E. Lucrus, Die Anfänge des Heiligenkulls, p
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dédié à quelque dieu de lOlympe ; le nouveau culte ἃ supplanté l’ancien, et le temple a été déserté au profit de la basilique. La foule des pèlerins qui se portait au tombeau d'un martyr, peut avoir été précédée, dans la même ville, par d’autres foules qui fréquentaient alors un temple d'Artémis ou d’Apollon. Dans ce sens restreint, un martyr célèbre est toujours l'héritier d’un dieu ; mais il n’en est pas nécessairement la transformation, et son culte n'est pas pour cela la continuation d'un culte idolâtrique.
L'application du système aux cas concrets en fera aussitôt comprendre l’inanité.
À Thessalonique, un des dieux les plus honorés était le Cabire. Sur le caractère guerrier de cette divinité, dit-on, on ne peutélever aucun doute.S. Démétrius ne fait que continuer le Cabire!. On oublie que, primitivement, ὃ. Démétrius n'était point un saint militaire. Sa plus ancienne légende, dont les suivantes ne sont que des développements, ne contient pas un mot qui puisse le donner ἃ. soupçonner. Ne faut-il pas én conclure que, si l’attirail œuerrier dont on l’a entouré ἃ pu créer une vague ressemblance avec le Cabire, si sa popularité ἃ fini par éclipser celle même des anciens dieux, aucune continuité de tradition ne rattache le culte de S. Démétrius à la religion antique ?
S. Procope et ὃ. Mercure furent spécialement honorés l’un à Césarée de Palestine, l’autre à Césarée de Cappadoce.
1. Lucius, p. 222. H. UsexER, Gütliiche Synonyme, dans RHEINISCHES Museum, Ν. F.,t. 1111 (1898), p. 370-75, a suivi une autre voie pour rattacher S. Démétrius et surtout S. Nestor à la mythologie. Ses déductions sont beaucoup plus ingénieuses que celles de Lucius, sans être plus solides, et on trouverait difficilement un exemple où l'impuissance de cette méthode, dont la vogue n'est point passée, soient plus sensibles. H. Grzzer, Die Genesis der byzantinischen Themenverfassung (plus haut, p. 09), s’est mis à un point de vue spécial, mais sans éviter les errements des mythologues.
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On n'a point tenté, jusqu'à présent, de désigner la divinité à laquelle ils auraient succédé. Ce ne serait guère plus difficile, moyennant la même méthode, que pour les autres saints guerriers, mais ce serait juste aussi concluant.
L'insuffisance de l'hypothèse mythologique éclate mieux encore dans le cas de S. Théodore et dans celui de S. Georges. Pour montrer que la célébrité de 5. Théodore tient à un héritage suspect, on suppose que le dieu Men — pourquoi le dieu Men plutôt que tout autre? — était l'objet d'une vénération spéciale à Euchaïta!, ce qui n’est attesté par aucun document, et on rappelle l'épisode du dragon symbolisant la victoire de Théodore sur lidole. On a trop abusé du dragon, vieux motif de folklore qui est entré dans la composition d'un si grand nombre de légendes et qui n'a, la plupart du temps. aucune portée symbolique?. Il ressort assez clairement de l'examen des textes relatifs à S. Théodore, que la scène du dragon n’appartient pas originairement à son histoire : elle est d'introduction relativement récente.
On ἃ vu que dans celle de $. Georges elle est entrée plus tardivement encore, et l’on peut dire que toutes les entreprises mythologiques tentées de ce côté par les érudits contre le grand martyr échouent devant cette simple constatation. On ne saurait trop le répéter, ne fut-ce que pour prévenir des erreurs dans l'interprétation des monuments figurés. Aucune des légendes grecques qui ont joui d’une large diffusion et qui ont par conséquent le plus contri-
-bué à fixer le type traditionnel de S. Georges, y compris
celles du ménologe de Métaphraste et celles, plus répan-
dues encore, des synaxaires, n'attribue à ce saint la vic-
τ, 1bid., p. 220-385.
>. Les Légendes hagiographiques, p. 32.
toire sur le dragon. Ainsi s'explique qu'après sa vaste enquête sur les effigies des sceaux byzantins, M. ἃ. Schlumberger !, ait pu écrire que « très rarement saint Georges est représenté à cheval combattant le dragon ». et c'est là une précieuse indication tant au point de vue de la chronologie que de l'authenticité de certains monuments.
Le bas-relief du Louvre représentant Horus transpercant le crocodile n'offre donc pas, comme on l’a pensé, une extrème ressemblance avec les plus anciennes représentations de S. Georges?, et il faut renoncer à y voir Horus fait à l'image de S. Georges, de même qu'à trouver un S. Georges fait à l’image de Horus”. Par le fait toutes les ingénieuses combinaisons au moyen desquelles on a voulu faire de ὃ. Georges l'héritier direct de Jupiter dans sa ville de Lydda-Diospolis Ὁ se dissipent, et il ne reste qu'à constater les coïncidences purement extérieures nées de la répétition d’un motif d'iconographie *.