‹ Les lettres provinciales de Blaise PascalChapitre 49 sur 172 · om. tr. 3 G. 16. loing, écoutez le. Le C · texte numérisé non relu

om. tr. 3 G. 16. loing, écoutez le. Le C

DIXIEME LETTRE 117

Sacrement. C’est ce que dit nostre Pere Valentia, ce célébré Jesuite, tom. 4, disp. 7, q. 8, p. 4 : La contrition n'est point du tout necessaire pour obtenir V effet principal du Sacrement , et au contraire elle y est plustost un obstacle : Imo obstat potius quominus effectus sequatur. On ne peut rien desirer de plus à l’avantage de l’attrition. Je le croy, mon Pere ; mais souffrez que je vous en dise mon sentiment, et que je vous fasse voir à quel excès cette doctrine conduit. Lors que vous dites que l'attrition conceuë par la seule crainte des peines suffit avec le sacrement pour justifier les pécheurs, ne s’ensuit-il pas de là qu’on pourra toute sa vie expier ses pechez de cette sorte, et ainsi estre sauvé sans avoir jamais aimé Dieu en sa vie ? Or vos Peres oseroient-ils soûtenir cela ? Je voy bien, respondit le Pere, par ce que vous me dites, que vous avez besoin de sçavoir la doctrine de nos Peres touchant l’Amour de Dieu. C’est le dernier trait de leur Morale, et le plus important de tous. Vous deviez l’avoir compris par les passages que je vous ay cités de la contrition. Mais en voicy d’autres, et ne m’interrompez donc pas, car la suite mesme en est considérable. Escoutez Escobar, qui rapporte les opinions differentes de nos auteurs sur ce sujet dans la Pratique de V amour de Dieu selon nostre Société , au tr. 1, ex. 2, n. 21, et tr. 5, ex. 4, n. 8, sur cette question : Quand est-on obligé d'avoir affection actuellement pour Dieu ? Suarez dit que c'est assez si on l'aime avant l'article de la mort, sans déterminer aucun temps ; Vasquez, qu'il suffit encore à l'article de la mort ; d'autres, quand on reçoit le baptesme ; d'autres , quand on est obligé d' estre contrit ; d'autres, les jours de f estes. Mais nostre Pere Castro Palao combat toutes ces opinions là, et avec raison : Merito. Hurtado de Mendoza prete?id qu'on y est obligé tous les ans, et qu'on nous traite bien favorablement encore de ne nous y obliger pas plus souvènt ; mais nostre Pere Coninch croit qu'on y est obligé en trois ou quatre a?is ; Henriquez, tous les cinq ans. Mais Filiutius dit : Qu'il est probable qu'on n'y est pas obligé à la rigueur tous les cinq ans. Et quand donc ? Il le remet au jugement des sages.

Je laissay passer tout ce badinage, où l’esprit de l’homme se joué si insolemment de l’amour de Dieu. Mais, poursuivit-il, nostre P. Antoine Sirmond, qui triomphe sur cette matière dans son admirable livre de la Defense de la vertu, où il parle françois en France, comme il dit au lecteur, dis-

4. mais au contr. G. 19. d’autres plus précis sur l’amour de Dieu G.

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