A l'exception du manuscrit de la Chanson de Guillaume
PROJET DE CETTE ÉTUDE
sons semblent se suivre et s'enchaîner ; elles ne se suivent ni ne s'enchaînent. Celle-ci est de Bertrand de Bar-sur- Aube, celle-ci est d'Adenet le roi, ou d'Herbert le Duc de Dammartin, ou de Guillaume de Bapaume ; les autres sont d'autres trouvères, dont on ne sait ni les noms, ni le nombre ; et dans leurs œuvres mêlées, tantôt nobles poèmes héroïques, tantôt absurdes romans féeriques, et tantôt l'un et l'autre à la fois, tous les tons se rencontrent, et tous les styles, et plusieurs dialectes et plusieurs systèmes de versification et toutes les formes de récit. On ne saurait les étudier selon l'ordre généalogique des personnages, car les héros que I on rencontre d'abord, les ancêtres, sont à l'ordinaire les plus récents, et, à mesure que l'on descend l'ordre des générations on a chance de remonter vers des personnages et vers des récits plus anciens. On ne saurait non plus les étudier selon l'ordre chronologique des poèmes, car, si on laisse de côté quelques chansons, qui sont visiblement l'œuvre d'épigones, toutes ont été composées dans une période relativement courte, qui va de 1150 environ à 1250 2 : la plupart sont de la seconde moitié du xne siècle, sans qu'on puisse à l'ordinaire préciser davantage. Si encore nous possédions la forme première de chacun de ces poèmes ! Mais presque tous ont été récrits, et nous ne possédons guère que des renouvellements. Si du moins, ces