SUPÉRIEURES DANS LES CIRCONSTANCES DIFFICILES
• Les membres des trois castes supérieures^ les brahmes, les xcbatrias et les vaysias, ont seuls droit au titre de dwidja , c'est-à-dire de régénéré par la naissance spirituelle*. Les soudrasne reçoivent pas Tinîtiation religieuse. Quant aux classes mêlées, elles ne sont pas reconnues comme formant une cinquième caste.
« Nul n'appartient à une caste, s'il n'est né dans Tordre direct d'un père et d'une mère appartenant à cette caste, et la mère s'étant mariée vierge*
* Les fils de dwidjas et de femmes de castes inférieures sont bien dits fils de leurs pères, mais la basse naissance de leur mère enlève leurs privilèges de caste.
1. Par les sacrements de purification et d'initiation qui donnent à celui qui les reçoit le titre de dwidja ou deux fois né.
« Ils sont rejetés dans la classe impure des Ichandalas; ainsi le veut la loi.
« Pour ces classes abjectes, il n'a été établi aucunes prescriptions, et leurs membres ne peuvent exercer que des métiers serviles et méprisants.
• Qu'ils soient dompteurs d'éléphants, charlatans, maîtres d'armes, professeurs de danse et de musique, qu'ils sonnent les cloches, châtrent les bestiaux ou portent les morts impurs;
« Bateliers, vanniers, ouvriers en bambou; qu'ils fabriquent les ouvrages de terre, les briques^ mais qu'ils se gardent de tous les métiers réservés aux honnêtes gens*.
« Les gens de castes supérieures peuvent aussi tomber au niveau des tchandalas, par le mépris des brahmes, des sacrements et de la sainte Écriture.
« C'est en négligeant les prescriptions de la loi que beaucoup de xchatrias sont descendus au-dessous des soudras, et ont été obligés de fuir la terre sacrée*.
1. Quelques-uns de ces métiers sont restés méprisés, d'autros infimes dans la traduction indo-européenne.
2. India, la terre du lolus arrosée par le Gange. Ce sloca et le suivant fait allusion aux nombreuses émigrations de guerriers qui quittèrent Tlnde à la suite de leurs luttes avec les brahmes.
« Ils sont devenus les pondracas, les odras, les dravidaSy les cambodjas, les yavanas^ les sacas, les paradas, les pahlavas, les tchinas, les kirâtas, les daradas et les klasas^
« Les tchandalas naissent de l'inceste de Tadullère et du crime, ils ne pfîuvent avoir pour vêtements
1. Ce sioca do Manou donne raison à notre système sur les émigrations de Tlnde. Les brahmes sont communément d'avis qu'il n'existait pas dans le Vriddha-Manava ou ancien Manou, et qu'il a été interpolé à l'époque des grandes émigrations.
D'après tous les commentateurs indous, William Jones, Colbrook et Wilson, ces races émigrées ont été déterminées de la manière suivante :
Les Pondracas seraient les Mâhrattes du Beliar.
Les Odras Les Dravidas Les Cambodjas Les Yavanas Les Sacas Les Paradas Les Pablavas Les Tchinas Les Daradas Les Kbasas
les Ourîyas de la côte d'Orixa.
les Tamouls du Goromandel.
les Cambodgiens de rindo-Chine.
les Grecs d'Ionie.
les Saces.
les Paropamisiens.
les anciens Parses.
les Chinois.
les Durdes.
les Cachemiriens.
M. Rémusat a signalé une difficulté à propos dos Tchinas, ancêtres des Chinois.
D'après lui, le premier prince de la dynastie Thsin qui a donné son nom à la Chine, n'ayant commencé à régner que
que les habits des morts» pour plats que des pots brisés.
« Pour parure du fer, pour culte celui des mauvais génies ; qu'ils soient chassés des villages et vaguent sans cesse d'un lieu à un autre.
« Que nul homme des quatre castes n'ait avec eux aucun rapport en dehors des cas permis*, ils ne peuvent se marier qu'entre eux.
« Il est interdit aux tchandalas de faire aucune cérémonie funéraire en l'honneur des mânes, des ancêtres, et de se réunir en village,
« D'observer entre eux les différences de castes, d'y attacher des privilèges^ d'offrir les sacrifices et les oblations à l'eau et au feu, des faire les ablutions prescrites.
24G ans avant notre ùre, les Chinois n'ont pu ôtro désignés sous le nom de Tchinas dans les lois de Manou antérieures à cette époque de plusieurs milliers d'année?.
La difficulté n'est que spécieuse, et ne peut môme être soulevée qu'à condition d'émettre cette opinion que Thsin a donné son nom à la Chine, opinion d'hjpothôse pure qui n'est basée que sur la ressemblance des noms, et qu'aucun document historique sérieux ne vient confirmer ; il serait aussi logique d'admettre que les princes de cette dynastie se faisaient appeler les rois des Tchinas ou roi de Thsin, comme on dit rois des Français ou roi de France.
1. Pour des marchés de briques, et autres ouvrages réservés aux tchandalas.
« Il leur est interdit de prononcer le nom de Brahma, l*ôtre existant par* lui-môme, et le mystérieux monosyllabe.
« De lire, de copier et d'enseigner le Véda, d'écrire de gauche à droite, qui est le mode réservé aux hommes vertueux des quatre castes, et pour la transcription de TEcriture sacrée,
« Pour les actes entre eux ou pour constater les louages de service pour Tenlôvement des immondices et des cadavres en putréfaction, et pour les marchés de briques,
« Il leur est interdit d'écrire de la main droite, et autrement que de droite à gauche. La main droite est la main pure réservée aux sacrifices, aux dieux et aux oblations que les gens des castes reconnues ont seuls le droit d'ojffrir *•
« Que par ordre du roi ils exécutent les condamnés à mort ; les vêtements, meubles et parures des com-
1. Ces prescriptions do Manou, renouvelées dans un rescrit célèbre, appelé l'acte de Pratichta, ont été appliquées dans rinde chaque fois qu'une trop grande augmentation de population faisait craindre aux bxahmes que les dôcastés ne devinssent une nation dans la nation. Les Egyptiens agirent de même avec leurs tchandalas, c'est-à-dire . les Hébreux.
damnés leur appartiennent. Telle est la loi qui concerne les tchandalas *.
« Écoutez maintenant quelles, sont les pratiques imposées aux brahmes qui veulent parvenir au séjour céleste et qui sont au nombre de six :
« 1° Étudier la sainte Écriture; 29 l'enseigner aux autres castes; 3^ offrir les sacrifices; 4^ assister les autres castes dans leurs cérémonies; 5*^ faire l'aumône ; 6° la recevoir.
« De ces six pratiques, trois servent au brahme à
1. Dans le texte de Manou dont se servent les brahmes du nord, ces prescriptions ont été un peu adoucies par un esprit plus tolérant et par cela même plus moderne. Ainsi il établit des catégories d'impuretés entre les différents tchandalas, et distingue entre ceux qui ont eu pour père dos brahmes, des xchatrias, des vajsias ou des soudras. Les textes du sud de Tlndoustan, sans conteste plus purs, n'admettent aucunes différences, quelle que soit leur origine, entre les gens sans caste.
N'oublions pas que pendant la longue domination musulmane, dans le nord do l'Indoustan, les livres sacrés dont il était défendu aux Indous de faire usage s'étaient perdus, et qu'à des époques plus tolérantes ils ne furent restitués qu'à l'aide dos textes du sud. Mais alors Manou dut subir de nombreuses interpolations, pour ne pas rejeter entièrement les gens des castes mêlées hors de la société, gens dont le nombre s'était singulièrement augmenté par ce -fait que les musulmans, pendant plus de cinq siècles, refusèrent de reconnaître les castes et de protéger cette institution.
moïse — MAHOMET. .V29
se procurer sa nourriture : 1^ l'enseignement du Véda; 29 la direction des cérémonies; 3*^ l'acte de recevoir l'aumône d'un homme de bien.
« Ces trois pratiques sont réservés aux seuls brahmes» et ne concernent pas les autres classes.
« Le xchatria vit de son épée, et le vaysia du commerce, mais les trois autres modes leur sont permis: étudier le Véda, offrir le sacrifice, et recevoir l'aumône.
• Le brahrae en temps de détresse peut accomplir l'ofiBce du xchatria, s'il ne peut vivre autrement, il peut môme pour ne pas mourir de faim faire le commerce. De môme le xchatria.
« Mais que le brahme et le xchatria réduits à vendre et à acheter par la nécessité s'abstiennent de vendre des sucs végétaux, des grains, des bestiaux, du sel, des luzernes,
« Du riz cuit, des pierres, des étoffes rouges, du chanvre, de la laine, des fruits, des racines et des plantes médicinales,
« De l'eau, des armes, de la viande, du poison, du soma*, des parfums, du lait, du miel, du beurre, de la cire^ du sucre, du fourrage séché^
« Des bêtes féroces, ou autres animaux des déserts.