INTRODUCTION
Devant le nombre sans cesse croissant des cas de trachome en France et particulièrement dans une grande ville industrielle comme Lyon, où tant de travailleurs étrangers apportent et parfois propagent cette affection oculaire, l'attention des ophtalmologistes se porte plus que jamais de ce côté. A la Clinique Ophtalmologique de notre Maître, M. le Professeur Rollet, nous avons pu examiner, en 17 mois, avec M. le Docteur Sargnon, 90 cas de trachome, tant chez les consultants que chez les malades hospitalisés.
C’est au cours de ces examens que M. le Professeur Bollet nous conseilla de prendre comme sujet de notre thèse, l'étude plus spéciale des lésions endo-nasales eu cours du trachome. Nos remerciements vont ici à M. le Docteur Rebattu, médecin des Hôpitaux, qui a su nous apprendre l’étude et la technique si délicates de l’oto-rhino-laryngologie, alors que nous étions externe dans son service. Nous remercions aussi M. le Docteur Sargnon, qui voulut bien, dès notre arrivée à la Clinique Ophtalmologique, nous mettre au courant de ses recherches sur les altérations nasales au cours du trachome, et qui nous fit profiter de sa grande expérience.
Grâce à ces trois Maîtres nous avons pu comprendre ce travail et y contribuer. C’est une étude émanée comme bien d’autres de la symbiose féconde des deux grandes spécialités. Ne réservant qu’une part à la
Mere
question purement ophtalmologique du trachome, nous nous sommes attachés à pratiquer systématiquement chez tous ces malades, un éxamen oto-rhino-laryngologique. Le conduit lacrymo-nasal constitue en effet une voie de communication parfaite pour les. agents pathogènes et leurs toxines ; et il est naturel de sonser, que, dans une affection si chronique, la pituitaire puisse montrer à la longue certaines modifications © étudier. D’autre part, on sait que ces territoires muqueux présentent une vascularisation et une innervation en partie commune, et qu’il en va souvent de nême de la pathologie.
Cette étude sera avant tout clinique. Après un historique, volontairement assez détaillé, de l’étude antérieure de la question, nous étudierons en quelques pages la conjonctivite granuleuse et les lésions nasa- {es qu’on trouve au cours de son évolution. Nous exposerons ensuite notre statistique, qui (vraisemblabi: ment pour des raisons d'interprétation d’examen rhinologique) diffère un peu de quelques statistiques antérieures. Nous aborderons enfin le chapitre du traitement.