‹ Les législateurs religieuxChapitre 32 sur 113 · Anachorètes du deuxième degré · texte numérisé non relu

Anachorètes du deuxième degré

« Ce cas n'a été élenda par les sages ni aux xchatrias ni aux vaysias ; il ne concerne que les brahmes.

« Le jeune novice doit s'appliquer à l'étude et chercher à satisfaire en tout son directeur.

« Il doit obéir à tous ses ordres, maîtriser ses sens et sa volonté, et s'appliquer à ce que son esprit soit un reflet de celui du gourou dont il reçoit les leçons.

« Qu'il ait un maintien convenable, un vêtement décent, et ne s'assoie que quand il en reçoit l'invitation .

« Que sa nourriture, ses habits et tous les objets dont il se sert soient des plus chétifs; que jamais, soit pour sortir, soit pour rentrer, il ne prenne le pas sur son directeur.

« Il ne doit répondre à une interruption de son gourou, ni couché, ni assis, ni en mangeant, ni en courant, ni de loin, ni en regardant de côté.

« Qu'il vienne auprès de lui et, debout, écoute respectueusement et réponde de même.

« Son lit et son siège doivent être le plus près de terre possible; une natte suffit.

« Qu'il évite de prononcer le nom de son gourou, et, quand il y est obligé, qu il le fasse en faisant précéder son nom de : seigneur.

« Qu'il ne se moque jamais de lui en son absence^ et ne s'amuse pas à contrefaire sa voix, ses gestes, sa démarche, ses discours.

moïse MAHOMET. 79

« S'il entend tenir de mauvais propos sur la réputation de son gourou, qu'il se bouche les oreilles et s'éloigne.

« Si lui-même calomnie son directeur, il renaîtra, à la première migration, âne; s'il en médit, chien; s'il le vole, insecte; s'il regarde sa femme avec amour, ver.

« Il ne doit jamais lui faire rendre ses hommages par une autre personne, ni quand il est irrité, ou en présence d'une femme avec laquelle il s'entretient.

« S'il est en voiture et qu'il aperçoive son gourou, qu'il descende immédiatement pour lui rendre les honneurs.

« Qu'il ne s'asseye pas avec lui contre le vent, et ne parle pas en criant, quand il est loin, pour se faire entendre.

« Si le gourou de son gourou vit encore et qu'il vienne dans la maison, le brahmatchari doit en user avec lui exactement comme s'il était son propre directeur.

« Si ses parents entrent chez son père spirituel, il ne peut les saluer qu'après en avoir reçu la permission.

« 11 doit tenir la même conduite, et vénérer tous les gens qui lui enseignent la vérité, lui donnent de bons conseils, et cherchent à l'éloigner de l'erreur.

quand bien même ils ne seraient point ses professeurs et n'appartiendraient pas à sa parenté.

« Qu'il se comporte de même avec tous les gens de bien, avec les parents et le fils de son directeur, s'il est plus âgé que lui.

* Mais il ne doit ni oindre de parfums la chevelure et le corps du fils de son directeur, ni le servir et le masser au bain, ni lui laver les pieds, ni manger ses restes.

« Si la femme de son directeur et les autres parentes qui habitent la maison sont de la même caste que lui, le novice doit les honorer à l'égal de son gourou ; mais si elles sont d'une caste inférieure, il n'est tenu que de se lever en leur présence et de les saluer.

« L'élève ne doit point accepter de servir au bain la femme de son directeur, de répandre des parfums sur elle, de la masser, d'arranger ses cheveux avec art, et de les oindre de parfums,

« Il ne doit pas non plus se prosterner devant la jeune épouse de son directeur en touchant respectueusement ses pieds, si par son âge il a déjà acquis la science du bien et du mal.

« Il est dans la nature de la femme de chercher à plaire aux hommes et à les séduire, mais les sages ne se laissent jamais aller jusqu'à céder à leurs attraits, quand cela est blâmable.

moïse MAHOMET. 81

« La femme peut détourner de rhonnêteté et de modération les hommes forts et pleins d'expérience, aussi bien que les hommes faibles et ignorants. Le joug des passions amoureuses ne nous abandonne plus dès qu'il nous a courbés sous lui.

« Il ne faut pas demeurer dans des lieux isolés, seul avec sa mère, ses sœurs, sa fille ou ses autres parentes; les sens excités par l'isolement sont si puissants qu'ils ont parfois raison de l'homme le plus sage.

» C'est ainsi que le richi Vasta, retiré dans une caverne avec ses deux filles, pour fuir la méchanceté des hommes du pays de Kota, les rendit mères toutes les deux ; et pour cela il accomplira des milliers de migrations parmi les végétaux et les animaux, avant de reconquérir la forme humaine*.

« Mais un jeune élève ignorant le mal peut, suivant le mode prescrit, se prosterner aux pieds de la jeune épouse de son directeur, et les toucher en signe de respect.

* Le brahmatchari, au retour d'un voyage, doit s'incliner dans la poussière et toucher avec respect, du front, les pieds des femmes de son père spirituel.

« L'homme qui creuse la terre sans relâche avec une pioche^ finit par rencontrer une source d'eau; de

1. La tradition de Loth serait-elle donc aussi un souvenir de la légende indoue?

même l'élève studieux et plein de zèle qui s'applique sans cesse à comprendre les leçons de son gourou, arrive à la source de la vie qui est la science.

« Qu'il ait la tête rasée, moins la touffe du sommet de la tête ; qu'il porte la tonsure seulement ou tous ses cheveux, comme les sannyassis, ou qu'il soit entièrement rasé* ; que jamais le soleil, soit qu'il se lève, soit qu'il se couche, ne le trouve endormi.

« Si le soleil se couche ou se lève sans qu'il l'accompagne de ses prières, étant déjà livré au sommeil^ il jeûnera pendant un jour entier en répétant, sans s'arrêter plus longtemps que l'espace de cinq aspirations, la prière de la sâvitri.

« Après avoir fait ses ablutions, et en état de pureté parfaite, que le brahmatchari se recueille, et, se plaçant dans un endroit purifié par l'eau lustrale, qu'il adresse, par la sâvitri, son invocation au Grand- Tout, chaque fois que le soleil se lève ou se couche. .« 11 y a des hommes sensés qui disent : Le bonheur consiste dans la vertu et la fortune.

« D'autres disent que c'est dans le plaisir et la richesse.

1. Ces modes indiquent la caste et la profession : la tonsure indique l'élève en tlicolog'ie, de caste brahme, destiné à la prêtrise ; la tête rasée moins la touffe indique le xcliatria ; les cheveux longs, le cénobite, le fakir ; la tête rasée, le vaysia.

« D'autres, dans la richesse seulement.

« Mais les sages ont dit: Le bonheur ne consiste que dans la vertu.

« Le gourou est l'image de Téternel Brahma ; le père est l'image de Viradj, le seigneur clés créatures. Mais la mère est l'image de l'immortelle vierge Nari. Le frère aîné est l'image des ancêtres.

« Le gourou, un père, une mère, un frère aîné ne doivent jamais être méprisés par le brahmatchari, même quand il ne recevrait d'eux que de mauvais traitements.

« Des siècles de dévouement ne payeraient pas un père et -une mère de ce qu'ils font pour leurs enfants.

« Que le brahmatchari se fasse une loi d'obéir toujours et sans murmurer aux ordres de ses parents et de son directeur spirituel ; par leur satisfaction, l'élève acquiert une longue existence et une bonne réputation.

« Ces trois personnes, le gourou, le père et la mère, représentent la sainte Trimourti, les Trois Mondes, les Trois Castes, les Trois Livres sacrés, les Trois Feux.

« Le père entretient perpétuellement le feu sacré de la maison, le feu dédié à l'éternel Brahma, appelé Gàrapathya. La mère entretient le feu des céiénio-

nies, et des oblations consacrées aux pitris * appelé Dockchina. Le gourou entretient le. feu des sacrifices religieux, appelé Ahavanya.

« Celui qui n'oublie pas la vénération qui leur est due verra son âme se dépouiller rapidement, en passant par les Trois Mondes, et, brillant de l'éclat le plus vif, parvenir au séjour céleste.

« Par son respect envers sa mère, le brahmatchari se dépouille de son enveloppe terrestre ; par son respect envers son père, il se dépouille de la forme plus subtile qu'il revêt dans l'atmosphère ; par son respect envers son directeur, il devient plus léger, plus pur encore, et monte au séjour de Brahma.

« Quiconque n'honore pas ces trois personnes, est incapable d'accomplir une action méritoire.

« Pendant la vie de ces trois personnes, le brahmatchari ne doit avoir d'autre occupation que de leur obéir, d'autre devoir que de leur être soumis, mettant toute sa gloire à prévenir leurs désirs.

« La vénération de ces trois personnes est appelée, par l'Écriture sainte, le premier des devoirs ; tous les autres sont considérés par les sages comme secondaires.

« La foi accomplit des merveilles; quiconque la possède peut être instruit des choses qu'il ignore par

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