‹ Les lésions de la zone rolandiqueChapitre 6 sur 38 · MAN LE · texte numérisé non relu

MAN LE

D'ailleurs les différents sens sont si complexes qu’il serait d'abord nécessaire de déterminer les éléments qui les constituent avant d'entreprendre cette œuvre de localisation corticale.

Cependant, en nous basant sur des essais de topographie craniocérébrale, grâce au procédé radiographique de Pierre Marie, Foix et Bertrand, nous pouvons émettre une hypothèse sur l'emplacement d’une des formes très importantes de la sensibilité profonde : le sens musculaire ou le sens de l'orientation dans l’espace.

Tous les auteurs ont observé l’existence d’une incoordination des mouvements à la suite de certaines lésions de la corticalité cérébrale.

Cette asynergie corticale a été rapportée à une atteinte de la sensibilité profonde, notamment du sens des attitudes passives et du sens musculaire, ce qui entrainait une perturbation de la faculté d’orientation dans l’espace, avec dysmétrie et incoordination.

En traitant des troubles moteurs nous avons insisté sur l’incoordination spéciale qu’entraînent l’impossibilité d'exécuter des mouvements isolés et la production des syncinésies de coordination. Ce phénomène est tout à fait apparent lorsque le blessé essaye d'exécuter un mouvement moins habituei ou plus complexe, tel que : mettre le bout de l’auriculaire sur le bout du nez en étendant ce doigt isolément. Mais en dehors de cette incoordination, il en existe une autre, distincte, qu'il faut rapporter à une atteinte de la sensibilité profonde et que l’on rencontre au cours des lésions du lobe pariétal.

RE 2e

Dans un très grand nombre de cas, ce symptôme reconnaît pour cause une perturbation du sens des attitudes. Mais ce n’est pas toujours la règle et parfois nous avons pu observer une atteinte prononcée et indiscutable de la faculté de l'orientation dans l’espace alors que ce sens était parfaitement conservé.

1l faut donc croire que le sens de l'orientation dans l’espace pendant les mouvements aclifs, peut être lésé, indépendamment du sens des attitudes.

Autrement dit, la capacité de s'orienter dans l’espace étant un sens complexe et partant délicat et fragile, la lésion d’un de ses éléments, quel qu'il soit, peut entrainer son altération alors même que ses autres éléments sont indemnes.

Les essais de topographie cranio-cérébrale, en cas de blessures ayant déterminé un trouble de ce sens, nous permettent d'affirmer qu’il s’agit alors d’une lésion siégeant en arrière du sillon de Rolando au niveau du lobe pariétal du cerveau, empiétant largement sur la circonvolution pariétale supérieure et sur le gyrus supramarginalis.

En poussant plus loin les essais de localisation on constate que le sens des attitudes est touché lorsque la perte de substance cranienne empiète sur le gyrus supramarginalis.

Les plaies situées plus haut, correspondant à la circonvolution pariétale supérieure et les parties adjacentes de la pariétale ascendante, donnent lieu à des troubles du sens de l'orientation dans l'espace, mais avec conservation du sens des attitudes.

Avant de quitter l'étude de la sensibilité profonde

dont le siège le plus important semble se trouver au niveau du lobe pariétal(notamment la pariétale supérieure et le gyrus supramarginalis) nous désirons, à titre purement épisodique, dire un mot sur les mouvements involontaires (mouvements cloniques intermittents ou continuels, tremblements) que l’on peut rencontrer au cours des blessures de la zone rolandique et sur lesquels nous reviendrons en étudiant les manifestations épileptiques. Ces mouvements involontaires coïncidaient plus d'une fois avec des troubles de l'orientation dans l’espace et au point de vue topographique la plaie correspondait à la circonvolution pariétale supérieure, moins fréquemment au gyrus supramarginalis (voy. Fig. 30).

Nous n’avons pas, bien entendu, la prétention de tirer une conclusion précise, quelle qu'elle soit, de ce rapprochement qui peut être purement fortuit.

C’est en recueillant et en étudiant comparativement un grand nombre de faits de ce genre, qu’on Pourra admettre s’il y a ou non une réelle relation entre les mouvements involontaires de cette nature et une lésion de l’écorce du lobe pariétal du cerveau.

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