INTRODUCTION J
que les saints militaires les plus fréquemment reproduits sur les monuments de l’art byzantin sont précisément ceux qui figurent, dans l’ordre suivant, en tête de la liste des martyrs, dans le Guide des peintres du moine Dionysios : Georges, Démétrius, Procope, les deux Théodore, Mercure !. Le plus généralement, les artistes leur donnent le costume guerrier ; parfois, cependant, 115 manquent à cette règle, et leur font porter, ce qu'on pourrait appeler l'uniforme des martyrs, c’est-à-dire le costume des dignitaires du palais impérial, et une croix à la main 3. Cette dérogation doit être sans doute attribuée à des motifs d’esthétique, el n’a point la signification mystique que l’on a prétendu y trouver *.
Chez les Grecs, les saints militaires sont le plus souvent représentés debout: ὃ. Théodore et S. Georges sont parfois montés, ce dernier plus rarement, nous verrons pourquoi. Les Coptes et les Abyssins ont au contraire une
commenté par M. Pio Franchi (Turin, 1907), aux Malériaux concernant l'archéologie du Caucase publiés (en russe) par la comtesse OtvaAROF, Moscou, 1893, 3° livraison; à N. ΡῈ LiRKHATCHEr, Matériaux pour servir à l’histoire de l’iconographie russe (en russe), Saint-Pétersbourg, 1906. — Pour les monnaies, voir L. SABATIER, Description générale des monnaies byzantines, Paris, 1862. — Pour les sceaux, G. SGHLUMBERGER, Sigillographie de l'Empire byzantin, Paris, 1884, et les suppléments publiés par l'auteur dans la Revue des Études grecques, t. I, IV, etc., et dans ses Mélanges d'archéologie byzantine, Paris, 1899; K. M. KoxsranropouLros, dans le Journal international d'archéologie numismalique, &. IX (1906), p. 48.
1. ‘Epunveix τῶν Ζωγράφων, ἔχδ. δευτέρα (Athènes, 1885), pP. 192; Diprox, Manuel d'iconographie chrélienne (Paris, 1845), p. 321.
2. Il y en ἃ plusieurs exemples sur les triptyques du Louvre et du Vatican. Voir aussi [P. Francur DE’ CavaLtERI|, 1 menologio di Basuio IT, p. 17, 28.
3. Koxpakorr, Histoire de l'art byzantin, &. 11, p. 107 : « Aréthas, Artémius, Démétrius de Salonique, Gervais et Protais et d’autres guerriers adolescents ne figurent pas avec leur costume de guerriers, en raison de leur grande sainteté. » Il s’agit ici des miniatures du ménologe de Basile.
prédilection pour la figure équestre. [15 ne se contentent pas de représenter à cheval les grands saints guerriers, auxquels en Égypte s'ajoutent les saints Ménas et Mercure : des confesseurs et des martyrs qui n’ont jamais exercé le métier de soldat, le Christ lui-même, prennent volontiers chez eux l'apparence de cavaliers armés {.
L'iconographie n'est pas seule à grouper les illustres τ stratélates » et à leur attribuer cet air de famille qui résulte de l'identité du costume et de l'attitude. Les légendes qui racontent leurs hauts faits et leur martyre se distinguent également par une certaine uniformité dans la trame du récit, dans les développements et dans la variété même des formes qu'elles ont revêtues successivement. Les préférences des hagiographes se sont volontiers portées vers les saints militaires. L'abondante littérature qu'ils ont suscitée autour d'eux et qui encombre les ménologes, les synaxaires et tous les recueils du même genre, est en rapport direct avec l'extraordinaire popularité dont ils ont joui. Beaucoup de leurs légendes ont passé, non sans se mélanger à des éléments nouveaux, dans les littératures orientales d’abord, et plus tard dans celles de l'Occident. Considérées dans leur ensemble, les traditions relatives à la plupart des saints militaires sont d’une complication presque inextricable.
1. J. Srrzycovsrt, Der koplische Reiterheilige und der hl. Georg, LEITSCHRIFT FÜR AEGYPTISCHE SPRACHE, t. XL, p. 1-11. Cf. 1. CLÉDAT. Le monastère et la nécropole de Baouit, MÉMOIRES DE L'INSTITUT FRAN- ÇAIS D'ARCHÉOLOGIE ORIENTALE DU CAIRE, t. XII (1906), pl. XXXIX, LH, LIV, LV, LVI; STRZYGOWSKI, Koplische Kunst dans CATALOGUE GÉNÉRAL DES ANTIQUITÉS ÉGYPTIENNES DU MUSÉE DU CAIRE (Vienne, 1904), table, s. vv. Georg. Reilerheilige, etc. À Koniïa (Iconium) on signale le type probablement unique de δ. Georgis monté sur un char. W. M. Ramsay, Notes on chrislian history in Asia Minor, dans Exprosrror, VII‘ series, vol. IV (1907), p. 413.