Œgle marinelos
prière d'un enfant et la fumée des sacrifices sont toujours purs.
« Toutes les ouvertures du corps au-dessus du nombril sont pures, toutes celles au-dessous sont iuipures, seul le corps entier de la jeune vierge est pur.
» Rien n'est plus pur que la lumière du soleil, l'ombre d'une vache, l'air, l'eau, le feu et l'haleine d'une vierge ^
« Ainsi ont été établies les règles des choses pures et impures et les modes de purification , écoutez maintenant ce qui regarde spécialement les femmes.
« Les jeunes filles, les femmes marié-^s, les veuves ne peuvent jamais se conduire d'après leur seule volonté, dans l'intérieur de leur demeure ou publiquement.
« Dans l'enfance la femme obéit à son père, ensuite elle dépend de son mari, veuve elle est sous la tutelle de ses fils.
<' Que la femme mariée ne souffle jamais la désunion entre son mari et ses fils , elle ne pourrait pas commettre sur la terre une faute qui sera plus fortement châtiée dans l'autre.
1. li est singulier de remarquer, à quel point l'Inde eut le culte de la femme vierge; il y a dans la littérature brahmanique toute une série d'épopées de chevalerie à faire pâlir les romans du moyen âge.
moïse MAHOMET. 227
« Qu'elle soit d'humeur égale, point acariâtre et conduise bien sa maison, soigne les objets du ménage, et n'ait pas la main trop ouverte pour la dépense.
« Qu'elle aime et serve partout sa vie et vénère après sa mort le mari à qui elle a été donnée par son père ou son frère aîné.
« Les cérémonies religieuses, lesoblations et lessacrifices dans les mariages appellent sur les époux la bénédiction des dieux, mais là dati 07i delà, femme au mu ri par le père crée seule le droit.
« Lorsque le mariage a été convenablement célébré avec les cérémonies habituelles, le mari rend sa femme heureuse en ce monde et prépare son bonheur dans l'autre.
« Que la femme révère son mari à l'égal d'un dieu quand bien même sa conduite serait condamnable et qu'il se livrerait à d'autres amours ^
« La loi n'a ordonné aux femmes en particulier aucunes pratiques pieuses, aucun sacrifice ou jeûne, Ta-
1. Quelle étude on pourrait faire sur le droit ancien qui a régi la situation sociale de la femme, et combien de superstitions ridicules, d'absurdes prescriptions légales même n'ont pas encore disparu de nos mœurs et de nos lois, qui n'ont pas d'autre origine que les vieilles coutumes de l'Orient. On peut dire que chez nous, de sa naissance à sa mort, la femme est encore en perpétuelle tutelle. Triste
mour de son mari lai procurera le bonheur dans le ciel.
« La femme de bien, qui désire parvenir avec son mari au séjour céleste, ne doit rien faire contre sa volonté, ni avants ni après sa mort.
« Quand elle a perdu son mari, qu'elle revête le pagne blanc des veuves, livre son corps aux mortifications, ne vive que de fruits et de racines et se garde de prononcer le nom d'un autre homme.
« Qu elle soit jusqu'à l'heure suprême chaste et sobre comme un brahmatchari , accmplissant ses devoirs pieux, et attende le moment avec résignation.
« Des milliers de brahmes qui ont fait le voeu de chasteté et n'y ont jamais manqué sont parvenus au ciel sans le secours des prières d'un fils.
« Comme aussi la femme qui, après la mort de son mari, vit dans la plus parfaite chasteté, va au ciel bien qu'elle ne laisse pas de postérité.
« La veuve qui pour obtenir des enfants est infidèle, hors les cas permis ^ à la mémoire de son mari,
conséquence morale, elle n'est complètement émancipée que par le veuvage.
1. Nous aurons occasion dans le XP livre d'étudier spé • cialement cette curieuse exception.
méprisée ici bas des gens de bien sera exclue du séjour céleste.
« La femme n'a d'enfant légitime qu'avec son mari, la femme n'est pas un champ banal que tout le monde ensemence, aussi, hors les cas permis, la femme n'a pas reçu de ce code le droit de prendre un second mari.
* Toute femme qui délaisse son mari parce qu'il est d'une caste infime pour s'attachera un homme d'une cnste supérieure ne mérite que le mépris et sera flétrie du nom de parapourva ^
« La femme adultère^ méprisée dans ce monde, renaîtra après sa mort dans Je ventre d'un chacal immonde, ou sera frappée d'éléphantiasis ou de lèpre.
« Celle qui pendant sa vie entière n'a offensé son époux ni par pensée, ni par action, reçoit en récompense le titre de femme vertueuse par les gens de bien et obtient au séjour céleste la même demeure que son époux.
« Lorsqu'une pareille femme meurt avant son mari, que ce dernier acomplisse pour elle les mêmes cérémonies qui seraient faites pour lui-même, et que son corps soit brûlé avec le feu sacré et les instruments du sacrifice.