‹ Les lésions du cœurChapitre 6 sur 35 · ÉTUDE MACROSCOPIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE MACROSCOPIQUE

I. Myocarde. — Louis, Srokes, Bouizraup ont fait des descriptions très exactes des altérations que le cœur varioleux présente à l'œil nu. Ordinairement volumineux et gorgé de caillots cruoriques récents et très mous, il revêt dans la majorité des cas l'aspect d’une chair musculaire bouillie. Les parois ont perdu toute consistance. Elles sont flasques et ridées. Louis (1829) avait bien étudié le ramollissement du cœur dans les fièvres. « Le cœur, disait-1l, à habituellement une teinte livide. La consistance est extrêmement molle, surtout au niveau des cavités gauches : fréquemment le ventricule de ce côté se déchire sous la traction la plus légère... Le ramollissement de l'organe est si considérable, qu’en saisissant le cœur par les gros vaisseaux et en le retournant, la pointe en l'air, 1l retombe sur la main, qu'ilrecouvre comme le chapeau d’un gros cham-

PRO pignon. » Dans les varioles hémorragiques très graves à courte évolution, on rencontre presque toujours, sous le péricarde, de petites ecchymoses ponctuées, généralement distribuées par îlots. A la coupe, on amène par le raclage, une sérosité d'apparence œdémateuse en quantité variable, suivant le cas.

Si l’on sectionne un cœur total par tranches, à l’aide d’un couteau suffisamment long et mince, et qu'on prenne soin d'en éponger avec un linge la surface de section, on verra parfois, tranchant sur la coloration générale « feuille morte » de l'organe, des îlots sombres, à contours très nettement délimités, de la dimension d’une lentille à celle d’une grosse noisette. L’examen histologique de ces points, relaté au cours de ce travail, nous a démontré qu'il s'agissait là de foyers de nécrose commandés par des oblitérations multiples des petites coronaires et disséminés au hasard dans l'épaisseur des ventricules. Sur trente-cimq aulopsies, nous les avons rencontrés dix fois, et toujours 1l s'agissait de varioles graves, hémorragiques ou confluentes d'emblée, sem-

blables à celles qui font l’objet des observations IT, TIT

et IV.

IT. Péricarde. — Axpraz, Givrrac, MARTINEAU, Desxos et Hucnarp ont vu des péricardites varioleuses. BROUARDEL a trouvé cette lésion fréquemment associée aux cardiopathies varioliques. BarTHÉLEMY la considère comme une rareté : 1l en relate deux cas. Dans l’un, l’épanchement était séro-purulent, dans l’autre, franchement hémorragique. Karrn et Vircog ont signalé à la base du cœur des fausses membranes blanchâtres.

SET US épaisses, de consistance ferme et élastique, et dont la surface était d'apparence papillaire, rugueuse, mamelonnée. Enfin, Ernest LABBÉE a vu des pustules varioliques sur le feuillet pariétal du péricarde.

Dans nos autopsies, nous n'avons jamais constaté de lésions phlegmasiques du péricarde. Nous avons trouvé constamment, à l'examen microscopique, une petite quantité de sérosité dans le péricarde, de 60 à 100 grammes environ. Elle était claire, jaunâtre ou rosée, dans les cas de variole hémorragique. Mais ce n'était là que le résultat de la transsudation séreuse agonique due à la stase sanguine dans les veines coro-

naires et les veines péricardiques.

IIT. Endocarde. — L’endocardite varioleuse a été signalée par SIMONET, puis par BourrLaAub. Après eux, Durozrez et MarriNEaU ont étudié les déterminations endocardiaques de la variole. DEsxos et Hucxar», Brouarpez, après l'épidémie de 1870, Mourir, ont décrit l’'endocardite varioleuse. Elle se manifesterait, de préférence, au niveau de la mitrale et s’accompagnerait le plus souvent d’endaortite où de péricardite (BrouaRbEL). J'ai entendu le professeur Triprer avouer ne jamais l'avoir constatée, et on pourrait concevoir quelques doutes sur son existence, si Desnos el Hucxarp n'avaient pu en vérifier — quatre fois seulement — les lésions à l’autopsie. Pas un seul de tous les cœurs varioleux que nous avons examinés sur la table d’amphithéâtre ne présentait la trace d’une endocardite, même légère. Quoi qu'il en soit, nous appuyant sur un travail de CursCHMANN, nous contestons, pour le

moment, la possibilité d’ une dan endocardiaque du germe encore indéterminé de la variole. |

Nous ne nions pas la production possible, au cours de

cette maladie, d’une endocardite de nature infectieuse, |

mais nous pensons qu ’on doit, pour l'expliquer, i invo-

quer une association microbienne surajoutée, s surtout quand cette endocardite survient pendant la nd ë

À Es

. suppuration de la variole, ou évolue — comme c'est

d ailleurs la règle — à la façon des endocardites septie

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| ques infectantes,

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