‹ Les Légions du Rhin et les inscriptions des carrièresChapitre 14 sur 26 · PARTAGE D'OCCIDENT · texte numérisé non relu

PARTAGE D'OCCIDENT

Dans la partie de la Notice consacrée au partage d'Occident, on rencontre d'abord, sans parler des emplois du palais, les quatre préfets du prétoire ', réduits en principe à des attributions administratives ; puis le vir illuslris magister peditum prœsentalis, sorte de ministre de la guerre, et le magister equitum prœsentalis, chef de toutes les troupes à cheval^ qui résidaient l'un ot

' La prâl'ectui'e des Gaules et la préfecture d'Italie fomiaient l'empire d'Occident. Le partage d'Orient comprenait la préfecture d'IUyrie et la préfecture d'Orient. Le prétoire des Gaules se composait des diocèses de Bretagne, des Gaules et d'Espagne'. La Mauritanie Tingitane se rattachait au diocèse d'Espagne. Chaque diocèse avait un vicaire et chacune des provinces dont il se composait avait un gouverneur civil, personnage consulaire ou simple président. Les préfets du prétoire avaient gardé de leurs anciennes attributions la surveillance des approvisionnements, des transports et des diverses fournitures de l'armée.

' Le mmjistcr peditum pi'œscntulis cl le magister cqiiitum iirœsentalis étaient égau>L en dignité, et on les considère généralement comme ayant eu la même' autorité. Telle était l'opiniijii de J. de Pétigny {Etud. sur l'époque niérov., t. I, p. 17. i); mais si l'on remarque que la JVû(('ce met tous les chefs mililaires des provinces, comtes et ducs, à la disposilion du premier, on reconnaîtra que la direction générale de l'armée lui appartenait. Le magister equitum prœsentalis, chef des troupes i cheval, présidait aux (jucstions spéciales à cette arme, mais il n'avait évidenmieal pas de plein droit la disposilion de ses vexillationes et des autres corps de cavalerie, l'ne seule main devait disposer, sous l'aulorilé de l'empereur, de l'ensemhle des troupes de loulcs armes qui concouraient à la formation des armées actives ou à l'entretien des garnisons des frontières. Pendant la guerre, le maître de l'infanterie et le maître de la cavalerie cnminandaicDl des armées actives ou des corps d'arniée sous les ordres de l'empereur.

fonctionnaire de création récente, qui était, comme les deux principaux dignitaires de l'armée, qualifié de vir illuslris, et qui avait spécialement le commandement des armées mobiles du diocèse des Gaules' (troupes de toutes armes); puis venaient les comtes et les ducs^ qui relevaient (sub (Uspositione) du maître de l'infanterie '\

Outre les corps organisés sous le titre de légion, la Notice indique les autres corps d'infanterie , tels que les auxilia palatina et les milices locales; elle énumère aussi une nombreuse cavalerie.

Ce précieux document présente des lacunes sur certains points des frontières de l'empire, où il semble que le pouvoir central n'entretenait aucune garnison; mais il ne faut pas oublier qu'une partie de plus en plus considérable des marches de l'Occident était alors livrée aux peuples fédérés qui les défendaient, moins en vertu des traités que comme un sol qui devait bientôt leur appartenir sans conteste.

Les armées romaines se partageaient, au \' siècle, en deux groupes bien distincts : les forces composant les armées actives placées directement sous les ordres des chefs miUtaires des diocèses et, au degré supérieur, sous ceux du magister peditum prœsenialis ; puis les garnisons sédentaires des confins, obéissant aux comtes et aux ducs pourvus de commandements territoriaux, et relevant eux-mêmes du magister peditum.

Les deux parties de notre second tableau seront subdivisées chacune en deux sections, comprenant : l'une les légions des armées actives, l'autre les légions des confins, l'autre près de l'empereur; venait ensuite le magister equitum per Gallias,

» Si \e magister equitam per Galltas, av.iil, dans lus derniers temps, des pouvoirs spéciaux, c'est que ce diocèse était si important et si souvent menacé, qu'il fallait lui donner comuie chef militaire un dignitaire ayant plus d'attributions et d'indépendance que n'en avait, par exemple, le comte des Espagnes, qui n'était, du reste, qu'un personnage spnctabilis.

î Les ducs et les comtes qui commandaient les garnisons des frontières et des provinces armées n'avaient pas d'autorité sur les habitants. {Cod. Justin., l. I, f. XXI, leg. I.)

3 L'auteur de la Notice, après avoir' récapitulé les comtes et les ducs, ne parle pas immédiatement des garnisons permanentes qui leur obéissaient. C'est dans un autre chapitre qu'on rencontre le détail de ces garnisons ; mais les chefs relevant du rnaitre de l'infanterie, il en était de même, évidemment, des soldats.

INTRODUCTION. 37

Les corps de Iroupos des armées actives sont en général indiqués deux fois dans la Notice du partage d'Occident; d'ai^ord aux chapitres consacrés au nuKjisler peditum prwsentalis ou au uiagister equitum prœsenkdis, ensuite dans celui où il est question des chefs militaires des diocèses et par exemple du magisler equitum per Gallias.

Les corps mobiles mis en Occident, sous le nom de légion, à la disposition du magister pediium prcesenlalis, pour les besoins de la guerre, se décomposent en douze légions palatinœ , trente -deux légions comilalenses et dix-huit pscudocomitatenses. Il y avait en outre soixante-cinq autres corps d'infanterie relevant, sous le nom cVauxilia palatina\ du même chef suprême -.

Les corps d'infanterie servant de garnisons permanentes aux provinces armées et aux confins de l'empire d'Occident, et ne figurant pas dans rénumération des armées actives aux mains du pouvoir central, sont trèsnombreux ; ils comprennent moins de légions qu'en Orient, mais plus de forces auxiliaires recrutées chez les Gaulois et parfois chez les Germains et les peuples nouveaux venus. Je ne donnerai, dans le relevé qui se trouve à la page 40, que les corps explicitement désignés dans le texte de la Notice sous le titre de légion, renvoyant pour les auxilia et pour quelques corps de qualification douteuse au savant travail de M. Bœcking ^

Les forces d'Occident, armées mobiles et garnisons permanentes, étaient réparties entre la préfecture des Gaules, c'est-à-dire la Bretagne, les Gaules, l'Espagne et la Tingitanie, et la préfecture d'Italie\ c'est-A-dire l'Afrique, l'Italie et le diocèse d'Illyrie, qui s'étendait le long du Danube

' Les auxilia palatina prenaient rang, avant les légions comilalenses et psettdocomitatenses.

* Les flottes et par exemple la flotte du Rhône dépendaient aussi du maître de l'infanterie. Il n'était plus et il ne pouvait plus être question, au v= siècle, de la flottille du Rhin ; le cours inférieur du fleuve et son embouchure n'appartenaient plus ;\ l'empire.

3 II est probable qu'il y avait dans les confins plus de corps d'infanteiie organisés en légions, que noire tableau n" 2 ne le ferait supposer.

•* L'Ilaiic, si longtemps respectée, était à cette époque incessamment ravagée par les barbares; les empereurs d'Occident, enfermés dans Ravenne ou dans d'autres places d'Italie, avaient dû concenircr dans le nord de la péninsule des forces considhaliles composées des légions, qui sont indiquées page .'JS, de cavalerie et de corps auxiliaires dont je n'ai pas à m'occuper.

jusques et y compris la Pannonie inférieure. La Mésie et la Dacie appartenaient au partage d'Orient et à la préfecture d'Illyrie.

1° Légions mobiles aux ordres du maître de l'infanterie et des chefs militaires

des diocèses.

LEGIO.XES

LEGIONES

LEGION ES

P A LATI N A E.

COMITATENSES.

PSEl)DOCOMITATE^SES.

Joviaiii seniores.

Herculiaiii seniores.

Regii.

Intra Italiam '

Divitenses seniores.

Mattiarii juniores.

Leg. I Alpina.

{.s-ans doute aab <

Tongrecaiii seniores.

Germaniciani juniores.

Pontinenses.

comité

Pannoniciani seniores.

Septimaui juniores.

militum).

Maesiaci seniores.

Octaviani.

Thebuei.

Lejr. III Julia Alpina.

Menapii seniores.

Leg. I Flavia Gallicana

Constantia.

Armigeri defensores se-

Martenses.

niores.

Intra Callias

Lanciarii Gallicani Honoriani.

Abrincateni.

cum viro illustri magistro

Lanciar.i Sabarienses.

Leg. II Britannica.

Defensores seniores.

Mauri Osismiaci.

militum

Praesidiantes.

Leg. I Flavia Métis.

per Gallias.

Ursarienses.

Cortoriacenses.

Superventores juniores.

Cornacenses.

Sub

Geminiacenses.

Septimani.

dispositione

Honoriani felices Gal-

Romanenses.

viri

licani.

illustris magistri

peditum

praesenlalis.

Intra Hispanias

cum

spectabili

Forlenses (seniores?).

Propugnatores seniores.

Septimani seniores.

Vcsont€s.

comité.

Undecimani.

Si-cundani Italiciani.

Leg. I Flavia Pacis.

Leg. II Flavia Virtutis.

Intra Africam

Armigeri propugnatores

Leg. III Flavia Salutis.

Constamiaci.

cum

seniores.

Leg. II Flavia victrii

spectabili comité.

Cimbriani.

Constantia.

Armigeri propugnatores

Leg. 11 Flavia Constan-

juniores.

tiniana.

Tertio Augustani.

Fortcnses (juniores'?).

Paratianenses.

Leg. Il Julia Alpina.

Intra Illyricum

Mauri Ceirati.

Lanciarii Lauriacenses.

cum

Leg. III Italica.

Lanciarii Comagiuen-

spectabili

ses.

comité.

Leg. III llerculea.

Taurunenses.

Propugnatores juniores.

Antianenses.

A cette liste des troupes mobiles, il faut ajouter un certain nombre de

INTRODUCTION. 3

corps figurant dans la Notice sous les ordres des chefs militaires des diocèses et, par exemple, du magister cquilum per Gallias, mais omis dans la grande liste des forces à la disposition du pouvoir central, ce qui ne permet pas de savoir sous quel titre ils étaient alors organisés. On peut citer parmi ces corps les suivants, où on reconnaît (rois des anciennes légions ' :

Intra Gallias sub flispositione vin illnstiis maijistri equitum. . . .

! Truncensimani.

Balistarii.

Defensores juniores.

Aiidereniciani.

Acinciiises, etc.

iYictores Juniores Britanniciani.

Primani juniores.

Secundani juniores.

11 n'y avait qu'une légion palatine en Gaule; les forces militaires de cet important diocèse consistaient surtout, comme on vient de le dire, en auxilia palatina, formés en général de Gaulois '\

i.° Légions des ijarnisons iiertnanentes.

Dans le détail des forces composant les armées permanentes des confins et les garnisons des provinces armées, la Notire indique sous quel titre chaque corps était organisé. Ces forces étaient, on l'a déjà dit, réparties entre les six comtes militaires et les six ducs des limites de l'Occident, qui relevaient eux-mêmes du magister peditum prœsentalis ; elles ne s'élevaient pas à moins de deux cent cinquante corps ou détachements de troupes à pied ou à cheval, sans compter les milices locales. Les préfectures

' Leg. XXX Ulpia Vktrix; leg. \l Augusta; leg. \l Vidrix.

* Des soixante-cinq auxilia palatina dont disposait le mailre de l'infanleiie du partage d Occident, plus des deux tiers étaient en (Jaulo, sous les ordres directs du maître de la cavalerie des Gaules. Les atixilia palatina tiraient leurs noms du pays qui les avait fournis, de l'empereur qui les avait créés, do la nature de leur armcnieni, etc., etc.

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