Acta SS., april., t. LIT, p. xXv-xxxIv
SAINT GEORGES Gi son triomphe, l'Arménie, domicile de son père d’après une légende dont nous aurons à nous occuper plus tard. Le rédacteur donne plus loin le nom du père de Georges et ce détail provient de la même source. Sont cités encore trois frères de l’empereur, qui ne sont pas tous des inconnus pour nous : Magnentios, Dadianos et Theognitos. Dadianos, le grand roi de la première légende, est ici un simple gouverneur de la Syrie: Magnentios, un des soixante-douze, est devenu gouverneur de la Libye: et Theognitos de l'Égypte. Maximien s'empare de Narsaios et va rejoindre Dioclétien à Diospolis (au lieu de ἐν Διοσπόλει le manuscrit de l’Athos porte ἐν δυσὶ πόλεσι). On s'attendrait à voir commencer sur ce théâtre l’action qui doit aboutir au martyre de S. Georges. Non. Dioclétien retourne à Nicomédie et c’est de là qu'il lance son édit. À partir de ce moment se déroulent toutes les péripéties de la seconde légende, racontées dans les mêmes termes que dans le manuscrit du Vatican. C’est ce texte même, simplement débarrassé de son prologue, et pourvu d’une nouvelle introduction.
\ première vue, le texte du manuscrit de Vienne, Theol. oraec. 123, publié par Veselovskij appartient à la même classe que les précédentes !. Il débute par le prologue Ἢ μὲν τοῦ σωτῆρος ἡμῶν Ἰησοῦ Χριστοῦ προαιώνιος βασιλεία, et l’on y retrouve de longues pages qui reproduisent littéralement les phrases et les développements du manuscrit que nous avons pris pour type. Mais il ne faut pas S'y laisser tromper: il n'y ἃ guère que la première partie et
1. Sbornik de l'Académie des Sciences de Saint - Pétersbourg, t. XXI (1881), p. 172-89.
quelques épisodes de la fin qui soient empruntés à la seconde légende. Les divergences commencent à se faire remarquer surtout à partir du supplice de la roue. Le martyr est coupé en dix pièces et ressuscité; il subit de nouveaux supplices, est scié en deux et ressuscité une seconde fois. Une femme nommée Scholastica obtient du saint la résurrection du bœuf de son fils. Il ressuscite aussi un homme nommé Jobel, qui était mort depuis environ trois cents ans, el qui reçoit le baptème. L’empereur fait périr le saint dans des tourments plus affreux ; mais cette fois encore, 1] ressuscite. Conversion et martyre des soldats. Résurrection du bœuf de GIvcérius. Sur sa promesse de sacrifier aux idoles, Georges est admis au palais. Eutropius, eunuque de l'impératrice Alexandra. avertit sa maitresse de la présence du martyr. Elle se fait instruire par lui. Condamnée à mort en même temps que Georges, elle expire doucement. Prière du martyr. Voix du ciel. Mort du saint. Il est enterré à Diospolis, près de sa mère Polychronia.
La déclaration de Pasicrate manque à la fin de la pièce. Pourtant, c'est bien ce personnage qui est censé faire le récit, car dès le début, le narrateur parle du τίμιος μαργαοίτης Γεώργιος, ὁ ἐμὸς δεσπότης, Ce qui n’a de sens que dans
la bouche de Pasicrale.
On a compris que la Passion du manuscrit de Vienne est un texte composite où la seconde légende est remaniée d’après les données de la première, et d’après d’autres encore parmi lesquelles il faut compter la légende de l'enfance de 5. Georges dont il sera question bientôt. Le manuscrit de Vienne, de basse époque d’ailleurs, n’a donc pas l'importance qu'on ἃ semblé lui attribuer.
Nous avons dit dans quelle mesure le panégyrique de
S Georges par André de Crète, ᾿Αεὶ μὲν λαμπρὰ καὶ πανεύ-
φημα, dépend de la seconde légende. Il n'est pas inutile de faire remarquer qu'il existe un second panégyrique, Ἥλιος μὲν ἑχάστης ἀνίσ'μων ἡμέρας, attribué au même auteur!. Cette attribution n'est nullement certaine et c'est au futur éditeur des œuvres d'André de trancher la queslion d'authenticité. Il est important de constater que dans cette pièce, l’orateur, quel qu'il soit, suit simplement la seconde légende telle que nous l’avons résumée, et passe entièrement sous silence tout ce que concerne le magicien; ce qui donnerait à croire qu'il a eu sous les yeux une version moins complète que l’auteur du premier
panégyrique.
Il convient de faire un groupe à part des textes qui se rencontrent dans la ménologe de Métaphraste, à cause de la vogue singulière dont la collection ἃ joui et du problème littéraire qui s'y rattache. La plupart des saints sont représentés dans ce recueil par un texte unique, toujours le même, et dont la tradition manuscrite est en général très sûre. Un petit nombre, parmi lesquels S. Georges, : figurent tantôt avec une recension de leurs actes, tantôt avec une autre; mais les deux rédactions ont d’étroites ressemblances.
Le texte Διοχλητιᾶνὸς ὁ Pot αὐτοκράτωρ ?, qui ἃ son
tac april., t. 11. pra αὐ Acta Se april., t. LIT, p; τὰ τὺ
style propre et dont la forme littéraire est relativement très recherchée, suit généralement pas à pas, en ce qui concerne l'histoire du martyre, la seconde légende. Il y ἃ pourtant à signaler quelques particularités. La suppression du prologue est sans importance. Mais il est à noter qu'ici Georges est né de parents chrétiens et que sa mère meurt avant la première rencontre du martyr avec l’empereur. À remarquer surtout l'épisode d’Athanase qui est raconté longuement, et auquel se trouve rattachée la résurrection du mort. Cette histoire se termine par le martyre du ressuscité et du magicien. Le rédacteur parle en son propre nom. Mais il n’a pas supprimé purement et simplement la mention de Pasicrate que nous avons rencontrée jusqu'ici dans toutes les versions de la légende. Le personnage ἃ été introduit dans le récit même où il joue un rôle. Dans sa prison, le martyr demande au gardien la faveur d’avoir un entretien avec son serviteur. Cette faveur lui est accordée, et la porte s'ouvre devant ce familier, dont le nom
n'est pas prononcé, mais qu’on reconnait assez à ce trait :
et \ \ Le \ \ et e ! \ 5 ! ! LA στους χαὶ τῶ. πο τὸν αγιον YTOUVT LATA GUY ἀχροιβεῖᾳ RIT συνε-
ταξεν. Le saint lui recommande de recueillir ses restes avec son testament et de les ramener en Palestine.