Repas funéraire
Dans la littérature sanscrite sraddhâ est la personifîcation de la prière.
« Le matin nous appelons sraddhâ, nous l'appelons à midi, nous l'appelons au coucher du soleil; ô sraddhâ, fais que nous soyons pleins de toi. »
(Rig-Véda.)
moïse MAHOMET. 145
son aïeul paternel ou maternel^ ou le prêtre qui offre les sacrifices pour lui.
« Tous les brahmes peuvent offrir les sacrifices aux dieux, mais le sacrifice aux mânes des ancêtres qui attendent la purification dans les cieux inférieurs ne peut être offert que par un brahme très- pur luimôme.
« Les brahmes qui se sont rendus coupables de vols ou de grands crimes , ceux qui professent l'athéisme et le matérialisme ne doivent être priés à aucune cérémonie,
« Ceux qui n'ont pas passé par le noviciat, qui ont négligé l'Etude de l'Ecriture sainte, ceux qui ont été circoncis et qui se trouvent ainsi rejetés dans la classe impure des tchandalas. Ceux qui font métier pour les soudras, ceux qui ne peuvent lire que de droite à gauche^ ne doivent pas être priés aux cérémonies funéraires*.
« Les charlatans , les prêtres qui adorent des
Le ropas funéraire n'étant qu'une longue suite d'oblations et de prières, a reçu sans doute pour cela le nom de sraddhâ.
1. Ce texte curieux vient à l'appui de notre hypothèse, que les prétendus Sémites ne seraient que des descendants des tchandalas indous. Nous avons exposé plus haut la raison de ces singulières coutumes dans la note-étude sur les tchandalas.
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idoles, ceux qui débitent de la viande hors les cas prescrits pour les sacrifices, tous ceux qui vivent d'un commerce infâme doivent être exclus de toute cérémonie.
« Les valets de ville, les lépreux, ceux qui sont frappés d'éléphantiasis, le brahme qui n'entretient plus le feu sacré, celui qui vit du prêt à usure.
« Le frère marié avant son aîné, ceux qui castrent les bestiaux, le bralime qui n'accomplit pas chaque jour les cinq oblations, celui qui vit aux dépens des autres.
« Les danseurs de profession, celui qui viole son vœu de chasteté, le mari infidèle, celui qui épouse une femme de la caste servile, celui qui vit de l'inconduite de sa femme et de sa fille.
« Ceux qui n'enseignent la sainte Ecriture que moyennant salaire, les soudras, l'enfant adultérin, celui qui quitte son père ou sa mère, qui s'allie à des gens de mauvaise réputation.
« L'incendiaire , l'empoisonneur , le meurtrier, ceux qui mangent de la nourriture impure, les fauxtéfmoins, les marchands de liqueurs fortes, les courtisans, les adulateurs delà puissance.
« Le fils qui ne respecte pas son père, celui qui tient une maison de jeux de hasard, celui qui trompe son ami.
« L'épileptique^ l'homme affligé de maladies hon-
MOISIi — MAHOMET. Vil
teuses, les astrologues et sorciers ambulants, ceux qui font battre des oiseaux, les dompteurs d'animaux féroces, les maîtres d'armes.
« Celui qui détourne le cours des ruisseaux pour nuire à la récolte de ses voisins, les espions,
« Les dresseurs de faucons pour la chasse, celui qui a séduit une jeune fille, le brahme qui fréquente des soudras , le brahme qui sacrifie à des divinités cruelles, celui qui adore des dieux inconnus^
« Celui qui n'a pas de bonnes mœurs, qui ne se conforme pas aux usages établis, qui se joue de sa parole la donnant à tout propos sans la tenir, ceux qui portent les morts au bûcher.
« Tous ces hommes qui ne sauraient être reçus dans la société des gens de bien, doivent être soigneusement éloignés des cérémonies funéraires que leur seule présence pourrait seule souiller.
1. En lisant la nomenclature de tous ces gens qui ne doivent pas être priés aux repas funéraires, charlatans, usuriers, danseurs, hommes qui vivent de métiers infâmes, courtisans, ceux qui tiennent des maisons de jeu, ceux qui font battre les oiseaux, les sorciers, les maîtres d'armes, les dresseurs d'animaux féroces, et de faucons, on voit coiûbien est puissant l'empire de la tradition, et à quel point, dans nos préjugés contre certains métiers, comme dans la physionomie particulière de certaines manières de vivre dégradantes, nous avons conservé les habitudes de nos ancêtres.
« Il ne faut, à ces cérémonies destinées à purifier les mânes de leurs dernières souillures, et à leur ouvrir le swarga, que des gens purs.
« Écoutez : ce qui résulte de l'admission des hommes aux sacrifices aux dieux, aux offrandes et oblations aux saints, et aux cérémonies funéraires en l'honneur des mânes.
« Tous ces sacrifices^, oblations, offrandes, cérémonies sont repoussés par les dieux et les saints et ne profitent pas aux mânes , pour le salut desquels ils sont offerts ; ils toarnent au profit des rakchasas *.
« Le frère cadet qui accomplit la cérémonie nuptiale alors que son frère aîné n'est pas marié, descend droit au naraca après sa mort.
« La jeune fille qui s'est mariée ainsi, sachant que le frère aîné n'était pas marié, le père qui l'a donnée, le prêtre qui a célébré la cérémonie, ont tous trois le même sort.
« Celui qui, remarié avec la veuve de son frère pour procurer au mort un fils qui puisse accomplir sur sa tombe les cérémonies funéraires , et qui ne songe qu'à assouvir ses passions va au nacara ^.