Prêtres célébrants, chapelains
MÂNOU.
prosternant matin et soir, car il doit vénérer sa mère entre toutes les femmes.
« Entre les membres d'une même caste, l'égalité n'est pas détruite par une différence d'âge quelle qu' elle soit ; dix ans entre vaysias ne créent pas d'inégalité, cinq ans entre xchatrias, et trois ans entre bralimes versés dans le Véda n'en créent pas non plus, mais l'égalité n'existe plus après ces limites.
« Dans la même famille^ il n'y a jamais d'égalité entre les divers membres, qui sont tous soumis au père et au frère aîné*.
1. Le frère aîné, par rapport à ses frères et à la famille, a joui de tous temps dans l'Inde d'une situation égale à celle du père, il n'est pas inutile d'en étudier les causes.
Le culte des ancêtres, si fort en honneur dans l'antiquité, conservé jusqu'à nos jours par tous les peuples de l'Orient, est né d'une aroyance antérieure aux Védas, et remonte aux premiers temps de l'époque patriarcale.
En outre des légendes, prières et invocations, que nous avons données, qu'on interroge les monuments les plus anciens de la littérature religieuse des Indous, les quelques fragments antérieurs aux livres sacrés qui nous restent du premier Manou, quelques hymnes de Valmiki, et tout le recueil connu sous le nom de Nikâra, partout on retrouvera à côté de la foi en un Dieu unique, et à l'immortalité de l'âme, la croyance que l'homme ne pouvait entrer au séjour céleste et s'absorber dans la grande dme, c'est-à-dire dans le sein de Brahma, s'il ne laissait derrière lui un fils qui put accomplir sur sa tombe les cérémonies funéraires
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« Mais un brahme de dix ans et un xchatria de cent ans doivent être considérés comme père et fils, et c'est le brahme qui est le père.
de la purification, destinées à laver l'âme et le corps des dernières souillures contractés sur la terre.
Cette primitive croyance de la libération du père dans l'autre vie par les cérémonies accomplies parle fils, donna à la famille une organisation qui survécut à toutes les révolutions anciennes, et dont les traces ne sont pas encore effacées chez les nations modernes.
Du moment où le fils aîné ouvrait à ses parents le séjour de Brahma, par ses prières et ses oblations, on doit comprendre combien fut importante la place qu'il occupa dans la famille, même du vivant de son père.
A peine arrivait-il à sa majorité, c'est-à-dire à l'époque où il était introduit dans le conseil des hommes, à l'âge de quinze ans environ, qu'on le mariait, après lui avoir fait l'investiture du cordon d'autorité, et qu'il acquérait, de ce fait, une autorité presque égale à celle de son père dans la famille.
Rien ne se faisait plus sans qu'il fût consulté ; ses autres frères et sœurs étaient complètement sous sa domination, et généralement, quand le père entrait dans la troisième période de sa vie (soixante-dix ans), il lui remettait la direction suprême de sa maison et de toutes les afî'aires de la famille.
Suivant les Indous, la vie d'un homme juste, craignant Dieu, se sanctifiant par l'aumône, la prière et la connaissance de la sainte Écriture, se compose de trois périodes de trente-cinq années, en tout cent cinq ans. Dans la première, l'homme arrive à maturité, se marie, élève ses enfants; dans la seconde, il dirige l'adolescence de ses fils,
« L'âge, la parenté, la richesse sont des titres de respect, mais la science, la vertu, la probité, la connaissance de la sainte Ecriture, la répression des sens, l'action de rendre le bien pour le mal et de pra-
leur enseigne le bien, les traditions de la famille, les initie aux cérémonies religieuses qu'ils doivent accomplir plus tard, et ceci fait, alors qu'il les a tous mariés, qu'il a sous les yeux, comme dit le Véda, les fils de ses fils, et qu'il atteint la troisième période de sa vie, il remet son autorité à son fils aîné, pour ne plus s'occuper que de bonnes œuvres et de méditations sur la vie future et l'Être suprême. Parfois même il se retire au désert pour attendre la fin de son existence dans la contemplation divine.
Cette situation du fils aîné, réunissant sur sa tête l'autorité civile et religieuse dans la famille, à ce point que ses autres frères ne pouvaient ni se marier, ni rien entreprendre d'important sans son autorisation, donna naissance, on n'en saurait douter, à ce droit d'aînesse des civilisations antiques, si strict dans son application, si dur pour les autres membres de la famille, qu'il ne se fût jamais établi sans la croyance religieuse dont il était né.
En face de la nécessité d'éviter à l'âme du père et de la mère le supplice d'un exil prolongé hors du ciel, dans des lieux de punition d'autant plus efî'rayants qu'ils étaient inconnus, personne ne murmurait, et tous les enfants songeant qu'eux-mêmes plus tard auraient besoin de maintenir la même discipline dans leur descendance, dans l'intérêt des cérémonies funéraires, commençaient par s'incliner sous l'autorité de leur aîné.
. Ainsi, en remontant à travers les âges jusqu'au berceau de l'humanité, s'explique, par l'idée religieuse, ce droit d'aînesse illogique et contre nature que l'Inde entière ap-
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tiquer l'aumône^ sont les seules qualités vraiment recommandables, celui qui les possède n'a pas d'âge devant le maître de toutes choses.
« Si le brahmatchari rencontrait même un soudra qui, arrivé à sa dixième décade (cent ans), possédât toutes ces vertus^ et les eût toujours pratiquées, il lui devrait le respect, car, comme l'or mêlé de substances viles qui se dépouille dans la coupelle de Torfévre^ le par serait sorti de l'impur.
« Il doit céder le passage aux vieillards qui ont dépassé leur neuvième décade, aux malades et à l'homme qui ploie sous le faix d'un fardeau, quelle que soit leur caste.
« Il doit toujours le céder aux brahmes qui ont terminé leurs études, à un xchatria qui a été initié, à une femme quel que soit son rang.
« Lorsque le brahme^ après avoir initié son élève, lui enseigne le Véda, les rites des sacrifices et les in-
plique encore de nos jours, qui est la base du droit social dans tout l'Orient, qu'Athènes, Sparte et Rome gardèrent jusqu'à leur chute, que la France de 89 a brisé, et qu'une foule de nations européennes, l'Angleterre en tête, conservent précieusement comme le dernier soutien de leur puissante aristocratie.
1. Nous retrouverons souvent dans Manou cette formule que le christianisme voudrait bien porter à son acquis.
vocations mystérieuses aux esprits de la nature* et aux pitris, il ajoute à son nom celui d'atcharya (instituteur) .
1. Il s'agit ici des exorcismes de l'Atharva-Véda contre les maladies, en voici un des plus curieux :
« Que le bienfaisant Agni chasse loin d'ici Takman — la fièvre, — que Soma, la pierre du sacrifice, que Varouna dont la puissance nous purifie le chassent loin de nous.
« Que cette enceinte consacrée, que ce gazon, que ces bois qui se consument le chassent loin d'ici.
« Puissent aussi nos ennemis s'éloigner comme lui.
« 0 Takman! toi qui peux faire en un instant jaunir tous les humains, comme les traits du feu qui flamboie, tu peux aussi perdre ta force fatale en t'abaissant, ente détournant comme lui.
« Le séjour de Takman ce sont les Moudjavats, son séjour ce sont les Mahâvrishas ; dès que tu nais, ô Takman, tu vas aussitôt trouver les Vahlikas.
« 0 Takman, va visiter les Moudjavats, va visiter les lointains Vahlikas, fais ta proie, si tu le veux, du soudra, tu peux tous les torturer et les anéantir.
« Épargne notre peuple, va fondre chez lesMahâvrichas, et les Moudjavats. Nous abandonnons ces régions au Takman et toutes les autres régions qu'il voudra choisir. » (M. Roth. Khanda, hymne 22.)
« Pour chasser Takman (la fièvre) qui brûle et dessèche l'homme, pour chasser Takman qui dépeuple la contrée, pendant la saison où les pluies couvrent la terre, pour chasser cet esprit mauvais qui n'a ni forme ni figure.
« Avec du beurre clarifié, du miel et du riz cuit dans du safran, fais l'image de Takman, et après avoir invoqué Indra, place-la sur la tête de celui qui souffre et Tak-
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« Le brahme qui, dans le but d'assurer sa subsistance, enseigne quelques parties des Védas, Védangas, et mentrams reçoit le nom de dupadyaya (sousprécepteur).
man s'enfuira comme les ombres de la nuit devant Sourja. » (Exorcismes de l'Atharva-Véda.)
Il est intéressant au point de vue ethnographique de rapprocher ces textes singuliers de l'exorcisme chaldéen suivant, traduit par le savant M. Oppert.
« Le Namtar (la peste) douloureux brûle le pays comme le feu — comme la fièvre il se rue sur l'homme — comme une inondation il s'étend sur la plaine — comme un ennemi il tend à l'homme ses pièges — comme une femme il embrasse l'homme — il n'a pas de main, il n'a pas de pied
— il vient comme la rosée de la nuit, comme une planche il dessèche l'homme — il lui ferme l'issue — il pervertit les sens heureux — il prend les longs... — cet homme son dieu... — cet homme, sa déesse, se montre dans son corps étendu.
« Le docteur a dit : assieds-toi — et pétris une pâte d'aromates, et fais-en rima ge de sa ressemblance (du Vamtar)
— applique-la sur la chair de son ventre (du malade) — tourne la force (de cette image) vers le coucher du soleil
— alors la force du mal s^échappera en même temps. » Tous les documents et inscriptions que nous possédons
de la Ghaldéo-Babjlonie soutiennent les rapports les plus étroits avec les hymnes, exorcismes et incantations de l'Atharva-Véda qui représentent dans le brahmanisme les superstitions de la théologie vulgaire.
Rien au contraire, dans la société chaldéo-babylonienne, ne rappelle de près ou de loin la magnifique civilisation
« Le brahme qui accomplit la cérémonie religieuse après la conception, l'ondoiement après la naissance, place sur la langue du nouveau-né le sel^ le miel et le beurre clarifié, et plus tard le dirige dans ses études, est appelé gourou — directeur.
« Celui qui est attaché au service des saints et illustres personnages, pour entretenir le feu sacré, faire les sacrifices aux dieux, et les oblations aux esprits domestiques, et purifier les fautes dont on fait l'aveu, reçoit le nom de ritwidj — chapelain ^ »
des Yédas, pas un hymne des bords de l'Euphrate ne pourrait lutter de majesté et de poésie avec ceux du Rig. Les peuplades indoues qui dans notre hypothèse colonisèrent la Ghaldée furent donc forcément des gens de basses castes qui vivaient sous le régime des superstitions grossières de l'Atharva.
Toutes les castes de l'Inde ont parlé et parlent encore des langues agglutinantes^ et l'on sait que ce fut également le caractère distinctif des primitifs idiomes chaldéo-babyloniens.
Pourquoi donc inventer les peuples fictifs du Touran, pays désolé habité par le diable, a dit le Boundesech des Parses, pour en faire les colonisateurs de la Ghaldée, alors que l'Inde ancienne présente tous les caractères ethnographiques d'une maternité incontestable ?
I. Ce texte, si curieux au point de vue des rapprochements qu'il permet de faire avec les usages du catholicisme, ji'ai point le seul dans lequel Manou ait parlé de la confession.
Voici deux autres slocas aussi concluants :
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« Tels sont les différents emplois permis aux brahmatcharis qui ont terminé leur noviciat et qui ont conquis le droit d'instruire et de diriger leurs semblables.
« L'élève ne doit jamais causer le moiîidre chagrin au brahme qui s'est imposé le devoir de Télever, de lui faire connaître la sainte Ecriture ; il doit le vénérer comme un père et une mère.
« Un gourou est dix fois plus vénérable qu'un sous-précepteur, que cent instituteurs, il est l'égal du père. Mais une ynère est mille fois plus vénérable que le père»
« Les sages prétendent même que le gourou qui initie le brahmatchari dans la science divine, doit
« Par un aveu fait devant tout le monde, parle repentir, par la dévotion, par la récitation des prières sacrées, un pécheur peut être déchargé de sa faute...
« Suivant la franchise et la sincérité de l'aveu fait par un homme quia commis une iniquité, il est débarrassé de cette iniquité ainsi qu'un serpent de sa peau. »
(Manou, liv. XI, sloca 226 et suiv.)
Gomme on le voit, les brahmes anciens avaient reçu quelques milliers d'années avec les bonzes de Rome le droit de confesser les gens.
On sait que, pendant les premiers siècles de l'Église, la confession fut publique, jusqu'au jour où la révélation du péché de fornication d'un diacre, pour employer l'expression sacerdotale, fit abolir cet usage, rétabli depuis dans le secret des églises.
être préféré au père, car la naissance spirituelle qui ouvre le swarga* au dwidja est éternelle, tandis que la naissance en ce monde est fragile et périssable.
« L'union du père et de la mère par l'amour ne donne à l'enfant qu'une existence purement humaine.
« Mais la naissance qu'il reçoit par l'initiation aux livres sacrés, par l'oupanayana, par la sâvatri est la seule véritable ; ni la vieillesse ni la mort ne sauraient l'atteindre ^.
« Il faut que l'on sache que le brahme qui procure à un enfant l'inappréciable avantage d'une seconde naissance par la science des textes révélés doit être considéré comme son père spirituel.
« Le gourou qui enseigne le Véda et les devoirs prescrits, et qui procure ainsi la naissance spirituelle, fût-il enfant, serait regardé comme le père d'un vieillard ^.
« Kavi, fils d'Angiras *, à peine âgé de douze ans.