Les anachorètes
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s'engage à nourrir pendant trois ans, ou pendant leur vie entière, ces brahmes vertueux.
« Mais celui qui, pour avoir le droit d'user de la boisson sacrée, fait l'aumône aux dépens des besoins de sa famille, n'en retire que le mépris.
« Que jamais, sous un roi juste et éclairé, les brahmes ne manquent de victimes pour les sacrifice?^ et dans ce cas qu'il les choisisse dans le troupeau d'un riche vaysia, car le sacrifice ne peut rester en suspens.
« Il prendra l'objet du sacrifice, même chez un impur soudra , le sacrifice purifie l'offrande.
« C'est par les mérites et la permission des nrahmes que les autres hommes vivent; un brahme qui manque de nourriture peut la prendre partout où il veut^ mais selon ses besoins.
« Il peut prendre, dans les maisons, dans les temples, dans les palais, dans les champs et même sur l'autel, parmi les ofirandes faites aux dieux, un brahme ne doit pas souffrir de la faim.
« Le xchatria qui manque de nourriture, peut la prendre dans les biens du vaysia, mais jamais dans celui des brahmes.
« On dit des riches qui pratiquent l'aumône que leurs biens leur viennent des dieux, et de ceux qui ne la pratiquent pas, qu'elles proviennent des mauvais génies.
moïse < — MAHOMET. 437
« Qu'un roi sage assigne, sur ses revenus, une part suffisante aux brahmes nécessiteux, et ils ne seront pas obligés de ravir leur nourriture par ruse ou par force.
« Que le brahme emploie ce qu'il a reçu pour le sacrifice, au sacrifice; celui qui agit autrement renaît pendant cent migrations dans le corps d'un corbeau ou d'un chacal.
* Il reviendra vautour puant, se nourrissant de pourriture, celui qui aura ravi à un brahme les offrandes du sacrifice.
« Que dans toutes les circonstances les brahmes observent les défenses prescrites pour la nourriture, et ne s'en abstiennent que dans les temps de détresse.
« Mais celui qui, pouvant se conformer aux préceptes sur la nourriture, use néanmoins des aliments qui ne sont permis qu'aux temps de misère, descend au Naraca.
« Le brahme a été créé maître du monde, il est en possession des mentrams qui commandent aux dieux et aux éléments.
« Qu'un brahme ne se fasse donc jamais protéger par un roi. N'a-t-il pas les mentrams magiques de l'Atharva-Véda, pour détruire en un instant tous ses ennemis?
'< Pour se défendre, le xchatria a son épée, le
vaysia ses richesses^ le soudra son bras et son impureté*, lebrahme aies conjurations magiques.
« Les purifications et expiations s'accomplissent par le sacrifice au feu sacré ; le brahme qui n'entretient pas le feu sacré descend au niveau du soudra.
« Les femmes, les fous, les ignorants, ne sont pas admis à faire les oblations au feu, pareillement celui qui n'a pas reçu le sacrement de l'oupanayana^.
« Le brahme qui, par des présents, consent à offrir Toblation au feu sacré pour un soudra, tombe au niveau des tchandalas.
« Dans les trois castes, le sacrifice de l'expiation doit être accompli pour toutes les fautes volontaires ou involontaires.
« La faute volontaire est expiée par la lecture du
1. Les castes supérieures ne pouvaient avoir aucune communication directe avec celle des soudras, sous peine d'être frappées d'impuretés et obligées de recourir aux ablutions religieuses ; de là cette parole proverbiale dans l'Inde :
« Le serpent est protégé par son venin, Le soudra par son impureté. »
2. Le sacrement de l'oupanajana, est le sacrement de l'initiation ou confirmation, par la tonsure, la ceinture, l'obtention du bâton, l'onction d'huile, etc..
moïse — MAHOMET. 43i)
Véda, la faute volontaire n'est expiée que par des austérités sans nombre.
« Pendant tout le temps que dure l'expiation, le dwidja ne doit avoir aucun rapport avec les gens de sa caste et de la maison.
« Les expiations portent non-seulement sur les fautes de la vie présente, mais encore sur celles commises dans les existences précédentes.
« De là une foule d'hommes sont pendant cette vie affectés de lèpre, d'éléphantiasis et de maladies honteuses ^
« Celui qui, dans une existence précédente, a volé de Tor^ voit ses ongles tomber; celui qui a eu l'habitude des boissons enivrantes, voit ses dents se gâter.
« Celui qui a tué un brahme meurt dans cette vie d'une maladie de poitrine, celui qui a séduit la femme de son gourou est rejeté dans la classe des circoncis^.
1. En dehors des tristes maux dont ils étaient affligés, les malades atteints d'élépliantiasis et de lèpre étaient encore frappés d'une impureté qui avait son origine dans cette croyance religieuse qui leur faisait expier ainsi les fautes d'une autre vie. Ne faut-il pas trouver dans le souvenir inconscient peut-être de cette tradition, l'explication de la réprobation qui longtemps s'attacha aux mêmes maladies chez toutes les nations indo-européennes?