‹ Les légendes hagiographiquesChapitre 79 sur 129 · Ibid.y p · texte numérisé non relu

Ibid.y p

3. Le manuscrit du Vatican 679 contient un syxéfuov sic xoy Ôaiov fMXQTVQa IlQOKÔJtiov xov UsQariv, qui a pour auteur Hésychius, prêtre de Jérusalem. Bien dans cette pièce ne permet de distinguer Procope le Persan de Procope de Césarée. Voir Ahmlecta BoUandiana, t. XXIV, p. 473-482.

Le dossier éCun saint 161

Les Latins ^ eux aussi ont lu les actes de saint Procope, et nous avons vu que le récit original d'Eusèbe n'a été conservé à l'état isolé que dans leurs passionnaires. C'est de là que dérive l'annonce très exacte des martyrologes historiques latins 2. Nous avons dit également que la première légende de saint Procope a été connue en Occident probablement par une version latine faite dans l'Italie méridionale. La partie de la seconde légende lue au concile de Nicée a été traduite par Anastase le bibliothécaire. Mais il est à peu près certain qu'il en a existé aussi une traduction complète.

Nous pouvons le conclure de l'examen des adaptations latines des actes de saint Procope. Car ^illustre martyr n'a pu échapper à aucune des indignités que les maladroits hagiographes font subir aux saints dont ils s'occupent beaucoup. Non contents de lui composer une histoire où les faits sont complètement travestis et le caractère du saint dénaturé, ils ont changé cette histoire en une sorte de passe-

1. Je ne parlerai pas ici du culte de gaint Procope dans les pays slaves. Les monuments littéraires doivent être ramenés aux sources grecques. Les autres sont de date relativement récente. Sur le culte du saint en Serbie, voir C. Jirecbk, Bds christliche Elément in der topographischen Nomenclatur der Bàlkanànder, dans Sitzungsberichte der kaiserlichen Akademie der Wissenschaften, t. CXXXVI, 1897, n. xi, p. 36-37.

2. Voici le texte d'Anow : « In Palaestina natalis sanoti Procopii martyris, qui ab Scythopoli ductus Caesaream, ad primam responsionum eius confidentiam, irato indice Fabiano (lisez Flaviano) capite caesus est. » Même rédaction dans Usuard, SoLLERius, p. 388-389.

partout dans lequel sont venus se placer successivement plusieurs saints obscur» sur lesquels tout renseignement faisait défaut.

La seconde légende de saint Procope a d'abord servi à composer des actes à saint Ephysius de Cagliari ^ A part quelques menus épisodes maladroitement cousus au reste et quelques noms d« lieu, destinés à rattacher le saint à la Sardaigne, l'histoire que nous connaissons a été à peine remaniée, et surtout l'on n'a rien tenté pour lui donner des apparences plus vraisemblables.

n n'est plus question d'une mission à Alexandrie dans la légende d'Ephysius ; mais le nom de ville est devenu celui de la mère du martyr, qui, dans la légende de saint Procope s'appelait Théodosie. Toutes les deux d'ailleurs sont de nobles dames d'Elia et ont pour mari un chrétien nommé Christophe. Comme Procope, Ephysius est conduit par sa mère à Antioche et présenté à Dioclétien, qui le charge de persécuter les chrétiens, non plus les chrétiens d'Egypte, mais ceux d'Italie. L'apparition a lieu dans un endroit appelé Vrittania, et c'est à Gaète qu'un orfèvre, nommé Jean, lui fabrique la croix. Par la puisssance de ce signe Ephysius met en déroute les Sarrasins, puis il s'embarque pour la Sardaigne. Il arrive à Arborea, et ne tarda pas à se rendre maître de l'île tout entière. C'est de Cagliari qu'il écrit à Dioclétien et à sa mère pour leur annoncer sa conversion.

Page 1