‹ Les légendes grecques des saints militairesChapitre 28 sur 138 · Vilae SS. Patrum, t. I. (Romae, 1559), fol · texte numérisé non relu

Vilae SS. Patrum, t. I. (Romae, 1559), fol

3. Catalogus codd. hagiogr. graecorum bibliothecae Naltionalis Pari- Siensis, p. 9, 30, ἢ, 109, 328.

ἡ. Catalogus codd. hagiogr. graecorum bibliothecae Valicanae, p. ΟἹ, 249. M. P. Franchi de Cavalieri, qui a bien voulu vérifier encore une fois ces textes sur ma demande, fait remarquer que le ms. 2042, fol. 197-202, contient une version très apparentée. La marche du récit est la même, mais les variantes sont nombreuses.

vaillant soldat, s’anime au bon combat. Georges était Cappadocien, noble et riche ; 11 était tribun dans l’armée impériale.

Après avoir distribué ses biens aux pauvres, il se rend au tribunal de l’empereur, et en présence du sénat et de l’armée il confesse le Christ.

Magnentius l’interroge, et Dioclélien, ὁ βύθιος δράχων, l’'exhorte à immoler aux dieux. Sur son refus, lempereur le fait frapper cruellement. Le sang du martyr coule, mais le fer se recourbe comme du plomb. Georges est envoyé en prison et on lui met sur la poitrine une énorme pierre.

Le lendemain on prépare la roue garnie de glaives, Prière de Georges. Il est jeté sur l’instrument de torture et son corps est mis en pièces : κατετμήθη, τὸ σῶμα εἰς πολλά. L'empereur et Magnentius vantent la puissance des dieux et vont prendre leur repas.

Vers la dixième heure on entend une voix céleste ; l’ange du Seigneur guérit le martyr et le délivre. Georges va trouver l’empereur, qui offrait un sacrifice à Apollon. Dioclétien ne le reconnaît pas tout d’abord. Mais bientôt il 16 fait saisir.

Deux stratélates, Anatolios οἱ Protoleon se convertissent, et sont aussitôt condamnés à mort.

L'impératrice Alexandra également se déclare ouvertement chrétienne, puis se retire au palais. Georges est jeté, sur l’ordre de l’empereur, dans une fosse remplie de chaux vive, et gardé par les soldats. Trois jours après, il en sort sain οἱ sauf.

Les assistants, auxquels l'impératrice et les soldats s’associeént, proclament la grandeur du Dicu des chrétiens. Georges est saisi de nouveau, et condamné à marcher dans des chaussures de fer garmies de pointes et rougies au feu.

Une voix du ciel se fait entendre, et cette fois encore le martyr est guéri.

Reconduit en prison, il comparaît de nouveau le lendemain. L'empereur l'accuse de magie, puis le fait fouetter. Magnentius lui demande de ressusciter un mort. Georges adresse une prière à Dieu et le miracle s’accomplit. L’empereur interroge le ressuscité, mais ne se laisse point toucher par le prodige.

De nouveau le saint est ramené dans la prison, où il instruit les Catéchumènes et guérit les malades. Un cultivateur, du nom de Glycérius, dont le bœuf vient de mourir implore son secours. Le bœuf revient à la vie. Glycérius se convertit el est coupé en morceaux sur l’ordre de Dioclétien. |

Celui-ci essaie encore de gagner le martyr par la douceur. Georges feint de céder. et se fait conduire au temple au milieu d’une foule immense. Il fait tomber les idoles en faisant le signe de la croix. Les prêtres réclament sa tête.

L'impératrice Alexandra accourt. et demande à partager le sort de Georges. Dioclétien prononce la sentence. Alexandra expire paisiblement, et après une prière, Georges est décapité, μηνὶ ἀπριλλίῳ χγ΄, ὥρᾳ ζ΄, ἡμέρᾳ παρασκευῇ. Pasi-

crate, le serviteur de Georges, signe la relation.

On a pu constater que le rédacteur de la seconde légende, tout en gardant l'essentiel de la précédente, le témoignage du faux Pasicrate, une succession de supplices épouvantables, les conversions opérées par le martyr et une foule de détails moins importants, vise néanmoins à atténuer l’invraisemblance de l'histoire qu'il ἃ sous les veux. et essaie même de lui donner une teinte historique.

Le roi Dadianos etles soixante-douze rois, trop évidemment fabuleux, sont remplacés par Dioclétien !, auquel se trouve adjoint comme second, δεύτερος, Magnentius, qui dans la première légende était un des soixante-douze. Alexandra devient la femme de Dioclétien. Plusieurs épisodes ont disparu. Il n’est plus question du magicien Athanase ni du miracle des chaises, ni de la veuve avec son enfant sourd-muet et aveugle ; la prière, si choquante et suivie d'effet, de Georges appelant la vengeance du ciel sur Îles persécuteurs est passée sous silence, et, ce qui est capital, l’hagiographe ne fait mourir le martyr qu'une seule fois. Les trois résurrections sont remplacées par autant de guérisons miraculeuses. La nouvelle version présente d’autres particularités : les supplices de la chaux vive et des chaussures brülantes succèdent à la conversion d’Anatolios, Protoleon et Alexandra : on nous raconte l'histoire du bœuf de Glycérius et plusieurs traits qu'il serait trop long de relever.

Y a-t-il lieu de croire que la Passion de S. Georges telle que nous venons de l’esquisser dérive sans intermédiaire de la plus ancienne légende ? Nous n'oserions l’affirmer. Il est à tout le moins probable que primitivement elle complait un épisode de plus et que la version courante de nos manuscrits provient d’un exemplaire plus complet. L'épisode dont nous voulons parler est celui du magicien Athanase. En effet, André de Crète, qui dans son panégyrique de δ΄. Georges ? semble s'être inspiré de la seconde légende, mentionne expressément le magicien. Les textes

1. Il n’est donc pas exact, comme on l'a pensé, que, « dans les plus anciennes versions c'est Dioclétien qui apparaît comme l’auteur du martyre de ὃ. Georges ». CLERMONT-GANNEAU, Études d’archéologie orientale, t. 1, p.188. Dioclétien n'apparaît que dans les versions remaniées.

2 P: GX CIE, 1169-92.

mélaphrastiques, dont il sera question bientôt, le nomment également, et dans le panégvyrique de Georges de Chypre 1 Athanase occupe une large place.

Au groupe dont nous nous occupons en ce moment, se rattache le Μαρτύριον τοῦ ἁγίου Γεωργίου que les manuscrits donnent tantôt comme complètement anonyme (ms. de Saint-Paul de lAthos), tantôt comme συγγραφὲν παρὰ ἀνδρὸς φιλοπόνου καὶ πνευματικοῦ (ms. de Paris 1178), tantôt comme συγγραφὲν παρὰ Συμεὼν μαγίστρου καὶ λογοθέτου τοῦ Δρόμου (ms. de Paris 402), ou encore παρὰ Θεοδώρου μαγίοτρου τοῦ Δαφνοπάτου (ms. de Paris 1529). La pièce a été publiée en 1880 à Hermopolis, d'après le manuscrit de l’Athos 1.

Voici les premiers mots de l'introduction : ES

τοῦ τυράννου τῶν τῆς Ῥώμης σχήπτρων τῆς Νι "κομηδείας Μαξιμιανοῦ re D Noos τῶν Περσῶν βασιλεὺς συνεχῶς ποὺς . TAS PE ὁοίοις ΤᾺ ρατεύων καὶ τήν τε Παλαιστίνην καὶ ᾿Αρμενίαν βαρείᾳ χειρὶ μενος, χαὶ τὴν Καππαδοχίαν ἰσχυρῶς κατατρέχων, αὐθις Re τῷ φρογήματι πρὸς τὴν οἰκείαν Enayget πατρίδα. On y surprend le souci de mieux concilier avec des données historiques certaines les éléments de la légende déjà remaniée. Au lieu du « second » Magnentius, c'est Maximien qui apparaît aux côtés de Dioclétien. La Perse n’est plus, comme dans le récit primitif, le théâtre de l’action, mais elle est rappelée à propos des entreprises de Narsaios ; de même la Cappadoce, patrie du martyr, la Palestine, lieu de

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