en est
pas moins désigné dans ce roman comme s'étant dévoué pour délivrer son père Garin d'Anseûne de la prison des Sarrasins, et le poète sait fort bien résumer la chanson des Enfances. Au v. 136, le roi sarrasin Desramé s'informe qui est le chrétien qui le provoque :
Dient paien : « C'est li Guillelme niés : C'est Viviens. h fel. li enragiez.
Filz fia Garin. qui tant par est proisiez. Qui d'Anseûne fu sire et jostisiers.
En Roncevaus fu il pris et liez.
Si 1 en mena Marados. vostre niez:
Por Vivien fu li cuens ostagiez...
et ailleurs .v. 1 18) :
Fiz fu Garin qui d'Anseûne est nez:
Ses aieus est Aymeris li barbez. Nouvelement a esté adoubez.
Pris a Luiserne et vos parenz tués.
Et Marados est a sa fin alez.
Mais, tandis que. dans les Enfances. Vivien est fils unique, il est ici. comme dans Foucon de Candie et peutêtre dans Aliscans . le frère aîné d'un enfant de quinze ans, Guichardet v. 12*21. etc. .
Ces données, difficiles à concilier entre elles, peuvent être représentées de la sorte :
Avnieri
Bernart etc.. : : . . . Garin d'Anseûne
^ Jp^N-
Vivien. Guichardet orphelin depuis longtemps, s est dévoué pour délivrer son père.
et pourtant a été nourri sept ans par Guillaume et par Guibourc.
Tels sont les témoignages divers sur la filiation de Vivien. Si j'ai réussi à les résumer avec sûreté, c'est grâce à M. W. Gloetta, qui a su les grouper tous, reconnaître le vrai sens de chacun d'eux, les débarrasser des gloses erronées de maints commentateurs.