Auteur d'un traité estimé s\xt l'Usage des jiassix>ns
Une autre maxime fine et délicate est celle-ci : « Il est plus poli d'admirer que de louer ». Encore quelques paroles textuelles, d'un tour vif et mordant.
A propos de la question de la régale, où le clergé de France prenait parti pour le roi contre le pape, c'est-à-dire contre lui-même, madame de Grignan le comparait à la femme de Sganarelle, dans le Médecin malgré lui : « De quoi .vous mêlez-vous, saint-père? Nous voulons être battue! » Et à propos de la même querelle, où les évêques étaient divisés, elle remarquait que ceux-ci « se disaient autant de vérités que d'injures ».
Madame de Grignan, comme toutes les personnes dont l'amour-propre est très fier, aimait à se diminuer et à se rabattre elle-même pour ne pas être rabattue par autrui. Cette humilité voulue nous vaut,
de la part de sa mère, un portrait d'elle, flatté sans doute, mais dont les traits essentiels paraissent vrais : « A quoi en avez-vous, ma bonne, de dire pis que pendre de votre esprit si beau et si bon?
Y a-t-il quelqu'un au monde qui soit plus éclairé et plus pénétré de la raison et de vos devoirs ? Et vous vous moquez de moi, vous savez bien que vous êtes au-dessus des autres; vous avez de la tête, du jugement, du discernement, de Tincertitude à force de lumières, de Thabileté, de l'insinuation, des desseins quand vous voulez, de la prudence, de la conduite, de la fermeté, de la présence d'esprit, de l'éloquence et le don de vous faire aimer quand il vous plaît et quelquefois plus et beaucoup plus que vous ne voudriez; pour tout dire, en un mot, vous avez du fond pour être tout ce que vous voudrez. »