‹ Les légendes grecques des saints militairesChapitre 37 sur 138 · CHAPITRE IV S. PROCOPE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV S. PROCOPE

Les légendes de S. Procope sont plus intéressantes à étudier que toutes les autres, parce que nous sommes assez bien renseignés sur ce martyr pour assister en quelque sorte à toutes les phases de leur développement et surprendre même la transition entre l'histoire et la légende. S. Procope est le seul parmiles saints militaires sur lequel nous ayons un document contemporain et dont le culte, à l’origine, ne présente pour nous aucune obscurité. Nous avons ici un exemple typique de ce que l’hagiographie populaire est capable de produire sous prétexte d’honorer un saint de prédilection, et cet exemple n’est pas sans éclairer d’une lumière nouvelle la question des saints militaires !.

La mort de S. Procope, qui fut le premier des célèbres martyrs de Palestine sous Dioclétien, ἃ été racontée deux fois par Eusèbe, dans les deux rédactions de son livre De marlyribus Palaestinae. Le récit de la rédaction commune, ou courte recension, est d’une brièveté extrême ?. Eusèbe ne nous dit pas qui était Procope. On apprend seulement que, sans avoir passé par le cachot, 1| fut conduit au tribunal, qu'il refusa de sacrifier et confessa le Dieu unique. Invité à faire une libation en l'honneur des quatre em-

1. H. DeLrenaye, Les Légendes hagiographiques, 2° édition, (Bruxelles, 1906), p. 142-67.

>. De martyribus Palaestinae, T, 1, Dinporr, p.{f383-84; ScHwaRTz, pp. 607-908.

"ὃ LÉGENDES GRECQUES DES SAINTS MILITAIRES

pereurs, il répondit par le fameux vers d'Homère : οὐχ ἀγαθὸν πολυχοιρανίη, εἷς χοίρανος ἔστω, "εἷς βασιλεύς 1, el eut aussitôt la tête tranchée. Si nous ΠΝ ΙΟΠΒ sur Procope que ces quelques lignes, ilne nous resterait aucun moyen, on le constatera, de le reconnaître dans les légendes postérieures.

Mais Eusèbe ἃ été moins avare de détails dans la longue recension du De martyribus, et si le chapitre concernant S. Procope n'a pas été retrouvé dans son texte original, nous pouvons le lire dans une vieille traduction latine 3 et dans la version syriaque du livre complet 3. C’est une des plus belles pages de l'historien : on y sent passer une émotion sincère et une vive admiration pour le saint dont la vie entière consacrée à la pénitence et à la méditation des choses divines avait été une préparation au martyre. Procope élait né à Aelia, ou Jérusalem, et avait fixé son domicile à Scythopolis où il remplissait dans l’église les fonctions de lecteur, d’interprète en langue syriaque et d’exorciste. Ces indications sont précieuses, et nous aideront à établir la filiation des légendes.

Sur le tombeau du saint s'éleva, à Césarée, de Palestine, une basilique, qui fut restaurée en 48/4 par l’empereur Zénon. Antonin la visita: Deinde veni Caesarea Philippi, quae turris Stratonis quae el Caesarea a Palaestinis vocalur, in qua requiescil sanctus Pamphilus, sanctus Procopius #.... On signale aussi, au vi siècle, un sanctuaire de S. Procope à Scythopolis, la patrie d'adoption du martyr. Nous n'in-

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