‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation des chansons de gesteChapitre 48 sur 152 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

en 992 entre les bras de saint Mayeul abbé de Gluny, revêtu de l'habit monastique , qu'il avait ardemment désiré. On comprend aisément qu'une telle existence et une telle gloire aient pu se mêler intimement avec celles de notre Guillaume. L'un et l'autre de ces héros avaient réellement arrêté les progrès des Musulmans ; l'un et l'autre pouvaient passer pour des libérateurs de la chrétienté ; l'un et l'autre moururent enveloppés dans les plis de la même robe bénédictine. Fraxinet étant le pendant de Villedaigne * , les deux batailles furent aisément confondues en une seule ; et la légende de saint Guillaume de Gellone, qui était alors en voie de formation, s'enrichit de la légende presque identique de Guillaume de Provence. Nous admettons même que le retentissement de la bataille de Fraxinet a fait transporter par nos poètes la scène de leur principale action sur les bords du Rhône, dans l'Archant. »

M. Jeanroy a contesté cette théorie en ces termes excellents2 :

« Un grand nombre d'érudits, et parmi eux de fort considérables, sont d'accord pour voir dans la légende d'Orange une déformation de l'histoire de Guillaume Ier, comte de Provence ; cette opinion, défendue par Jonckbloet avec sa science et son ingéniosité ordinaires, a été adoptée par M. L. Gautier, qui se plaît à faire ressortir les ressemblances entre Guillaume de Toulouse et Guillaume de Provence. Mais ce qu'il faudrait montrer, ce

1. C'est ainsi que la plupart des historiens modernes nomment la bataille livrée aux Sarrasins en 793 sur l'Orbieu.

Page 1