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devenir distincts. Les couches musculaires, la tête et les organes locomoteurs se forment en même temps que les organes précédents (1).
2° De la chenille .— Quand la jeune chenille est entièrement formée, elle ronge la partie la plus mince de la coque pour se délivrer de sa prison; dès qu'elle est libre, elle se met à brouter avec voracité le parenchyme des feuilles qui lui servent de nourriture, jusqua ce quelle soit assez forte pour ronger la feuille entière.
La croissance des chenilles est en général assez rapide : chez la plupart des espèces elles ont atteint leur taille au bout de quinze jours à trois semaines; mais il y en a cependant qui croissent trèslentement et qui mettent deux et même trois ans pour acquérir leur taille définitive; ainsi la chenille du Cossus ligniperda vit trois ans ou du moins passe trois hivers avant de se chrysalider.
Les chenilles, avant leur métamorphose, changent plusieurs fois de peau; celles des espèces diurnes subissent en général trois mues et celles des nocturnes, quatre; mais chez quelques unes, ce nombre va bien au delà, et l’on constate parfois de cinq à huit, neuf et même dix mues, comme par exemple chez le Chelonia caja.
Les différentes peaux, et même les poils dont elles sont couvertes, existent déjà à l’état rudimentaire au moment de la naissance ; à mesure que la chenille grossit, ses peaux se dilatent, apparaissent au dehors et sont tour àtour rejetées.
Un jour ou deux avant la mue, la chenille cesse de prendre de la nourriture ; elle devient faible et languissante, ses couleurs se flétrissent, et elle cherche un abri où elle peut s’attacher solidement sur un corps quelconque à l’aide de sa sécrétion soyeuse. Dès quelle est fixée,elle tourne et retourne son corps dans tous les
(1) Voy. Suckow, Anat. phys. untersuchungen uber Ins. und Krustenthiere, 1818. — Rathke f Meckel s Archiv f. die Phys. VI, p. 371.— J. Müller, Nova acta Phys. med. nat. cur. XII, p* Herold, Disquisitiones de anim. vert, carent in ovo general. 1835. — Lacordaire, Introduction à l’entom. II, p. 384.
sens, gonfle et contracte alternativement ses anneaux afin de déchirer et de séparer l’ancienne peau, qui est devenue rigide et sèche, de la nouvelle qui est au-dessous. Après quelques heures do ce travail, la peau finit par se fendre sur le dos et la chenille s’en dégage peu à peu. En même temps sa taille a considérablement augmenté et il ne serait plus possible de la faire rentrer dans ce fourreau qui l’enveloppait quelques minutes auparavant. Il arrive parfois que les couleurs de la chenille changent après chaque mue.
Quand les chenilles ont atteint le terme de leur croissance et que le moment de la chrysalidation est arrivé elles cherchent un endroit convenable où elles puissent opérer leurs métamorphoses. Les unes se suspendent librement au moyen de quelques fils par leur extrémité anale; souvent aussi une ceinture de la même matière les fixe aux rameaux ou à des corps quelconques. D’autres se construisent un cocon au moyen de leur sécrétion soyeuse, à laquelle elles mélangent souvent des substances végétales ou de la terre. Chez certaines chenilles la sécrétion soyeuse est insuffisante à la formation d'un cocon convenable; les métamorphoses ont alors lieu soit entre des feuilles pliées ou roulées, soit sous des feuilles mortes ou de la mousse, soit enfin dans la terre.
Lorsque le cocon est terminé, la chenille se dépouille une dernière fois de sa peau et la chrysalide faitson apparition. Sous cette dernière enveloppe se forme enfin l’insecte parfait.
3 0 Delà chrysalide .—Le temps qu’un Lépidoptère passe sous forme de chrysa ide dépend de la taille et de la température; certaines espèces éclosent déjà au bout de quelques jours ou de quelques semaines, tandis que d’autres ne donnent l’insecte parfait qu’au bout de plusienrs mois et même d’une année.
En ouvrant une chrysalide peu de temps après la transformation, on n’aperçoit qu’un fluide blanchâtre et laiteux dans lequel nage des rudiments de membres, presque fluides eux-mêmes. Mais, par suite de l’évaporation de la partie aqueuse de ce fluide, des changements considérables se manifestent dès le second jour.
L’œsophage s’est rétréci et allongé, l’intestin s’est partagé en deux régions et l’estomac a perdu près d’un quart de sa longueur et au moins la moitié de son diamètre; en même temps les glandes salivaires et les tubee de Malpighi commencent à se raccourcir, et les organes sécréteurs de la soie perdent de leur volume. Quant à la chaîne nerveuse, elle a perdu un quart de sa longueur et certains ganglions se rapprochent tandis que d’autres,au contrai revendent à s’éloigner. Au bout de huit à dix jours les organes de la soie ont totalement disparu, les glandes salivaires n’existent plus qu’en vestige et l’estomac a encore diminué; mais il s’est formé un jabot et le gros intestin a gagné une poche accessoire qui n’existait pas auparavant. La chaîne ganglionnaire continue à se raccourcir, et, vers le quatorzième jour, le premier gmglion et le cerveau se rapprochent de manière à entourer presque complètement l’œsophage avec leurs connectifs; un peu plus tard le deuxième et letroisième ainsi que le quatrième et le cinquième ganglionssefondent ensemble, de façon à former deux grosses masses nerveuses très-rapprochées, tandis que le sixième et le septième disparaissent complètement; enfin le cerveau acquiert un volume double et chaque lobe donne naissance à un gros nerf optique. Les membres se développent insensiblement et en même temps que les organes intérieurs; mais ce n’est que quand l’insecte parfait est sur le point de paraître que se montrent les organes génitaux.
Quand le Lépidoptère est entièrement formé, la chrysalide se fend longitudinalement sur le thorax et le papillon s’en dégage lentement; celui-ci présente d’abord de petites ailes molles et plissées, mais ces organes grandissent et durcissent à vue d’œil, et ne tardent pas à acquérir une tension parfaite qui permet à l’insecte de prendre son vol.
Lorsque la chrysalide est enfermée dans un cocon, celui-ci présente souvent, à l’une de ses extrémités, un couvercle maintenu en place par quelques fils déliés qui se rompent à la moindre pression. Mais il arrive généralement que le cocon est d’une texture
uniforme et également solide dans toutes ses parties. Pour sortir dune coque de cette nature, l’insecte rend une grande quantité d’urine qui ramollit et dissout l’espèce de gomme qui unissait les fils de soie ou les parcelles solides dont le cocon était formé.
Divisions géographico-entomologiques de la Belgique.
Les Lépidoptères étant des insectes phytophages, ne peuvent nécessairement vivre que là où croissent les plantes dont ils se nourrissent. Celles-ci sont toujours sous la dépendance de la composition chimique du terrain, et cette composition est en rapport direct avec la constitution géologique du sol. 11 résulte de ceci que la flore d’une région sera d’autant plus distincte de celle des régions voisines que la constitution géologique du sol sera plus différente. On comprendra dès lors pourquoi la faune entomologique d’une contrée varie suivant les localités, surtout pour les espèces phytophages. Il arrive même souvent, qu’à mesure qu’un végétal s’étend hors de son pays natal, il est suivi par un ou plusieurs insectes qu’il nourrissait dans sa patrie. C’est ainsi que le sphinx tête-de-mort s’est répandu en Europe au siècle dernier, en même temps que la pomme-de-terre sur les feuilles de laquelle vit de préférence sa chenille. Si, au contraire, une plante vient à disparaître d’une localité, l’espèce d’insecte quelle nourrissait disparaîtra avec elle, à moins que cet insecte ne trouve une plante voisine de la même famille sur laquelle il puisse se jeter.
La Belgique, malgré son peu d’étendue, peut cependant se diviser en plusieurs régions, présentant chacune certains caractères particuliers au point de vue de la géologie, de la botanique et de la zoologie. Mais les naturalistes qui se sont occupés de cette ques-
tion, ne sont pas encore parvenus à se mettre complètement d’accord sur les divisions à admettre et les limites à donner à chacune d’elles.
C’est à M. Iîouzeau que revient l’honneur d’avoir le premier songé à cette question 11 proposa en 1854 de diviser le pays en sept régions, savoir : 1 , Région de la mer, 2, du littoral, 3, des landes, 4, du limon hesbayen, 5, de la Belgique moyenne, 6, ardennazse, 7, du bas Luxembourg (î). Mais il est à remarquer que l’auteur n’a établi ces régions qu’au point de vue de la flore ; c’est ce qui a engagé M. le Baron de Selys-Longchamps à les modifier, en se basant principalement sur la faune, mais en s’éloignant le moins possible du système de M. Houzeau,
M. de Selys divisa également le pays en sept régions qu’il désigna sous les noms suivants: 1 , Région de la mer et du littoral, 2, région des landes et marécages (Campine), 3,région des plaines découvertes delaHesbaye, 4, région de la Meuse , 5, région du Condroz et de VEntre-Sambre et Meuse, 6, région de VArdenne, 7, région de la Lorraine, qui n’est représentée chez nous que par la lisière méridionale du Luxembourg ( 2 ).
De son côté M. F. Crépin, n’envisageant comme M. Houzeau que la flore indigène, réduisit le nombre des régions de la Belgique à quatre, mais il subdivisa les deux premières en quatre zones:
Zone maritime.
Zone campinienne ,