PHALÈNE BUCÉPHALE
P1IALEBA BUGEPHALA, hubner.
B U F F ■ T I P< — LINDEi'SPlilVKn,
Ochsenh., t. III, p. 235. — Esper, t. III, pl. XXII, fi g. 1. — Boisd., p. 88.— Bombix bucephala, Esp.— Pygæba bucephala, Och.— Phalæna lunata, Retz.—P. bucepiiala, Linné.
Cette phalène est répandue dans toute l’Europe et dans une partie de la Sibérie. On la trouve en Russie, en Laponie, en Suède et en Norvège; elle est commune dans quelques contrées de l’Allemagne, en Hollande, en Belgique, en Grande-Bretagne, en France et en Italie.
La chenille se tient de préférence sur le tilleul ( Tilia europœa ), l’aulne (Alnus glutinosa) , le chêne (Quercus robur), le saule blanc (Salix alba), le charme (Carpinus behilus), le bouleau (Belula alba ), l’érable (Acer campestré) , le peuplier d’Italie (Populus fasligiatd) et le hêtre ( Fcigus sylvaticà). Cette chenille cause quelquefois de grands ravages aux allées de tilleuls, aux hêtres et aux bouleaux, comme, par exemple, en 1852 sur l’île de Rugen, où des hêtres plantés dans un bois d’environ 1,500 arpents furent entièrement dénudés par ces chenilles. La femelle dépose ses oeufs sur les plantes nourricières; ils sont verts avec la partie supérieure blanche, au centre de laquelle se trouve un petit point d’un vert foncé. Les jeunes chenilles ont la tète trèsforte, mais, après plusieurs changements de peau, elle est proportionnée au corps. Lorsqu’elles sont jeunes, ces chenilles enveloppent l’extrémité des branches d’un tissu très-fin dans lequel elles se tiennent; au moindre mouvement qu’on imprime à ces branches, elles abandonnent leur nichée en se laissant descendre au moyen d’un fil. Dès le point du jour, elles sont très-remuantes, et se mettent immédiatement à manger en se rangeant les unes à côté des autres sur les feuilles, dont elles ne rongent que l’épiderme. Plus tard, elles se dispersent sur les arbres, où on s’aperçoit bientôt de leur présence par les feuilles rongées. Au mois d’août et de septembre, elles ont acquis toute leur croissance, et entrent en terre, où elles se chrysalident sans aucune matière protectrice. Dans le mois de mai ou de juin de l’année suivante, cette belle phalène abandonne son quartier d’hiver, pour se livrer à ses évolutions aériennes.
sur l'Orme.
GASTROPACHA NEC STRIA, ochsenbeimee.
IL A CI K E If. — O AC MRI SCEL'SI’IHIEB,
Ochsenh., t III, p. 296. —Esper, t. III, fig. 1. — Phalæna neustria, Linné. - Bombyx
NEUSTRIA, HÜb. — B NEUSTRIA VULGARIS, MÜll. —B BILINEATUS, HflW. VRr. —CLI-
siocampa neustria, Step. — Lasiocampa neustria, Schrank.
Ce gaslropache se trouve dans toute l’Europe et les contrées limitrophes de l’Asie. On le voit principalement en Laponie, en Suède, en Norvège, en Allemagne, en Hollande, en Grande-Bretagne, en Belgique et en Italie. Dans certaines contrées, il est assez rare, tandis que dans d’autres, on le trouve en telle quantité, qu’il y devient un véritable fléau ; il se tient aussi bien dans les plaines que dans les régions montagneuses.
La femelle dépose ses œufs au nombre de trois à quatre cents sur les arbres fruitiers, ainsi que le prunier sauvage ( Prunus spinosci), le framboisier (Riibus idœus), la ronce (R. frnticosiis) , le sorbier (Sorbus aucuparia) , le chêne (Quercus robnr ), la rose sauvage (Rosa canina ), le hêtre (Fagtis sijlvatica), l’orme (Ulmus campestris), ainsi que sur plusieurs autres espèces d’arbres. Ces œufs, disposés en anneaux autour des branches, sont agglutinés les uns aux autres et recouverts d’une matière vernissée, On comprend que si un tel nombre d’œufs parvenaient à leur complet état de développement, il ne resterait jamais une feuille sur les arbres; mais, grâce aux utiles mésanges qui détruisent journellement plusieurs milliers de ces œufs, et aux ichneumons qui attaquent les chenilles, il est rare que nous ayons à déplorer de telles calamités. Cependant tout le monde a pu voir en 1858 le triste état dans lequel se trouvait le Parc de Bruxelles, où le regard attristé cherchait en vain un peu de verdure sur les arbres dénudés : c’était là l’œuvre des chenilles dont nous nous occupons en ce moment, ainsi que celle du Liparis dispai' (I). Au mois d’avril, les petites chenilles apparaissent déjà, mais elles restent, jusqu’au dernier changement de peau, réunies à l’aisselle des branches : on peut alors facilement détruire ces espèces de nichées. Vers la fin de juin, les chenilles ont toute leur croissance, et se forment entre les feuilles un cocon épais dans la composition duquel entre une poussière blanchâtre ; dans son intérieur se trouve la chrysalide. Quinze à vingt jours après la chrysalidation de la chenille, le papillon parfait peut prendre son essor.
(1) La principale cause de ce fléau était la chasse que l’on avait faite aux oiseaux qui habitaient le Parc, et la destruction de leurs nids, sous prétexte d’éviter aux promeneurs d’être souillés par la fiente de ces paisibles animaux. Les suites de cette guerre acharnée ne manquèrent pas d’être funestes, car ce n’étaient plus les oiseaux qui incommodaient les promeneurs, mais bien les chenilles, dont le nombre était tellement considérable qu’on ne pouvait traverser cette belle promenade sans en avoir quelques-unes sur le coi’ps. Un pareil résultat fit connaître promptement la faute que l’on avait commise, et, l’année suivante, elle fut réparée en laissant le champ libre aux paisibles habitants des airs.
Lrpans cul bi'ii n cul doré,
sur le prunier sau vaoe