‹ Les législateurs religieuxChapitre 54 sur 113 · Directeur spirituel · texte numérisé non relu

Directeur spirituel

« Celui qui accepte des présents qu'il n'a pas mérités par son savoir se met dans un cas aussi mauvais que celui d'une vache dans un bourbier.

« L'hypocrite qui pour mieux cacher ses vices parle toujours de sa vertu, qui pour mieux fronder parle toujours de sa bonne foi, ainsi que fait un poltron de son courage,

« Celui qui ne vous regarde pas en face, affecte des manières doucereuses, ceux qui agissent par surprise seront précipités dans l'andhatâmisara.

« Celui qui se pare des signes d'une caste qui n'est pas la sienne, renaît dans le corps d'un fauve, chargé de toutes les fautes de la caste dont il a usurpé les distinctions.

« Qu'un brahme ne se baigne jamais dans des étangs d'ablution appartenant aux autres, car il prendrait toutes les souillures laissées par les étrangers,

« Qu'il fasse le plus possible ses ablutions dans les étangs consacrés aux divinités, ou dans les ruisseaux et les torrents formés par les eaux pures de la pluie et des sources.

« Quelle que soit la reconnaissance que l'on doive aux dieux, les devoirs moraux doivent passer avant les devoirs pieux.

« Que le brahme n'accepte jamais d'assister à un sraddha funéraire offert qui ne connaît pas le Véda

ou à un repas offert par une femme on un eunuque.

« Les offrandes de beurre claritié, de miel et de caillé, faites aux dieux par des gens de cette sorte, ne portent pas bonheur aux hommes vertueux qui y assistent.

« Qu'il n'accepte jamais d'aliments des gens déclarés impurs par le Véda, les courtisanes, les voleurs, les charlatans, les chanteurs publics, les usuriers^

« Les avares, les esclaves, les prisonniers, les eunuques, les femmes impudiques^ les soudras, les chasseurs, les hommes corrompus^ les femmes qui ont leurs fatiguer mensuelles, les faux témoins, les danseurs, les acteurs,

« Les maîtres d'armes, les blanchisseuses, les barbiers, les teinturiers, un ennemi, un être dégradé.

« Qu'il se garde de toute nourriture flairée par un chien, laissée par un autre, ou offerte à un mort ou donnée par un médecin.

« Cependant les sages ont dit qu'en cas de détresse extrême, toute nourriture est purifiée par les bonnes oeuvres et par la foi.

« Que le brahme évite par-dessus tout de faire du mal à aucun être animé, et qu il augmente sans cesse la somme de ses bonnes actions comme des cariahs augmentent leur demeure, s'il ne veut arriver dans l'autre monde les mains vides.

« Son père, sa mère, son fils, sa femme, ses parents l'accompagnent au bûcher, mais ne le suivent pas dans l'autre monde, seule la vertu ne l'abandonnera pas.

« L'homme naît seul, meurt seul, seul est récompensé de ses bonnes actions, et châtié seul de ses crimes.

« Dès que sa dépouille mortelle est livrée au bûcher ou à la terre comme un tronc d'arbre ou un morceau d'argile, les parents le quittent, mais la vertu suit son âme.

« Celui qui a amassé une grande quantité de bonnes actions, et qui s'est purifié de ses fautes par des austérités méritoires, passe dans les mondes supérieurs où il revêt une forme plus parfaite.

« Après avoir accompli ses devoirs envers les dieux par l'étude de l'Écriture sacrée, envers les ancêtres par la procréation d'un fils, pour la perpétuité des cérémonies funéraires^

« Que le grihasta se désintéresse des choses de ce monde et abandonne à son fils la direction de sa maison.

« Recherchant la solitude, qu'il s'abîme dans la contemplation de l'âme suprême dans laquelle il ira s'absorber pour goûter le bonheur suprême.

« Ainsi ont été déclarées les prescriptions auxquelles doit soumettre sa conduite celui qui a terminé son

moïse — MAHOMET. 209

noviciat pour entrer dans l'ordre des maîtres de maison.

« C'est en ne s'en écartant jamais que le brahme instruit dans le Véda se débarrasse peu à peu de son enveloppe mortelle, et des infirmités qui la souillent, et revêt une forme brillante de lumière au séjour de Brahma^

1. Ce quatrième livre de Manou est beaucoup plus concis, dans le texte des pagodes du sud de l'Indoustan que dans les manuscrits du nord, qui répètent dans une foule de slocas, les mêmes prescriptions.

WUISE — MAHOMET. 21

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