‹ Les lettres provinciales. Edited by H.F. StewartChapitre 27 sur 181 · IC. ils y ont ^£. 36. les uns · texte numérisé non relu

IC. ils y ont ^£. 36. les uns

dez pas, dit le Père en m'interrompant ; aussi sont-ils fort souvent de différents avis ; mais cela n'y fait rien. Chacun rend le sien probable et seur. Vrayment l'on sçait bien qu'ils ne sont pas tous de mesme sentiment, et cela n'en est que 5 mieux. Ils ne s'accordent au contraire presque jamais. Il y a peu de questions où vous ne trouviez que l'un dit, ouy, l'autre dit, non. Et en tous ces cas là, l'une et l'autre des opinions contraires est probable. Et c'est pourquoy Diana dit sur un certain sujet, 3 Part. 10, 4, Ees. 224. Ponce et

10 Sanchez sont de contraires avis ; mais parce qu'ils estoient tous deux sçavants, chacun rend son opinion probable. Mais mon Père, luy dis-je, on doit estre bien embarrassé à choisir alors. Point du tout, dit-il, il n'y a qu'à suivre l'avis qui agrée le plus. Et quoy si l'autre est plus probable? Il fn'importe, me dit-il. Et si l'autre est plus seur ? Il n'importe, me dit encore le Père ; le voicy bien expliqué ; c'est Emmanuel Sa, de nostre Société dans son Aphorisme de dubio, p. 183 : On peut faire ce qu'on \pense estre permis selon une opinion probable, quoy que le contraire soit plus

^seur. Or l'opinion d'un seul Docteur grave y suffit. Et si une opinion est tout ensemble et moins probable et moins seure, sera-t-il permis de la suivre en quittant ce que l'on croit estre plus probable et plus seur ? Oûy encore une fois, me dit-il, escoutez Filiutius, ce grand Jésuite de Eome, Mor.

25Quae8t, tr. 21, c. 4, n. 128: Il est permis de suivre l'opinion la moins probable, quoy qu'elle soit la moins seure. C'est l'opinion commune des nouveaux Auteurs. Cela n'est-il pas clair ? Nous voicy bien au large, luy dis-je, mon Révérend Père, grâces à vos opinions probables. Nous avons une belle

30 liberté de conscience. Et vous autres Casuistes, avez-vous la mesme liberté dans vos réponses ? Oiiy, me dit-il ; nous respondons aussi ce qu'il nous plaist, ou plustost ce qui plaist à ceux qui nous interrogent. Car voicy nos règles prises de nos Pères Laiman, Theol. Mor. 1. 1, tr. 1, c. 5, § 2, n. 7,

35Vasquez, Dist. 62, c. 9, n. 47, Sanchez et de nos 24, Princ. Ex. 3, n. 24. Voicy les paroles de Laiman, que le livre de nos 24 a suivies : Un Docteur, estant consulté, peut donner un conseil, non seulement probable selon son opinion, mais contraire à son opinion, s'il est estimé probable par d'autres,

40 lorsque cet avis contraire au sien se refwontre plus favorable et plus agréable à celuy qui le consulte, si forte hac illifavorabilior seu exoptatior sit : Mais je dis de plus qu'il ne sera

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