Matth. XI
Mais nous pouvons tout, dit saint Léon 1, avec celui sans lequel nous ne pouvons rien. Il faut donc se résoudre à souffrir cette guerre toute sa vie, car il n'y a point ici de paix. Jésus- Christ est venu apporter le couteau et non la paix. Mais néanmoins il faut avouer que comme l'Ecriture dit que la sagesse des hommes n'est que folie devant Dieu 2, aussi on peut dire que cette guerre, qui paraît dure aux hommes, est une paix devant Dieu ; car c'est cette paix que Jésus-Christ a aussi apportée. Elle ne sera néanmoins parfaite que quand le corps sera détruit ; et c'est ce qui fait souhaiter la mort, en souffrant néanmoins de bon cœur la vie pour l'amour de celui qui a souffert pour nous et la vie et la mort, et qui peut nous donner plus de biens que nous n'en pouvons ni demander ni imaginer, comme dit saint Paul, en l'épître de la messe d'aujourd'hui 3...
i. Ce texte de saint Léon (serm. 8 de Epiph.) a dû venir à la connaissance de Pascal par l'intermédiaire des écrits d'Arnauld (Apologie pour les Saints Pères; Lettre à un duc et pair, et surtout Dissertatio de Gratia efficaei. parue trois ou quatre mois plus tôt).