SEIZIÈME COLONNE
Des nombreuses légions dont la Notice des dignités de l'empire donne la nomenclature, on n'a porté dans la dernière colonne que celles qui avaient existé sous Septime Sévère, et que les deux légions créées pendant la tétrarchie et indiquées dans l'Itinéraire d'Antonin.
Leg. II AuGUSTA. — La Notice ne cite pas la lég. II Augusta, mais bien une légion IP Britannica; or, comme la légion IP Augusta était depuis trèslongtemps en Bretagne, il est bien probable que ces deux légions n'en font qu'une, et j'ai cru pouvoir les identiûer dans la seizième colonne,
Leg. VI VicTRix. — La Notice ne donne plus le surnom de Victrix à la VP légion, mais l'identité est certaine, et ce ne peut être que la vieille légion d'Eboracum qui se trouve sub dispositione ducis Brilanniarum.
Leg. IIII Flavia. — La IIIP Flavia, dont la Notice place des préfectures dans la Mésie première, est bien la IIIP Flavia Firma, organisée par Vespasien , et qui a laissé des traces dans ce pays sous Dioclétien et
' Vi'gôce,!. I, ch. 17.
2 Édit. G. l'arthey et M. l'inder, p. 103.
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Maximien. Il existait, en outre, au V siècle, plusieurs autres légions Flaviennes, qui provenaient du morcellement des deux légions de Vespasien lia IV" et la XVP), ou qui avaient été créées au moyen de nouveaux contingents, sous les seconds Flaviens.
Leg. XXX Ulpia. — Ce sont les légionnaires de la XXX' Ulpia que la Notice désigne, lorsqu'elle dit : Truncensimani per Galliam. La XXX% après avoir occupé si longtemps la Germanie inférieure, est citée par Ammien Marcellin comme ayant envoyé son contingent, en 339, sous Constance, faire la guerre contre Sapor. Vltinéraire d'Antonin (iv° siècle) la place toujours à Castra vetera. Au commencement du Y siècle , temps auquel se rapporte la Notice des dignités, la Germanie inférieure était occupée par les Franks; le dépôt de la XXX" légion avait dû reculer et s'établir en deçà des confins germaniques, dans une des places du nord qui appartenaient encore aux empereurs d'Occident.
Trois des anciennes légions, qui existaient sous le principal d'Alexandre Sévère, ne figurent plus dans la nomenclature du v' siècle. Ce sont : la III' Parlhica, la VI" Ferrata et la XXII" Primigenia.
Leg. III Parthica. — Le nombre des légions parthiques, fixé à trois par Septime Sévère, avait été doublé dans la suite. Ammien Marcellin nous montre une V' légion Parthica qui avait ses quartiers d'iiiver à Amide, et qui ne fut pas réorganisée après que la place et sa garnison eurent été enlevées par Sapor, en 359. La IIP Parthica avait peut-être disparu dans des circonstances analogues. Ce qui est certain, c'est qu'au temps de la Notice elle avait été remplacée en Mésopotamie par la IP Parthica, revenue d'Italie; il y avait, en outre, à cette époque une IIIP Parthica en Osrhoène, et une VI' Parthica qui opérait activement sous les ordres du maître de la milice du diocèse d'Orient.
Leg VI Ferrata. — Cette légion n'avait peut-être pas compléteinenl disparu; il est possible qu'elle ait seulement changé de surnom.
Leg. XXII Primigenia. — On ne saurait douter que la XX IP légion Primigenia n'ait été complètement licenciée, avant le v" siècle, car aucune légion ne porte ce numéro dans la Notice.
Quant aux légions nouvelles indiquées par la Notice, elles trouveront en
grande partie place dans le tableau n" "2, que je mettrai sous les yeux du lecteur, après avoir dit quelques mois de l'époque qui sépare Alexandre Sévère des fils de Théodose I".
Après Alexandre Sévère (222-235), les renseignements sur les légions deviennent de nouveau très-rares. On sait que Dioclétien (284-305), qui fraya à Constantin les voies du pouvoir absolu, modifia la constitution de l'empire. En même temps qu'il enlevait au sénat la nomination des consuls, il supprimait une partie des cohortes urbaines pour lui ôter son appui naturel. Un autre pouvoir entravait le sien : c'était celui du préfet du prétoire, dont les attributions étaient devenues exorbitantes; un second préfet fut créé; en même temps les maîtres de l'infanterie et de la cavalerie furent investis d'une nouvelle autorité, et la justice miUtaire passa des mains des préfets du prétoire dans les leurs *. Les cohortes prétoriennes furent licenciées pour la plupart, et remplacées effectivement par les Joviani et les Herculiani auprès de cet empereur et de Maximien.
Outre les Joviani et les Herculiani, qui comprirent dans la suite plusieurs légions, Dioclétien et Maximien créèrent d'autres légions qui furent surnommées Diodéiiennes et Maximiennes. 11 est probable que les Césars qui, avec ces deux empereurs, formaient la tétrarchie, eurent aussi de nouveaux corps à leur disposition.
Constantin (306-337) adopta les doctrines politiques de Dioclétien. Il continua à abattre et à diviser les pouvoirs qui lui portaient ombrage - ; il éleva le nombre des préfets du prétoire de deux à quatre, enleva à leurs attributions tout caractère militaire\ et, plus hardi que Dioclétien, osa régner seul sur l'immensité de l'empire. Les grandes armées des frontières du Rhin et du Danube, formées principalement encore des vieilles légions romaines, dont le caprice avait fait et défait tant d'empereurs, furent réorganisées, et
' Cf. Naudet, Adm. de l'empire romain sous les régnes de Dioclétien et de Constantin, I, 2' partie, p. 235 et suiv.
2 Cf. Zosimi!, I. II, c. 32, p. Iii6 (Édit. Reitemeier, Leipzig, 1784, in-S").
3 II ne faut pas prendre au piod de la lettre ces partages d'utiributions. Oa voit, en parcourant Amniien Marcellin, un préfet du prétoire amenant des renforts à l'armée.
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une partie des corps qui les composaient envoyés en Orient ou disséminés dans l'intérieur des provinces '. Cette mesure dégarnissait les frontières, mais l'agitation des villes et la révolte des paysans ne permettaient plus comme jadis de tenir les provinces en respect par la seule majesté du nom romaine
Le chef militaire qui, d'abord sous le titre de légat, puis sous celui de préfet, commandait une légion, c'est-à-dire une petite armée de plus de 6,000 hommes, avec une cavalerie presque équivalente à l'un de nos régiments, des ingénieurs et un matériel considérable, était aussi trop puissant pour un prince qui voulait fonder une monarchie héréditaire, et mettre sa succession à l'abri des coups de main de l'armée. La vieille légion devait donc succomber à son tour. Elle tomba , par une réorganisation ou par l'incomplet habituel de ses cadres, à un nombre de combattants réduit des trois quarts ^ et, tout en conservant son nom, elle se rapprocha sensiblement sinon du rôle *, du moins de l'effectif de l'ancienne cohorte auxiliaire. De nouvelles légions furent en même temps créées, et, à partir de cette époque, le nombre des corps de troupes de l'empire permit d'occuper beaucoup plus de garnisons. On vit même à chaque règne, depuis Constantin, surgir de nouvelles légions, sans que les anciennes disparussent. Ces légions prenaient, le plus souvent, le nom de l'empereur régnant '^; bien
' Cf. Notit. dignit. imp., éd. Bœcking, Bonn, 1853, et Amni. Marcellinj fiassim.
* Josèphe laconte que en dehors de rarmée de Germanie, douze cents soldats avaient suffi à maintenir l'ordre dans les Gaules, où l'on comptait presque autant de villes ; « Toivapoùv Oni Xi).îoiç xai Siaxoaioiç ffxpatiwTai; 5o\i\t\jo\><jn, mv ci),(you Seîv itXeîou; ëx"^" tiôXeh (De PcUo Jurf. , II, 16, 4).
3 Quelques auteuis pensent que la k'^gion était depuis longtemps réduite à l'efTectif des cohortes auxiliaires. Eucaire cependant la porte encore, au temps de Diociélien,à fi,66ii honinies. {Act. s. Maiivitii, ap. Botland., p. 3o7.)
■• A la liataille de Strasbourg, en 337, où commandait le césar .lulieu, la légion remplissait encore son ancien rOle de corps de bataille, et en quelque sorte de réserve, tel que Modeslus le définit dans son résumé. Cf. Auirn. Marcell., l. XVI, c.
5 Sous le haut empire, après le régne d'Auguste, dont le cognomeii fut donné ;\ un grand nombre de corps, les légions, les cohortes auxiliaires et les ailes de cavalerie de nouvelle création, ou celles mérilaul un surnom pour un acte de fidélité ou pour un succès de guerre, ajoutèrent plulOtà linir numéro d'ordre le (lenliKtium de l'enipcreur, mis au féminin; c'est ain.^i que la Vll« cl la Xlll" reçurent, sous Claude, le surnom de Claudia, et que des légions créées sous Vesiuisicn
qu'assimilées dans la nomenclature aux vieilles légions, elles n'avaient ni la même organisation, ni le même armement. Par exemple, les lanciarii et les mattiarii, corps qualifiés de légions palatines dans la Notice, et cités souvent par Ammien Marcellin comme opérant ensemble, étaient armés les uns de lances, les autres d'armes de trait', de manière à pouvoir fournir ce qu'on appellerait aujourd'hui une charge à la baïonnette soutenue par des tirailleurs. Les anciennes légions, au contraire, ainsi qu'on peut le supposer d'après divers passages des auteurs du Bas-Empire et des écrivains byzantins, avaient conservé leur organisation avec un moindre efîectif^
ul sous Trajan fureni appelées Flavia et VIpia. Cependant, dès le temps de Vespasien et de Commode, on recommença à décorer les troupes romaines du corjnotnen des augustes ; plus tard, et surtout au Bas-Empire, ce ne fut môme plus qu'une affaire d'usage; les corps prenaient, pour le quitter à sa mort, le eognomen de l'empereur régnant. Cependant quelques corps gardèrent indéfiniment ces surnoms. Voici, d'après les inscriptions (Orelli, Steiner, Ackner et Muller, etc.), et d'après les auteurs anciens et la Notice des dignités de l'empire, les principaux gentilitia et cognomina passés des empereurs aux légions, aux cohortes, aux numen, aux équités et aux ailes de cavalerie :
Augusta. — C. Jiil. Cœsar Octavianus Aug.
Claudia. — Tib. Claudius Nero Germanicus.
Macnana. — L. Clodius Macer.
Galbiana. — Ser. Sulpicius Galba.
Flavia. 1
Flaviana. > T. Flavius Vespasianus.
Vespasiana. )
Trajana
Ulpia.
Aelia. — P. Aelius Hadrianus,
Commoda.
Commodiana.
Auluniniana. — M. Aurelius Antoninus Caracalla.
Severiana.
Alexandria'ia.
Maximiniana. — C. Julius Verus Maximinus.
"iovdiana. — M. Aalonius Gordianus.
Phiiippiaiia. — M. Julius Philippus.
Valerianu. — P. Liciuius Vaierianus.
Gallieniana. — P. Liciuius Gallienus.
Postumiana. — C.yi. CassianusLatiniusPostumus
Tetriciani. — C. Plus Esuvius Tetricus.
Claudiana. — M. Aurelius Claudius.
Aureliana. — L. Domitius Aurelianus.
M. Ulpius Trajanus.
M. Aurelius Commodus.
M. Aurelius Sevcrus Alexander.
Biorletiana.) C. Aurelius Valerius Jovius Dio-
Jovia. ) cletianus,
Maximiana.) M. Aurelius Valerius Herculius
HercuUfi. ) Maximianus.
Flavia. — Flavius Galerius Valerius Constan-
tinus, ou l'un de ses successeurs.
Crispiani. — Flavius Julius Crispus? Flavia Constanlina. — Flavius Claudius Julius
Conslantinus.
Constantia. — Flavius Julius Constans.
Magnentiaci. — Flavius Magnus Magnenlius. Decentiaci. — Magnus Decenlius.
Constantiaca. — Flavius Julius Conslantius.
Val. 1".
Vakntiniana.— FI. Valentinianus.
VaL II.
Valentiana. — Flavius Valens.
Gratiana. — Flavius Gratianus.
Theodosiana. — Flavius Thcodosius.
Arcadiana. — Flavius Arcadius.
Ilonoriana. — Flavius Honorius.
Placidi Valentinianici. — Placidius Valentinia nus (Val. ni)?
' Muttium; inde Matliobarbuli. Vegèce, I, 17.
2 Ainsi elles avaient encore des hommes à cheval. Il est question de la cavalerie de la 111", pend, mt lu retraite de Julien, eu 363. (Amni. Marccll., 1. xxv, 1.)
hM'RÛDUCTlOiN. 33
C'est à elles qu'incombaient la défense des places et la savante manœuvre des machines. Les nouvelles légions, souvent composées exclusivement de barbares, n'avaient pas la même instruction militaire et ne savaient d'ordinaire que payer d'audace; il en devait être ainsi, et d'ailleurs Ammien .Marcellin est très-explicite à cet égard dans son curieux récit du siège d'Araide, en 339 '.
Constantin rendit plus facile le mariage des soldats ', et lorsqu'il les prit, non chez les barbares, mais dans les vieilles provinces qui avaient reçu le droit de cité sous Caracalla, il se contenta le plus souvent des hommes des dernières classes, achetés et fournis par les cives et les vicaiii, qui fuyaient le métier des armes ^ Le christianisme, en renversant du temps de cet empereur les autels des dieux protecteurs de la force brutale, contribua aussi à l'abaissement de l'armée et à la réhabilitation de l'élément civil. La même politique fut suivie parles fils de Constantin. Sous Constance, aucun chef militaire n'arriva au titre de clarissime \ Ce fut sous le pannonien Valentinien 1" que l'armée, devenue plus nécessaire par les périls de l'empire, se retrouva toute puissante à la cour et dans les conseils des Augustes.
Les légions se divisaient sous Constantin en légions palalinœ, en légions comilatenses (quasi in comitatu principis)^, et en ]égions pseudocomitatenses. Il y avait aussi de nombreux auxilia. En outre, on commençait déjà à confier la défense de certains points de la frontière aux barbares cantonnés dans l'empire et aux peuples admis comme fédérés à l'amitié de Rome.
Suivant Zosime, comte civil sous Théodose II, cette réorganisation militaire et celte dissémination des troupes, ordonnées par Constantin, en
' Parmi les six légions qui, devançanl les Perses de vitesse, s'élaient jetées dans la place, où ne se trouvait qu'une des légions Partliiques foraianl sa garnison habituelle, l'auteur cite les Muijnentiaci et les Deceiitiaci, recrutés sans doute dans les colonies létiques, par Magnence et son frère, et qui, inhabiles dans l'art de la défense des places, renoncèrent à faire jouer les machines, et tirent de nuit celte terrible sortie dans laquelle Sai)or faillit être enlevé. (Amm. Marcellin, I. XIX, c. H.) Ces deux corps, hostiles à Constance et aux Flaviens, furent licenciés pendant la période constantinienne. Ils ne figuraient plus sur les contrôles de l'armée au commencement du V' siècle, quand parut la Notice des dignités de l'empire.
2 Cod. Theodos., Const. 4, 1. Vil, t. XX.
3 Cod. Theodos. ParatitL, 1. VII, p. 240, édit. Codefroy. * Auini. Marccll., XXI, 10.
^ Cf. Naudet, Administ. de t'emp. rom. sous Diociclien et Constantin, t. II, p. ICO.
34 LKS LÉGIONS DU KHIN.
mêlant le soldat aux habitants des villes, énervèrent chez lui la discipline iniUtaire et l'associèrent aux passions des provinciaux. Cet écrivain accuse Constantin d'avoir ainsi préparé le succès des grandes invasions '; mais on connaît sa partiahlé contre les chrétiens, et l'on peut contester sa compétence en matière de faits militaires, accomplis d'ailleurs un siècle avant lui. Constantin cédait à des nécessités de politique intérieure; il était, d'aileurs, trop bon général pour changer, sans de sérieux motifs, le système de défense de l'empire.
On se préoccupa sous les règnes suivants de la protection des frontières. On augmenta sur certains points le nombre des corps réguliers qui en défendaient les passages ou en occupaient les forteresses, sous le nom de liniitanei; on multiplia ailleurs les colonies létiques, formées de Germains, de Bataves et surtout de Franks, et on se fia aux gentiles venus de la Sarmatie ou de l'Orient. Théodose consacra une de ses Novelles à cette importante question K Mais si ces précautions militaires devaient maintenir l'intégrité de certains diocèses, le temps était venu où celui des Gaules allait être envahi, et oîi les hordes qui franchissaient le Rhin, malgré les dernières légions, les auxilia gaulois, les gentils et les lètes ripenses, ne devaient plus le repasser.
J'aurais pu essayer de porter dans mon tableau d'ensemble quelquesuns des corps formés aux deux principales époques de réorganisation militaire, c'est-à-dire sous Dioclétien et sous Constantin, et dont l'origine est in liquée parleurs surnoms^; mais ce relevé, nécessairement Irès-incomplet, n'était pas indispensable à mon sujet'. Je passe de suite au second
' "EupaÇs Si Ti KiDVUTavTÎvo; xa'i ÏTEpov, ô toî; papêâpoi; àxu))TJTOV iTirjir,nt -rfi im -r,'i 'P<i)u.aioi; •jTioxsifiÉvr.v
yûpav SiâêaTiv. (L. M, c. 'M, p. loi); édit. Reilemeier.)
2 Novell., XXIV, ap. Eamel, p. 102.
3 Joviani; legio Diodetiana; Eerculiani; legio Maximiana ; kgio Flavia, leyio Cimatantina, etc.
* J'aurais pu aussi ouvrir une colonne spéciale aux légions citées par Ammion Miircellin, enlre les années 3;io cl 378. Gel auteur, qui écrivait pour des conlemporains connaissant parfailenient la composition des armées romaines, ne dit malheureusement pas toujours, lorsqu'il cite des corps de troupes, s'ils appartenaient à l'infanterie ou à la cavalerie, et dans le premier cas, s'ils étaient organisés en légions ou en auxilia. Or, mon cadre trop étroit ne comprenant que les légions, il eût été difficile de faire, pour remplir une colonne, un choix judicieux. J'examinerai, dans le cours du mémoire, les renseignements fournis par Ainmien MarccUin sur les légions romaines.
INTRODUCTION. 35
tableau, qui donne, d'après la Notice des dignités, la liste des corps d'infanterie pourvus, au commencement du v" siècle, de la qualification de légion.