CONCLUSIONS
I. — Les syndromes cliniques observés à la suite des blessures de la zone sensitivo-motrice de l’écorce cérébrale sont, par ordre de fréquence : les monoplégies brachiales, les hémiplégies, les paraplégies, les triplégies (hémiplégie + paraplégie), les monoplégies crurales et les monoplégies faciales.
II. — Les troubles moteurs et les troubles sensitifs sont généralement associés; mais s’il est assez fréquent de rencontrer des syndromes sensitifs purs, il est très rare d'observer des troubles moteurs 1s0lés, sans troubles sensitifs concomitants.
On peut en inférer que la zone sensitive occupe un territoire plus étendu que la zone motrice sur laquelle elle semble empiéter.
III. — Les observations cliniques d’une part, les essais de topographie cranio-cérébrale par le procédé radiographique de MM. Pierre Marie, Foix et Bertrand d'autre part, confirment que la zone motrice du cerveau comprend la circonvolution frontale ascendante et les insertions postérieures des circonvolulions F1, F9 et F3.
IV. — IL résulte en outre de nos observations que la zone sensitive comprend en dehors de la pariélale ascendante, tout le lobe pariétal (circonvolutions pariétale supérieure, gyrus supramarginalis, pli courbe} et peut être aussi la partie postérieure des circonvolutions T1 et T2 (première et deuxième temporales). Mais alors que la pariétale ascendante semble particulièrement destinée à la sensibilité des membres, le reste du lobe pariétal parail consacré à la sensibilité générale de toute la moitié opposée du corps.
Ses lésions entrainent des hémi-hypoesthésies, alors que celles de la pariétale ascendante donnent lieu à des troubles sensitifs disposés en bandes longitudinales et occupant les extrémités terminales des membres.
V. — La plus grande étendue des circonvolutions rolandiques (Fa et Pa) est dévolue à la représentation corticale des extrémités distales des membres (pied et surtout la main).
Le déficit moteur et sensitif consécutif aux blessures de la zone pariétale du crâne se localise en effet presque exclusivement aux extrémités.
Les segments proximaux des membres ont une représentation corticale fort limitée ; leur importance (au point de vue du rôle social de l'individu) est de beaucoup inférieur à celle des muscles de la main dont l’action complexe et variée doit être continuellement dirigée et coordonnée par la corticalité céré-
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VL — La zone sensitivo-motrice de la main se trouve divisée en deux centres secondaires, l’un destiné à la motilité et à la sensibilité du côté interne Ou cubital de la main, l'autre consacré au côté externe où radial de la main.
Le centre cubital dont la sphère d’action s'étend au territoire qui par ailleurs dépend de la racine rachidienne C8, a une siluation Dostérieure par rapport au centre radial el il est plus étendu que ce dernier.
Le centre radial correspond au territoire périphérique innervé par la racine rachidienne C7, sa situation est antérieure et il empiète largement sur les pieds des circonvolutions F1 et F9.
VII. — Au membre inférieur, un seul centre semble pouvoir être défini ; il correspond aux territoires moteur et sensitif des racines rachidiennes L5 el S1 réunies.
VIII. — La circonvolution frontale ascendante exerce une fonction régulatrice du tonus musculaire. Ses lésions entraînent une exagération des réflexes tendineux et périostés et l'apparition de certains mouvements synergiques, superflus ou mèmes nuisibles à l’exécution des mouvements délicats et très spécialisés des extrémités, à la production desquels elle est spécialement consacrée.
IX. — Le rcflexe plantaire cutané a son centre dans l’écorce de la zone sensitivo-motrice du cerveau. La plupart du temps il est aboli, notamment
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quand les troubles sensitifs sont plus accentués que les troubles moteurs.
X. — Les troubles du sens de l'orientation dans l’espace sont consécutifs à des plaies correspondant au lobe pariétal du cerveau, notamment aux cireonvolutions pariétale supérieure et gyrus supramarginalis.
La perte du sens des attitudes semble plus particulièrement en relation avec les plaies du gyrus supramarginalis.
XI.— En dehors des crises d’épilepsie jacksonienne classiques, les blessures de la zone sensitivo-motrice peuvent entrainer d’autres troubles moteurs et sensitifs qui sont étroitement apparentés aux réactions épileptiques bien caractérisées.
Parmi les formes motrices, il faut citer particulièrement des mouvements cloniques intermittents ou continus, occupant un segment de membre ou toute une moitié du corps, et aussi des crises de parésie brusque accompagnées de troubles vaso-moteurs, forme que M. Henry Meige et nous-même avons décrite sous le nom de parésie jacksonienne.
XII. — Les troubles subjectifs (céphalée, étourdissements, éblouissements, etc., etc.) qu'éprouvent les blessés du crâne semblent être en rapport avec des lésions vasculaires locales (méninges, rétine, labyrinthe, etc.) et avec une atteinte des centres cérébraux régulateurs de la vasomotricité générale.
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Ces centres ont pu ètre lésés, soit par le traumatisme initial, soit par une irritation à distance dont le point de départ est une lésion vasculaire locale.
On retrouve ici un processus fréquemment observé dans la pathologie du système sympathique et qui semble de même nature que les perturbations vasomotrices généralisées consécutives aux blessures des troncs nerveux des membres.
Vu : le Président de la thèse PIERRE MARIE Vu : le Doyen,