RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
Anatomie pathologique.
I. L'étude macroscopique d’un cœur varioleux révèle toutes les altérations communément observées dans les myocardites aiguës: teinte jaune ocreux ou feuille morte, ramollissement, œdème du cœur, enfin foyers de nécrose sous forme d’ilots sombres, à contours bien délimités, de la dimension d’une lentille à celle d’une grosse noisette, se détachant nettement sur la coloration générale du myocarde.
Nos autopsies, quiont porté sur plus de trente sujets, ne nous ont jamais révélé de péricardite varioleuse bien que quelques cas en aient été signalés.
De même, nous n'avons jamais eu l’occasion d’observer une seule fois les lésions de l’endocardite aiguë.
Nous contesions, pour le moment, la possibilité d’une détermination péricardiaque ou endocardiaque du germe encore indéterminé de la variole. Nous ne nions pas la production possible au cours de cette maladie d’endocardites ou de péricardites, puisque les unes et les autres ,ont été signalées, mais nous pensons qu’on doit, pour les expliquer, invoquer une associa-
Ra lion microbienne surajoutée, surtout quand cette endocardite ou cette péricardite surviennent à la période de suppuration de la variole, ou évoluent — comme c’est d’ailleurs la règle — à la façon des endocardites septiques infectantes ou des péricardites purulentes. La variole doit être considérée comme terminée avec la poussée éruplive, à plus forte raison quand la suppuration des vésicules apparaît. Or, la péricardite et l’endocardite, dans une variole régulière, sont contemporaines de la suppuration. Elles sont donc l’une et l’autre postérieures à la variole, qui n’a été pour elles que la cause occasionnelle, en ouvrant des voies nombreuses aux infections secondaires, ces dernières étant la cause efficiente de leur production.
IT. L'étude microscopique décèle dans les varioles moyennes graves et hémorragiques l’existence d’une myocardite aiguë à prédominance parenchymateuse. Les lésions intéressent la structure de la fibre musculaire, ses rapports de contiguïté, ses noyaux et son protoplasma périnucléaire. Les multiples aspects qu'elles présentent semblent les étapes successives d’un même processus de régression dont l'élément contractüle est le siège. La transformation graisseuse des cellules musculaires est fréquente.
IT. La leucocytose et l’œdème du cœur sans hyperplasie conjonctive notable sont les lésions principale-
ment observées au niveau du tissu interstitel.