Mânes des ancêtres
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un vil soudra, apprandrn à connaître la vcrlu d'un homme vil, et recevoir une épouse charmante d'une famille méprisée.
«c On peut retirer de l'amrita du poison, recevoir d'un enfant un conseil salutaire, apprendre d'un ennemi des choses utiles e .extraire de Torde métaux impui^
« Les femmes, l'or, les choses précieuses^ la vertu, la pureté, la science, un bon conseil et tout ce qui est utile et beau, doivent être reçus d'où qu'ils viennent.
« En cas de nécessité absolue, il a été reconnu par les sages qu'on pouvait étudier la sainte Écriture avec un professeur qui n'appartienne pas à la caste des brahmes; alors la soumission lui est due pendant tout le temps de l'éducation.
» Mais le brahmatchari ne peut, s'il veut sanctifier son âme et tenir son corps dans un état de pureté complète, rester pendant toute sa vie auprès d'un professeur qui ne serait pas brahme, ou qui, étant brahme, aurait une conduite réprouvée par les gens de bien.
« S'il désire rester toute sa vie auprès de son directeur spirituel, l'aimer, le servir, jusqu'à la désagrégation de son âme et* de son corps, il le peut si le gourou remplit les conditions exigées, et si le brahmatchari respire dans sa maison un air chargé
de chasteté, de douceur, de bonté et de vertu.
« Le novice qui se sera soumis, pendant tout le temps de son éducation, aux volontés de son directeur; qui^ après avoir reçu l'initiation sacrée et tous les sacrements qui y sont attachés, aura ensuite étudié à fond le Yéda, les sciences m.ystérieuses, et surtout les mentrams auxquels obéissent même, les Dieux * ;
1. L'édifice rehgieux du djeïnisme et du brahmanisme repose tout entier sur la prière (en sanscrit, mentram). Aucune puissance céleste, fût-ce même le mystérieux Swayambhouva, ne peut résister à une invocation faite à propos, et chaque matin, au sacrifice de l'aswamedha, le prêtre qui officie fait descendre sur l'autel, par la vertu d'une prière, le dieu Vischnou, seconde personne de la Trimourti, incarné dans Cliristna. Armé de ses mentrams ou oraisons, le pouvoir du prêtre brahme est sans bornes. C'est ce qu'exprime ce sorite sanscrit que l'on trouve gravé sur le salagrama des vieilles pagodes du sud de rindoustan, et que nous avons relevé à Ghclambrum. Dévadinam djagat sarvam, Mantradinam ta devata.
Tan mantram brahmanadinam :
Brahmana marna dêvata.
Tout ce qui existe est au pouvoir des dieux, Les dieux sont au pouvoir des mentrams, Les mentrams sont au pouvoir des prêtres
brahmes :
Donc les dieux sont au pouvoir des brahmes. D'après le Brahmatara-Kanda^ vieux poëme indou t.omposé en l'honneur de Siva, troisième personne de la Tri-
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« S'il n'a jamais négligé de réciter les prières du soir et du matin, la face tournée du côté du soleil levant et du soleil couchant; s'il a, chaque jour, récité la sainte invocation de la sâvitri ;
« S'il n'a jamais négligé de prononcer, dans le silence des bois, sur les bords des claires fontaines, au milieu du calme des nuits, l'invocation infinie contenue dans le mystérieux monosyllabe: Aum;
« S'il n'a jamais oublié ses ablutions corporelles,
mourti (trinité), les mentrams ont été donnés à l'homme comme un moyen de rester en communication constante avec la divinité, et c'est ainsi que les sages, les sannyassis, les vanaprasthas parviennent à attirer à eux une partie delà puissance du dieu qu'ils invoquent.
Le miracle est né de la prière.
L'extrait suivant de l'ouvrage que nous venons de citer énumère les vertus des mentrams :
« Les prières sont plus agréables à Zeous ouZyaus, que l'encens et les cinq parfums (pantclia-amarita).
« Les prières sont la nourriture des dieux.
<< Les prières purifient tout : la terre, l'eau, le feu, l'air et rétlier.
« Les prières chassent les démons et les génies malfaisants.
« Les prières effacent les péchés.
« Les prières calment les penchants aux plaisirs sensuels.
« La prière est supérieure au A^éda. — Ce texte est peutêtre le seul que l'on puisse rencontrer, dans les livres sacrés des Indous, qui place les mentrams au-dessus des Védas.
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qui effacent les souillures du corps, et ses ablutions spirituelles, par l'aveu et la pénitence, qui effacent les péchés ;
«c S'il n'a jamais négligé de faire l'aumône et do mendier lui-même sa nourriture, s'il a fui la colère, l'orgueil, l'envie, la médisance ; s'il a su se conserver chaste ;
«c S'il a accompli les dix vertus dont les sages apprennent que se compose le devoir;
« Celui qui donne son existence à la prière est exempt de chagrms et de craintes, il n'a rien à appréhender des souffrances du naraca (enfer).
« La prière est un refuge assuré, même pour ceux qui ne la comprennent pas, et elle leur procurera une éternité de bonheur.
« Sans prière, nul ne parviendra à interrompre le cours des transmigrations, et à s'absorber dans le sein de Brahma.
« C'est le cerveau qui reçoit la pensée, et la pensée est fixée parla parole, la pensée et la parole doivent se purifier constamment par la prière, etc.. »
Le Brahmatara continue ainsi pendant plusieurs centaines de slocas, dont la citation nous paraît superâue. Ces quelques lignes suffisent à indiquer ce que fut la prière antique, et combien il est peu scientifique de croire que le mosaïsme et le christianisme n'ont pas eu de précurseurs.
Le Karanany-yoya, troisième Véda du djeïnisme, contient également de nombreuses stances sur la prière, elles sont plus spiritualistes encore que les précédentes :
« La prière est un parfum qui réjouit le Djeïnessouara comme la lumière réjouit nos yeux.
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« Il est assuré d'un bonheur éternel, cette terre ne verra plus son âme venir s'envelopper dans sa grossière substance.
* Pendant tout le temps que dure son éducation, le brahmatchari ne doit faire aucun présent, de quelque nature qu'il soit, à son directeur; mais, sur le point de le quitter et de faire l'oblation du départ, qu'il lui offre ce qui est en son pouvoir de lui donner.
« Une terre, une maison, de l'or, une vache, un cheval, un parasol, des sandales, un siège, du riz, de simples herbes potagères, qu'il laisse à son vénérable directeur un souvenir selon sa fortune.
« Si son directeur spirituel vient à mourir, le
« La prière est un souvenir constant que l'âme a conservé du swarga (ciel).
« Parla prière et la contemplation, l'âme se dépouille peu à peu de son enveloppe mortelle et s'absorbe dans l'âme suprême.
« Celui qui prie est consolé s'il pleure, est guéri s'il souffre. La prière donne l'immortalité. »
(Karanany-Yoya,)
La prière, qui purifie le simple mortel, confère aux pénitents et aux prêtres le don des miracles ; les ouvrages indous sont pleins de légendes dans lesquelles on voit des possédés du démon, des sourds, des boiteux, des aveugles, des morts même guéris ou ressuscites par la puisssance de mentrams célèbres récités par de saints personnages.
I e prières les plus célèbres dont usaient les anciens thaumaturges de l'Inde, étaient :
brahiïiatchari qui veut passer sa vie dans l'étude et la méditation de la sainte Écriture, doit se conduire, avec le fils aîné de son gourou, s'il est vertueux, et avec sa veuve, comme il le faisait avec son vénérable professeur.
« Si ni le fils, ni Tépouse, ni un parent paternel du gourou ne sont vivants, que l'élève devenu sûa-
La sâvitri, dont nous avons donné une traduction dans la note 1, p, 52.
Le namah-sîvaya, ou salut à Siva, sorte de litanies exaltant les mérites, la bonté, la puissance de la troisième personne de la trinité,
Et le mystérieux monosyllabe aum ! dont chacune des lettres représente une des personnes de la trimourti.
Rien ne pouvait résister au pouvoir de ces trois înentrams.
Nous disons rien ne pouvait, caraujourdhui, hélas! dans l'Inde, comme ailleurs, le miracle n'a plus cours ; les vertus efficaces et les effets si vantés des mentrams ne se laissent plus apercevoir, et beaucoup d'Indous eommencent à désespérer de leurs dieux en voyant leur impuissance. De temps à autre les pieux fainéants des pagodes, pour attirer les dons et les offrandes dans leurs repaires sacrés, viennent, il est yrai, annoncer au peuple quelque guérison ou quelque apparition miraculeuse, mais ils ont toujours soin que le fait n'ait pu avoir d'autres témoins qu'eux-mêmes, ou quelques humbles fiolla ou kourouba, bergers ou gardiens de chèvres, tout glorieux d'ordinaire du rôle que les prêtres leur font jouer. Eternelles et misérables jongleries sacerdotales, toujours les mômes dans tous les temps et dans tous les lieux.
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taca *, qui a terminé ses études, s'installe dans l'ermitage de son gourou, et, les yeux fixés sur la délivrance finale, qu'il continue les exercices pieux et à entretenir le feu sacré.
« Le brahme qui continue à vivre ainsi après l'achèvement de son noviciat, se prépare à atteindre la condition suprême : il ne renaîtra plus sur la terre ^ ! »