‹ Les légendes hagiographiquesChapitre 123 sur 129 · AnàUeta BoUandiana t. XXIII, p · texte numérisé non relu

AnàUeta BoUandiana t. XXIII, p

260 Le$ légendes hagiographiques.

crète de l'esprit évangélique, et par le fait qu'elle rend sensible cet idéal sublime, la légende, comme toute poésie, peut prétendre à un degré de vérité plus élevé que Thistoire ^

1. Bans une lettre an comte Jean Potocky, Joseph de Maistire cite, en le commentant, nn exemple de ce qu*il appelle « la mythologie chrétienne ». Nous ne saurions mieux faire, pour expliquer notre pensée, que de transcrire ce beau passage: € Ecoutez, que je vous cite un de ces exemples. Il est tiré de je ne sais quel Hvre ascétique dont le nom m^a échappé. Un saint, dont le nom m'échappe de même, eut une vision, pendant laquelle il vit Satan debout devant le trône de Dieu. Et ayant prêté Foreille, il entendit Pesprit malin, qui disait : « Pourquoi m'as-tu damné, moi qui ne t'ai offensé qu'une fois, tandis que tu sauves des milliers d'hommes qui t'ont offensé tant de fois ! » Dieu lui répondit : < M'as-tu demandé pardon une fois ?» — Voilà la mythologie chrétienne ! C'est la vérité dramatique qui a sa valeur et son effet indépendamment de la vérité littérale, et qui n'y gagnerait même rien. Que le saint ait ou n'ai* pas entendu le mot sublime que je viens de citer, qu'importe ? Le grand point est de savoir que U pardon n^est refusé qu^à celui gui ne Va pas demandé, > Dans Lettres et Opuscules inédits du comte Joseph de Maistee, 1. 1, Paris, 1851, p. 235-236.

Table des Matières

PAGES InTBODUCTION VII

Page 1