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Manou est essentiellement un livre de révélation

D'après la théologie brahmanique, lorsque le divin Pouroucha, ou mâle céleste, eut achevé la création il donna aux hommes ce code de lois pour leur direction civile et religieuse. Dans ce cas le nom de Manou, qui signifie homme, indique la forme visible, que prit le créateur pour se manifester.

C'est dans ce sens de homme Dieu que les ouvrages les plus anciens de l'Inde, le Rig-Véda entre autres, emploient ce nom de Manou.

Dans ce dernier ouvrage notamment, cette expression

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« Ainsi appelé par Manou, le maharchi Brigliou s'approcha avec respect, et le souverain maître ayant disparu, il regarda les richis, sourit avec bonté et leur dit : écoutez,

« De Swayambhouva^ à la double nature mâle et femelle, est issu Viradj, le m,âle divin.

que l'on rencontre souvent dans des hymnes : «les brahmes enfants de Manou » signifie les prêtres serviteurs du Dieu manifesté : cette autre : « les enfants de Manou » doit être interprétée ainsi : Thumanité.

C'est donc à tort que certains indianistes ont prétendu que le Rig ne faisait jamais mention du Manou auteur de ce code de lois.

C'est bien au Manou du Rig, au Dieu créateur que les brahmes attribuent la révélation de ce livre, de même que la révélation du Pentateuque est attribuée à Jéhovah.

Ce livre primitif, écrit en cent mille slocas, fut donné par Manou à Narada, qui l'abrégea en douze mille vers, Rrighou à son tour l'abrégea en quatre mille, et les brahmes, lors de l'établissement des castes en y interpolant cette institution, le réduisirent à la forme actuelle.

On croit vulgairement en Europe quele Vriddha-Manava, ou ancien Manou, est perdu : il n'en est rien, nous avons tenu cet ouvrage dans nos mains dans la pagode de Chelambrum, mais sans pouvoir en prendre copie.

Les brahmes en effet disent que cet ouvrage fait pour les premiers âges n'existe plus, mais c'est pour n'avoir pas à le livrer. On ne pourra jamais l'obtenir d'eux volontairement ; cet ouvrage, dans lequel on ne trouve aucune trace des divisions de caste, serait la ruine do leur iriûuonco

s'il ét^it vulgarisé,

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« De Viradj, le mâle divin, sont issus les dix pradjapatis, seigneurs des créatures.

« Des dix pradjapatis , ses ancêtres , est issu Manou, celui qui a recueilli ce code de lois émané de la sagesse éternelle.

« De ce Manou sont issus six autres Manous, qui chacun donnèrent naissance à une race d'hommes supérieurs en noblesse et en courage.

« Ces hommes illustres descendants de Manou furent : Swârotchicha, Oûttami, Tamasa, Raivata, l'intrépide Tchâkchoucha et le fils de Vivas^-at *.

1. C'est sous un petit-fils de ce Yiyaswat que serait arrivé le déluge.

Nous avons donné plusieurs de ces légendes diluviennes dans notre ouvrage : Fétichisme, Polythéisme, Monothéisme. En voici deux sur le déluge d'eau et le déluge de feu, extraite du Catapatha du ïadjour blanc, par M. B, S.-Hilaire. Le héros y porte le nom de Manou dans la première et de Mathava dans la seconde.

Légende du déluge d'eau :

« Le matin les serviteurs de Manou lui apportèrent de l'eau pour l'ablution, comme on en apporte quand on veut se laver les mains. Chacun s'étant lavé, un poisson lui vint dans la main et ce poisson lui adressa ces mots :

« — Protége-moi et je te sauverai.

« — Et de quoi veux-tu me sauver?

« — Un déluge détruira toutes les créatures vivantes; mais je puis te sauver de ce déluge.

« — Quelle protection te faut-il?

« Ces sept Manous, dont le premier, le plus éminent, est issu de Swayambhouva, ont pendant plusieurs cycles gouverné le monde par eux et leur des-

« Le poisson répondit ; — Tant que nous sommes petits, un grand danger nous menace, car le poisson ne se fait pas faute de dévorer les poissons. D'abord tu me protégeras en me gardant dans un vase. Quand je serai devenu trop grand pour que ce vase me contienne, tu creuseras un bassin et tu me protégeras en m'y conservant. Quand je serai devenu trop grand pour le bassin, tu me jetteras dans la mer, car de ce moment je serai assez fort pour me défendre de tous les dangers.

« Le poisson devint énorme, car il croissait rapidement, puis il dit : — Quand viendra l'année où aura lieu ce déluge, tu peux, en te rappelant mes conseils, préparer un navire, et quand le déluge arrivera, tu monteras sur le navire que tu auras construit, alors je te sauverai. Manou ayant nourri et protégé le poisson le rejeta ensuite à la mer, et dans cette même année que lui avait indiquée le poisson, il prépara son navire en songeant aux conseils qu'il avait reçus. Quand le déluge fut venu, il monta sur le vaisseau. Le poisson vint vers lui en nageant, et Manou passa le câble du navire à la corne du poisson pour qu'il le conduisît à la montagne du Nord. Puis le poisson dit : — Je t'ai sauvé. Maintenant attache ton navire à un arbre afin que Peau ne l'entraîne pas, bien que ton vaisseau soit sur la montagne; quand Peau se retirera, alors tu pourras sortir de ton vaisseau.

« Manou n'en sortit en effet que quand l'eau se fut retirée, et c'est de là que vint le nom que porte encore cette montagne : « la descente de Manou. » Le déluge détruisit toutes les créatures vivantes; et Manou fut le seul qui sur-

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cendance, maîtres absolus de toutes les créatures animées ou inanimées.

« En ce monde le soleil divise le temps par le

vécut. Ensuite il passait sa vie à prier ut à jeûner pour obtenir des enfants. Il ût donc le sacrifice du Paka et offrit aux eaux du beurre et du lait et du caillé, il continua ses offrandes et au bout d'un an il s'en forma une femme qui en sortit, et le beurre coulait à ses pieds. Mitra et Varouna s'étant approchés d'elle lui dirent : — Qui es-tu?

« — La fille de Manou.

« — Veux-tu être à nous?

« — Non, dit-elle, j'appartiens à celui qui m'a fait naître ; ils la pressèrent encore, mais elle éluda leurs instances et s'en vint à Manou. Manou lui demanda;

« — Qui es-tu?

« — Je suis ta fille.

« — Gomment es-tu ma fille ?

« — Ces offrandes que tu as faites aux eaux, ce beurre, ce lait, ce caillé m'ont donné la naissance. Je suis le vœu que tu formas jadis. Aie rapport avec moi durant le sacrifice, si tu y consens tu deviendras riche en postérité et en troupeau; le souhait que tu formeras avec moi s^accomplira tout entier. Manou eut donc rapport avec elle dans le milieu du sacrifice, le milieu du sacrifice est ce que l'on fait entre les cérémonies préliminaires et les cérémonies finales. Il vivait avec elle, priant et jeûnant, et faisant des vœux pour obtenir de la postérité; par elle, il procréa cette race qui s'appelle encore aujourd'hui la race de Manou, et le vœu qu'il forma, de concert avec elle, s'accomplit tout entier. »

Dans la légende traduite par M. Pauthier, et qui par certains côtés se rapproche de celle-là, le héros sauvé des

jour et la nuit, les demi-dieux et les hommes sont soumis à ce partage, le jour est pour le travail, la nuit est pour le repos.

eaux porte le nom de Vaïvaswata. C'est également ce nom qu'il porte dans la version diluvienne que nous avons donnée dans la Bible dans l'Inde,

La légende du déluge de feu a cela de curieux qu'il ne s'en trouve de semblable dans aucune des traditions des autres peuples de l'antiquité.

La légende du déluge de feu :

« Mâthava-Vidégha portait dans sa bouche Agni-Veisvânara : GotamaRâhougana,richi, était son pourohita (prêtre domestique). Le riclii adressait en vain ses questions à Mâthava; Mâthava ne lui répondait pas, pensant ainsi : "- Je ne veux pas qu'Agni-Veisvânara tombe de ma bouche. — Le richi commença cet hymne :

« Nous t'allumons par nos chants, toi le prêtre divin.

« 0 Agni si brillant dans le sacrifice, ô Vidégha.

« Mâthava ne répondit pas davantage et semblait ne pas entendre.

« 0 Agni, voici tes rayons brillants qui s'élèvent.

« Voici tes étincelles, voici tes flammes, ô Vidégha.

« Mâthava semblait toujours ne pas entendre le richi.

« 0 Agni, toi qu'arrose le beurre clarifié...

« Le richi allait continuer, mais à ce nom d'Agni qu'il prononçait, Agni-Veisvânara flamboya de la bouche de Mâthava, qui n'eut plus la force de le retenir; et Agni en sortant de sa bouche tomba sur cette terre ; Mâthava-Vidégha se plongea dans les eaux de la Saraswati ; Agni se répandit sur la terre à l'est en la brûlant. Gotama Râhougana et Mâthava-Vidégha le suivaient par-derrière les flam-

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« Le jour et la nuit se composent de trente mou^ hourtas, Un mouhourta contient trente calas. Un cala, trente câchthâs; un câchtbâ, dix-huit niméchas; un nimécha est la durée d'un clin d'oeil.

mes qu'il produisait. Agni desséciia et consuma toutes les rivières, mais il ne dessécha point la Sadâvirâ qui descend de la montagne du Nord et que les brahmes n'ont jamais franchie en se disant : Elle n'a point été desséchée par Agni-Yeisvânara. Maintenant un grand nombre de brahmes habitent à l'est de cette contrée, qui d'abord était inhabitable, et qui était toujours inondée avant qu'Agni- Veisvânara l'eût visitée. Mais aujourd'hui cette contrée est habitable, et les brahmes l'ont fécondée parleurs pieux sacrifices. La Sadâvirâ même à la fin de l'été brûlant coule toujours à pleins bords, et garde ses eaux fraîches, parce qu'elle n'a pas été desséchée par Agni-Veisvânara. Mais Mâthava-Yidégha s'adressant à Agni lui demanda :

« — Où dois-je maintenant habiter?

« — Tu dois habiter à l'est de cette rivière, lui répondit Agni; et cette rivière est encore aujourd'hui la limite du Gosala et du Vidéha qu'occupent les descendants deMàthava.

« Alors le richi G-otama Ràhougana lui dit :

« — Pourquoi ne répondais-tu pas aux questions que nous t'adressions.

« Mâthava lui dit : — C'est qu'Agni- Veisvânara était dans ma bouche et je craignais qu'il n'en sortît, voilà pour^ quoi je ne répondais point.

« — Mais comment est-il sorti de ta bouche ?

« — C'est au moment où tu as dit : Toi qu'arrose le beurre clarifié; à ce mot Agni-Veisvânara flamba hors de ma bouche, et comme je ne pouvais plus le retenir, il flamba de ma bouche sur la terre... »

« Un mois de la terre forme un jour des pitris, et ce jour pour les ancêtres de Thumanité est également divisé en deux parts, l'une pour l'action et l'autre pour le repos.

« Les quinze jours terrestres qui forment le jour des pitris sont dits quinzaine d'obscurité, les quinze jours qui forment la nuit des pitris sont dits quinzaine de lumière*.

« Une année de la terre forme un jour des demidieux, et la division de ce jour est faite par le soleil. Le jour correspond à la marche du soleil vers le nord ; la nuit, à son retour vers le sud.

« Sachez maintenant, d'après ce qui est écrit de tous temps, quelle est la durée d'un jour et d'une nuit de Brahma et de chacun des âges^.

« Le crita-youga se compose de quatre mille années des demi-dieux, il est précédé et suivi d'un crépuscule d'une durée de quatre cents années.

« Le tréta-youga se compose de trois mille années des demi-dieux, il est précédé et suivi d'un crépuscule d'une durée de trois cents ans.

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