‹ Les lettres provinciales de Blaise PascalChapitre 84 sur 172 · Sept, dernier C. 32. P. Capucin C · texte numérisé non relu

Sept, dernier C. 32. P. Capucin C

du feu. A cela M. Puys répondit ; et le P. Alby soûtint par un second livre ses premières accusations. N’est-il donc pas vray, mes Peres, ou que vous estiez des calomniateurs, ou que vous croyiez tout cela de ce bon Prestre, et qu’ainsi il 5 falloit que vous le vissiez hors de ses erreurs pour le juger digne de vostre amitié ? Escoutez donc ce qui se passa dans l’accommodement qui fut fait en presence d’un grand nombre des premières personnes de la ville, dont les noms sont au bas de cette page, comme ils sont marquez dans l’acte qui en 10 fut dressé le 25 sept. 1650.* Ce fut en presence de tout ce monde que M. Puys ne fit autre chose que déclarer, Que ce qu'il avoit écrit ne s'adressoit point aux PP. Jésuites ; Qu'il avoit parlé en general contre ceux qui éloignent les fideles des paroisses, sans avoir pensée d'attaquer en cela la Société, et 15 qu'au contraire il l'honnoroit avec amour. Par ces seules paroles il revint de son apostasie, de ses scandales et de son excommunication, sans rétractation, et sans absolution ; et le P. Alby luy dit ensuite ces propres paroles : Monsieur, la creance que j'ay eue que vous attaquiez la Compagnie, dont 20 j’ay l'honneur d'estre, m'a fait prendre la plume pour y répondre ; et j'ay creû que la maniéré dont j'ay usé m’estoit permise. Mais, connoissant mieux vostre mtention, je viens vous déclarer qu’il n’y a plus rien qui me puisse empescher de vous tenir pour un homme d'esprit très éclairé, de doctrine 25 profonde et orthodoxe, de mœurs irrépréhensibles, et en un mot pour digne Pasteur de vostre Eglise. C'est une déclaration que je fais avec joye, et je prie ces Messieurs de s'en souvenir.

Ils s’en sont souvenus, mes Peres, et on fut plus scanda- 30 Usé de la réconciliation que de la querelle. Car qui n’admireroit ce discours du P. Alby? Il ne dit pas qu’il vient

* Monsieur de Ville, Vicaire general de M. le cardinal de Lyon ; M. Scarron, Chanoine, et Curé de Saint-Paul ; M. Margat, Chantre ; Messieurs Bouvaud, Seve, Aubert, et Dervieu, Chanoines de S. Nisier; M. du Gué, President des Trésoriers de France ; M. Groslier, Prévost des Marchands ; M. de Flechere, President et Lieutenant general ; Messieurs de Boissat, de S. Komain, et de Bartoly, Gentilshommes ; M. Bourgeois, premier Avocat du Boi au Bureau des Trésoriers de France ; Messieurs de Cotton pere et fils ; M. Boniel ; qui ont tous signé à l’original de la déclaration, avec M. Puys et le P. Alby.

Page 1