‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation des chansons de gesteChapitre 84 sur 152 · Die Wilhelmsage, p. 19. Cf. Langlois, p. cxlv, etc · texte numérisé non relu

Die Wilhelmsage, p. 19. Cf. Langlois, p. cxlv, etc

DES DIVERS SYSTÈMES

La seule laisse de la branche II qui soit en cause (vers 835-878) donne, parmi des mots en e une assonance en a : preechant (849) . D'ailleurs, si l'on prend à témoin d'autres chansons de geste, Aliscans par exemple ou la Mort Aymeri, qui confondent elles aussi a et ê, on y rencontre souvent des tirades pures soit en à, soit en e : il serait facile, mais périlleux, de découper ces poèmes en« branches » l.

b) La branche II, dit M. Becker, offre une laisse (XXVI), de 108 vers, qui ne contient que des mots en o -\- nasale ; au contraire on trouve dans le reste du poème deux laisses (XLIII, LU), qui mêlent à l'assonance des mots en o pur et des mots en o -j- nasale.

— Ces faits ne sont pas significatifs, car si l'on fait une contre-épreuve sur une dizaine de chansons de geste prises au hasard, on y retrouve des faits tout pareils : dans presque toutes les chansons assonancées, dans toutes peut-être, on rencontre tantôt des laisses à assonances pures, soit en o, soit en o -fnasale, tantôt des laisses mixtes2.

1. Par exemple, on pourrait, de la Mort Aymeri, extraire une «branche », faite des vers 1000-1685, où ne se trouvent que des laisses pures en â, tandis que dans d'autres parties du poème on rencontre des laisses mixtes.

2. Dans le Roland, il y a 16 laisses pures (dont 3 en o), 29 mixtes; — dans Gormond, 1 laisse pure, 1 mixte ; — dans le Charroi, 1 laisse pure, 1 mixte ; — dans la Chevalerie Vivien, 3 laisses pures (en o), 1 mixte ; — dans la Prise de Cordoue, 1 laisse pure (eno),8 mixtes ; — dans laPrise d'Orange, 2 laisses pures, 6 mixtes; — dans Ami et Amile, 15 laisses pures, 9 mixtes ; — dans Raoul de Cambrai, 1 laisse pure, 2 mixtes; — dans la Chanson de Guillaume, 6 laisses pures (dont 1 en o), 10 mixtes, etc.

c) La branche II ne présente pas dans les laisses en -ié (381 vers) de prétérits formés avec -dedi, tels que descendié, respondié, etc.

— Mais dans le reste du poème, sur 739 mots en -ié à l'assonance, il n'y a que cinq de ces prétérits l. Leur rareté permet d'attribuer au hasard leur absence de la branche II.

d) La branche II, dit encore M. Becker, ne contient pas, comme le reste du poème, des premières personnes de l'indicatif présent en -omes, ni la forme mi, ni des infinitifs tels que cheïr.

— C'est dire seulement qu'il n'y a pas dans la branche II de laisses assonant en -o...e, ni de laisses en-i.

On le voit, le vieux poème a résisté aux entreprises des chorizontes. Leur effort était double : pour le démembrer, ils se fondaient tantôt sur des identifications de faits légendaires à des faits historiques ; tantôt sur des contradictions ou des disparates qu'ils croyaient avoir remarquées dans le texte du roman.

S'il apparaît maintenant que ces deux tentatives étaient pareillement vaines, ce qui est compromis du coup, ce ne sont pas seulement les diverses interprétations du Couronnement de Louis, ce sont encore les divers systèmes proposés jusqu'ici pour expliquer la formation du cycle de Guillaume d'Orange.

1. Voyez Langlois, p. clvii. J'efface delà liste de M. Langlois qui comprend 6 de ces prétérits, le conveitié du v. 1150, qui est un participe.

DES DIVERS SYSTÈMES

Les divers systèmes.

En effet, si nous avons considéré le Couronnement de Louis avec tant d'attention, c'est que l'étudier, ce n'était pas étudier un poème isolé : c'était éprouver la solidité du fondement sur quoi reposent toutes les interprétations générales du cycle de Guillaume d'Orange.

Toutes, en effet, sont fondées sur cette assertion que le cycle se serait formé par la fusion de deux légendes : l'un concernant plusieurs Guillaumes méridionaux, l'autre concernant plusieurs Guillaumes septentrionaux, lesquels s'étaient groupés dans le Couronnement de Louis.

Transcrivons ici, pour le bien faire voir, les pages où G. Paris d une part, M. Becker d'autre part, ont exprimé l'essentiel de leurs systèmes :

Le héros central, dit Gaston Paris \ est Guillaume, appelé Guillaume Fièrebrace, Guillaume au Court Nez et Guillaume d'Orange. Nous ne connaissons aucun Guillaume qui, antérieurement au xne siècle, ait possédé la ville d'Orange, dont la conquête sur les Sarrasins, déjà dans des poèmes du xie siècle, était attribuée à ce héros. Quoi qu'il en soit, ce Guillaume épique a de bonne heure été identifié avec le Guillaume historique qui, nommé en 790 comte de Toulouse, livra sur les bords de l'Orbieu, en

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