‹ Les lésions du cœurChapitre 13 sur 35 · ARE CE A · texte numérisé non relu

ARE CE A

Dans des cas d'une sévérité exceptionnelle, nous avons constaté le long des fentes de Henle considérablement distendues, la présence d'exsudats fibrineux semés de quelques globules rouges aberrants. Ce fait montre bien la nature éminemment inflammatoire de la sérosité æœdémateuse épanchée dans les espaces lacunaires du myocarde.

L'hyperplasie conjonctive fait défaut. Le plus grand nombre des cellules fixes du tissu connectif garde le type adulte et ont leurs prolongements intacts. Quelques-unes ont leurs prolongements rompus et sont comme isolées, en pleine sérosité d’œdème, au sein des faisceaux connectifs et élastiques. Il y a longtemps, du reste, que RomBerG a fait les mêmes constatations dans son remarquable travail. Il écrivait en 1892, à propos des myocardites aiguës en général : « Les cellules fixes du üssu conjonchf sont moins intéressées dans le processus que ne me le feraient supposer les descriptions des anatomo-pathologistes. Dans un petit nombre de cas seulement, leurs noyaux m'ont paru augmentés de nombre ou de volume. » Nos observations ont été de tout points conformes à celles de cet auteur.

Sur des coupes provenant de pièces anatomiques ayant appartenu à des sujets d’un certain âge, nous avons parfois rencontré de petites plaques de sclérose disséminées dans le myocarde ou disposées autour de certaines artères. Ce sont là des lésions très anciennes, bien antérieures à la myocardite aiguë dont les lésions étaient manifestes en d’autres points de l’organe.

Quant aux corps myoblastiques que Hayes a signalés entre les fibres musculaires, nous les avons rarement

observés. D’après cet auteur, ils naîtraient de la fibre musculaire elle-même et se présenteraient sous l’aspect de corps fusiformés de 8 à 12 », pourvus d’un noyau central entouré d’un protoplasma grenu, le tout limité par une enveloppe légèrement striée. Ils seraient les instruments de la rénovation du myocarde. — Nous ne reprendrons pas ici une discussion déjà soulevée si souvent à propos de ces myoblastes, d'autant que la question est malaisée à trancher, car 1l semble que certains auteurs ont, après Hayem, englobé dans la description des myoblastes des éléments d'aspect fort différent de ceux-c1 : arrondis ou ovoïdes pour les uns, polygonaux pour les autres, à noyaux uniques et arrondis pour les premiers, contournés sur eux-mêmes et multilobés pour ceux-là. Devant la diversité des interprétations, nous nous rendrons à l’avis de MM. MorrarD et ReGauUD, et nous rangerons les myoblastes et les pseudo-myoblastes dans la classe nombreuse des cellules migratrices. Nous les regarderons comme des leucocytes devenus sédentaires, fixés en certains points de la région enflammée « pour effectuer des actes réactionnels ou réparateurs » (Lacroix). Si leur proto plasma est fortement teinté par l’éosine, caractère propre à tout protoplasma contractile, c'est qu'en réalité ces leucocytes sarcophages ont absorbé la myosine exsudée des fibres musculaires malades. Enfin, que penser des myoblastes signalés par MM. Morrarp et Recaup dans la lumière même des vaisseaux sanguins d’un cœur atteint dé myocardite diphtérique, sinon que ce sont là, d’une façon à peu près certaine, des éléments migrateurs du sang ?

Ep URS

Nous tenons enfin à signaler dans les lacunes du üssu conjonctif, sous l’endocarde et dans l’intérieur des vaisseaux, la présence de nombreuses colonies microbiennes (voir pl. VIT). Les éléments de ces colonies sont des coccus sphériques d’une taille très élevée. Ils sont rarement réunis deux par deux, mais 1ls forment plus fréquemment des chaïînettes toujours très courtes de 4 à 6 éléments. Ces courtes chaînettes arrivent à constituer des amas parfois importants, que décèle par faitement la méthode de Weicerr'. Ce sont très probablement des bacilles de la suppuralion résultant d'infections secondaires multiples survenues au cours de la variole.

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