VANESSE GRANDE TORTUE
VANESSA POLYCHLOROS, ochsenheimeJ
GREAT TORTOISE -§UELL. — GROSSE SCDlLOKROTELATTEltER.
Ochsenheimer, t. 1,1, p. 114. — Esper, 1.1. pl. XIII, fig. 1, etpl. XXIII. — Boisduval, p. 21. — Freyer, Neuere Beit ., t. II, pl. 139. — Papilio pyromelas, Germar. var. — P. polychloros, Linné. — P. pyrrhomelæna, Hüb. var. — P. testudo, var. et P. valesina, Esper. var. — vanessa punctum album, Dahl. var. — Tachyptera polychloros. Berg.
Ce lépidoptère habite une grande partie de l’Europe et de l’Asie; on le trouve au Caucase, en Syrie, sur l’Himalaya, jusqu’au Japon. Il se trouve aussi dans la Russie d’Europe, en Livonie, en Danemark, et il est assez commun en Allemagne, en Belgique, en France, en Italie, en Espagne et au sud de la Grande-Bretagne.
Cette espèce, si nuisible pour les arbres fruitiers, se tient dans les jardins, sur les lisières des bois exposées aux rayons solaires et même sur des montagnes assez élevées; elle aime aussi à se reposer sur le tronc des arbres, du côté du soleil. La chenille, qui est au commencement de son développement d’un gris noirâtre et recouverte de poils très-fins, vit sur les cerisiers, les poiriers le saule marceau ( Salix capræa) et le cornouillier sanguin ( Cornus sanguinea ). Dès que les œufs, qui sont solidement attachés autour des branches des'arbres fruitiers,'viennent à éclore, les chenilles se font une espèce de toile étendue entre des branches, dans laquelle elles vivent en société, quelquefois de plusieurs centaines. Pendant le jour, elles se nourrissent de bourgeons ou de feuilles tendres, et au crépuscule elles se retirent dans leur retraite pour y passer la nuit. Ces espèces de nids s’observent au commencement de mai; ils sont, à cette époque, faciles à détruire, en coupant de grand matin, avant que les chenilles aient quitté leur asile, les branches auxquelles ils sont attachés et en ayant soin de les anéantir instantanément, pour couper tout moyen de fuite aux habitants de ces petites républiques. Pendant certaines années, ces chenilles sont si abondantes dans quelques localités, que des vergers entiers sont dépourvus de feuilles. Mais le Créateur, qui a procédé à tout avec tant de sagesse, a soigné pour qu’un grand nombre d’entre elles fut détruit ou par la rigueur de l’hiver, ou par leurs nombreux ennemis; lesichneumons, par exemple, qui déposent leurs œufs dans le corps des chenilles, lesquelles, malgré cela, continuent à se développer et se chrysalident même; mais au lieu qu’il sorte un papillon de cette chrysalide, ce ne sont que des petits ichneumons auxquels elle donne le jour. Les mésanges recherchent autour des branches les œufs de ces papillons, et les moineaux, qui en nourrissent leurs petits, en détruisent également un grand nombre, chose que nous avons d’ailleurs déjà fait observer dans notre ouvrage sur les Oiseaux de ta Belgique.
Les chenilles de la grande tortue croissent très-rapidement et changent plusieurs fois de peau avant de se transformer en chrysalide. Lorsque cette époque est arrivée, elles cherchent un lieu convenable et sec sur des arbres ou des poteaux, où elles s’attachent au moyen d’un fil, la tête en bas ; au bout d’un jour ou deux, elles sont changées en chrysalides, desquelles les papillons parfaits ne s’échappent qu’après dix ou quinze jours. 1
Vanesse petite tortue
sur l'Ortie.