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Sur ce terrain, T imagination populaire se donnait libre carrière, et l'on ne peut nier que, dans certains milieux surtout, chez des peuples au tempérament poétique, ces naïves et hardies fictions n'atteignent quelquefois une réelle beauté.
Il ne faudrait pourtant point exagérer la fécondité des € trouveurs :» hagiographes. Un classement méthodique des thèmes exploités par eux amène à constater que les répétitions du même trait merveilleux sont fréquentes, et que c'est surtout grâce à diverses combinaisons de lieux communs qu'il règne dans certains groupes de légendes hagiographiques un semblant de variété. Ce qu'il faut surtout se garder de croire, c'est qu'au point de vue de l'esthétique môme, le niveau des créations merveilleuses de l'hagiographie populaire soit, en général, bien élevé. A côté de quelques trouvaiUes réellement heureuses et de certains motifs ingénieux et intéressants, que de banalités s'y rencontrent, que d'inventions bizarres et souvent extravagantes ! L'imagination, surexcitée par la soif du merveilleux et l'ardeur de surpasser les récits extraordinaires par d'autres plus extraordiuaires encore, n'a que trop souvent excédé la mesure dans un domaine où des horizons illimités s'ouvrent aux facultés créatrices.
Le miracle si fréquent de l'arrivée des reliques sur un navire abandonné ^ finit par paraître vulgaire. On imagina de faire flotter sur l'eau un lourd sarcophage. C'est dans son cercueil de pierre que