Or n'est-on C. 33. chiromancie C
de plus adoucy la pénitence, qui est une des choses qui esloignoit davantage de la Confession. Mais maintenant les plus délicats ne la sçauroient plus appréhender, après ce que nous avons soutenu dans nos Thèses du Collège de Cler- 5 mont. Que si le Confesseur impose tme pénitence convenable, convenientem, et qu'on ne veuille pas neantmoins l'accepter, on petit se retirer en renonçant à l'absolution et à la pénitence imposée. Et Escobar dit encore, dans la Pratique de la pénitence selon nostre Société, tr. 7, ex. 4, n. 188, Que si le pénitent déclare
10 qu'il veut remettre à l'autre monde d faire pénitence et souffrir en purgatoire toutes les peines qtii luy sont deu'ès, alors le Confesseur doit luy imposer une pénitence légère pour l'intégrité du Sacrement, et principalement s'il reconnoist qu'il n'en accepter oit pas une plus graiide. Je croy, luy dis-je, que, si cela estoit,
15 on ne devroit plus appeler la confession le sacrement de pénitence. Vous avez tort, dit-il, car au moins on en donne toujours quelqu'une pour la forme. Mais, mon Père, jugezvous qu'un homme soit digne de recevoir l'absolution quand il ne veut rien faire de pénible pour expier ses offenses ? Et
20 quand des personnes sont en cet estât, ne devriez-vous pas plustost leur retenir leurs péchez que de les leur remettre ? Avez-vous l'idée véritable de vostre ministère, et ne sçavezvous pas que vous y exercez le pouvoir de lier et de délier ? Croyez-vous qu'il soit permis de donner l'absolution indiff-
25 eremment à tous ceux qui la demandent, sans reconnoistre auparavant si Jesus-Christ délie dans le ciel ceux que vous déliez sur la terre ? Hé quoy, dit le Père, pensez-vous que nous ignorions qîie le Confesseur doit se rendre juge de la disposition de son peyiitent, tant parce qu'il est obligé de ne pas
30 dispenser les Sacremens à ceux qui en sont indignes, Jesus- Christ luy ayant ordonné d'estre dispensateur fidelle et de ne pas dominer les choses saintes aux chiens, que parce qu'il est juge, et que c'est le devoir d'un juge de juger justement en déliant ceux qui en sont dignes et liant ceux qui en sont indignes,
35 et aussi parce qu'il ne doit pas absoudre ceux que Jesus-Christ condamne ? De qui sont ces paroles-là, mon Père ? De nostre Père Filiutius, repliqua-t-il, t. 1, tr. 7, n. 354. Vous me surprenez, luy dis-je, je les prenois pour estre d'un des Pères de l'Eglise. Mais, mon Père, ce passage doit bien estonner
40 les Confesseurs, et les rendre bien circonspects dans la dispensation de ce Sacrement, pour reconnoistre si le regret de leurs penitens est suffisant, et si les promesses qu'ils donnent
21. om. les C; 22 veriL de l'estendue de C. 23. lier et dél. C.
DIXlàME LETTRE III
de ne plus pécher à l'avenir sont recevables. Cela n'est point du tout embarrassant, dit le Père ; Filiutius n'avoit garde de laisser les Confesseurs dans cette peine, et c'est pourquoy il leur donne, en suite de ces paroles, cette méthode facile pour en sortir : Lu Confesseur peut aisément se mettre en repos 5 toucliant la disposition de son pénitent. Car, s'il ne donne pas des signes suffisans de douleur, le Confesseur n'a qu'à luy demander s'il ne déteste pas le j)eché dans son ame, et, s'il respond que oûy, il est obligé de l'en croire. Et il faut dire la mesme chose de la resolution pour l'avenir, à moins qu'il y eust 10 quelque obligation de restituer, ou de quiter quelque occasion prochaine. Pour ce passage, mon Père, je voy bien qu'il est de Filiutius. Vous vous trompez, dit le Père, car il a pris tout cela mot à mot de Suarez, in 3 par., t. 4, disp. 32, sect. 2, n. 2. Mais, mon Père, ce dernier passage de Filiutius 15 destruit ce qu'il avoit estably dans le premier. Car les Confesseurs n'auront plus le pouvoir de se rendre juges de la disposition de leurs penitens, puis qu'ils sont obligez de les en croire sur leur parole, lors mesme qu'ils ne donnent aucun signe suffisant de douleur. Est-ce qu'il y a tant de certitude, 20 dans ces paroles qu'on donne, que ce seul signe soit convainquant ? Je doute que l'expérience ait fait connoistre à vos Pères que tous ceux qui leur font ces promesses les tiennent ; et je suis trompé s'ils n'esprouvent souvent le contraire. Cela n'importe, dit le Père, on ne laisse pas d'obliger toujours les 26 Confesseurs à les croire. Car le P. Bauny, qui a traité cette question à fonds dans la Somme des péchez, c. 46, p. 1090, 1091 et 1092, conclud que toutes les fois que ceux qui récidivent souvent, sans qu'on y voye aiicun amandemetit, se présentent au Confesseur, et luy disent qu'ils ont regret du passé et bon30 dessein pour l'avenir, il les en doit croire sur ce qu'ils le disent, quoy qu'il soit à prestimer telles resolutions ne passer pas le bout des lèvres. Et, quoy qu'ils se portent ensuite avec plus de liberté et d'excès que jamais dans les mesrnes fautes, on peut neantmoins leur donner V absolution, selon mon opinion. Voilà, 36 je m'assure, tous vos doutes bien résolus.
Mais, mon Père, luy dis-je, je trouve que vous imposez une grande charge aux Confesseurs, en les obligeant de croire le contraire de ce qu'ils voyent. Vous n'entendez pas cela, ditil : on veut dire par là qu'ils sont obligez d'agir et d'absoudre 40 comme s'ils croyoient que cette resolution fust ferme et constante, encore qu'ils ne le croient pas en effet. Et c'est ce que nos PP. Suarez et Filiutius expliquent ensuite des pas-
sages de tantost. Car, après avoir dit que le Prestre est obligé de croire son pénitent sur sa parole, ils ajoustent qu'il n'est pas nécessaire que le Confesseur se persuade que la resohttion de son pénitent s'exécutera, ny qu'il le juge mesme p)fohahlement ; 5 viais il suffit qu'il pense qu'il en a à l'heure mesme le dessein en gênerai, quoy qu'il doive retomber en bien peu de temps. Et c'est ce qu'enseignent tous nos auteurs. Ita docent omnes autores. Douterez-vous d'une chose que tous nos auteurs enseignent ? Mais, mon Père, que deviendra donc ce que le
30 P. Petau a esté obligé de reconnoistre luy mesme dans la pref. de la Penit. publ., p. 4, Qîie les SS. Pères, les Docteurs et les Conciles sont d'accord, comme d'une vérité certaine, que la pénitence qui prépare à l'Eucharistie doit estre véritable, constante, courageuse, et non pas lasche et endormie, ny sujette
15 aux recheutes et aux reprises ? Ne voyez-vous pas, dit-il, que le P. Petau parle de l'ancienne Eglise ; mais cela est maintenant si peu de saison, pour user des termes de nos Pères, que, selon le P. Bauny, le contraire est seul véritable ; c'est au tr. 4, q. 15, p. 95 : Il y a des auteurs qui disent qu'on doit
20 refuser l'absolution à ceux qui retombent souvent dans les mesmes péchez, et principalement lors qu'après les avoir plusieurs fois absous, il n'en paroist aucun amendement ; et d'autres disent que non. Mais la seule véritable ojnnion est qu'il ne faut point leiir refuser l'absohition. Et encore qu'ils
25 ne profitent point de tous les avis qu'on leur a souvent donnez, qu'ils n'ayentpas gardé les promesses qu'ils ont faites de changer de vie, qu'ils n'ayent pas travaillé à se purifier, il n'importe, et, quoy qu'en disent les autres, la véritable opinion, et laquelle on doit suivre, est que, mesme en tous ces cas, on les doit absoudre.
30 Et tr. 4, q. 22, p. 100, Qu'on ne doit ny refuser, ny différer V absolution à ceux qui sont dans des péchez d'habitude contre la loy de Dieu, de nature et de l'Eglise, quoy qu'on n'y voye aucune espérance d'amandement : Etsi emendationis futurœ nulla spes appareat. Mais, mon Père, luy dis-je, cette assur-
35ance d'avoir toujours l'absolution pourroit bien porter les pécheurs. ... Je vous entends, dit-il en m 'interrompant ; mais escoutez le P. Bauny, q. 15 : On peut absoudre celuy qui avoiie que l'espérance d' estre absous l'a porté à pécher avec plus de facilité qu'il n'eust fait sans cette espérance. Et le P.
40Caussin, défendant cette proposition, dit p. 211 de sa Besp. à la Theol. mor., Que si elle nestoit véritable, l'usage de la Confession seroit interdit à la plupart du monde, et qu'il n'y auroit plus d'autre remède aux pécheurs qu'une branche d'arbre et une
corde. 0 mon Père I que ces maximes-là attireront de gens à vos confessionnaux ! Aussi, dit-il, vous ne sçauriez croire combien il y en vient : nous sommes accablez et comme opprimez sous la foule de nos penitens : pœnitentium numéro obruimur, comme il est dit en l'Image de nostre premier siècle, 6 1. 3, c. 8. Je sçay, luy dis-je, un moyen facile de vous décharger de cette presse. Ce seroit seulement, mon Père, d'obliger les pécheurs à quitter les occasions prochaines. Vous vous soulageriez assez par cette seule invention. Nous ne cherchons pas ce soulagement, dit-il ; au contraire : car, 10 comme il est dit dans le mesme livre, 1. 3, c. 9, p. 374, nostre Société a pour but de travailler à establir les vertîis, de faire la guerre aux vices, et de servir un grand nombre d'ames. Et, comme il y a peu d'ames qui veuillent quitter les occasions prochaines, on a esté obligé de définir ce que c'est qu'occasion 15 prochaine, comme on void dans Escobar, en la Pratique de nostre Société, tr. 7, ex. 4, n. 226 : On 7i appelle pas occasion prochaine celle où l'on ne peclie qiie rarement, comme de pécher par un trayisport soudain avec celle avec qui on demeure, trois ou quatre fois par an ; ou, selon le P. Bauny, dans son livre 20 françois, une ou deux fois par mois, p. 1082, et encore p. 1089, où il demande ce qu'on doit faire entre les maistres et servantes, cousins et cousines, qui demeicrent ensemble, et qui se portent miituellement d pécher par cette occasion. Il les faut séparer, luy dis-je. C'est ce qu'il dit aussi, si les recheutes sont fre- 25 quentes et presque journalières ; mais, s'ils n'offensent que rarement par ensemble, comme seroit une ou deux fois le mois, et qu'ils ne puissent se séparer sans grande incommodité et dommage, on pourra les absoudre, selon ces auteurs, et entre autres Suarez, pourveu qu'ils promettent bien de ne plus pécher 3o et qu'ils aient un vray regret du passé. Je l'entendis bien. Car il m'avoit desja appris de quoy le Confesseur se doit contenter pour juger de ce regret. Et le P. Bauny, continua-t-il, permet, p. 1083 et 1084, à ceux qui sont engagez dans les occasions prochaines, d'y demeurer quand ils ne les pourroient 35 quitter sans bailler sîcjet au monde de parler, ou sans en recevoir de l'incommodité. Et il dit de mesme en sa Théologie morale, tr. 4, De pœnit., q. 13, p. 93, et q. 14, p. 94, Qu'on peut et qu'on doit absoudre une femme qui a cJiez elle un homme avec qui elle pèche soutient, si elle ne peut le faire sortir honnis- 40 tement, ou qu'elle ait quelque cause de le retenir : Si non potest honestè ejicere, aut liabeat aliquam causam retinendi., pourveu qu'elle propose bien de ne plus pécher avec luy. 0 mon Père !
luy dis-je, l'obligation de quitter les occasions est bien adoucie, si on en est dispensé aussi-tost qu'on en recevroit de l'incommodité ; mais je croy au moins qu'on y est obligé, selon vos Pères, quand il n'y a point de peine. Oiiy, dit le Père, quoy 5 que toutesfois cela ne soit pas sans exception. Car le P. Bauny dit au mesme lieu : Il est permis à toutes sortes de personnes d'entrer dans des lieux de débauche poîir y convertir des femmes perdues, quoy qu'il soit bien vraisemblable qu'on y péchera, comme si on a desja esproîwé souvent qu'on s'est
10 laissé aller au péché par la veuë et les cajolleries de ces femmes. Et encore qu'il y ait des Docteurs qui n'approuvent pas cette opinion, et qui croient qu'il n' est pas permis de mettre volontairement son salut en danger pour secourir son prochain, je ne laisse pas d'embrasser tres-volontiers cette opinion qu'ils combattent.
15 Voila, mon Père, une nouvelle sorte de prédicateurs. Mais sur quoy se fonde le Père Bauny pour leur donner cette mission ? C'est, me dit-il, sur un de ses principes qu'il donne au mesme lieu après Basile Ponce. Je vous en ay parlé autrefois, et je croy que vous vous en souvenez. C'est qu'on peut
20 rechercher une occasion directement et par elle mesme, primo et per se, pour le bien temporel ou spirituel de soy ou du prochain. Ces passages me firent tant d'horreur que je pensay rompre là dessus. Mais je me retins afin de le laisser aller jusques au bout, et me contentay de luy dire : Quel rapport y a-t-il,
25 mon Père, de cette doctrine à celle de l'Evangile, qui oblige à s'arracher les yeux et à retrancher les choses les plus nécessaires, quand, elles nuisent au salut ? Et comment pouvezvous concevoir qu'un homme qui demeure volontairement dans les occasions des péchez les déteste sincèrement ? N'est-
30 il pas visible, au contraire, qu'il n'en est point touché comme il faut, et qu'il n'est pas encore arrivé à cette véritable conversion de cœur qui fait autant aimer Dieu qu'on a aimé les créatures ? Comment ! dit-il, ce seroit là une véritable contrition. Il semble que vous ne sçachiez pas que, comme dit
35 le P. Pintereau en la 2 p., p. 50 de l'abbé de Boisic, tous nos Pères enseignent d'un commun accord que c'est une erreur et presque tme hérésie de dire que la contrition soit nécessaire, et que l'attrition toute seule, et mesme conceuë par le seul motif des peines de l'enfer qui exclud la volonté d'offencer, ne suffit
40 pas avec le Sacrement. Quoy ! mon Père, c'est presque un article de foy, que l'attrition conceuë par la seule crainte des peines suffit avec le Sacrement ? Je croy que cela est particulier à vos Pères. Car les autres, qui croyant que l'attrition
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suffit avec le Sacrement, veulent au moins qu'elle soit meslée de quelque amour de Dieu. Et, de plus, il me semble que vos auteurs mesmes ne tenoient point autrefois que cette doctrine fust si certaine. Car vostre Père Suarez en parle de cette sorte, De Pœn., q. 90, art. 4, disp. 15, sect. 4, n. 17. 6 Encore, dit-il, que ce soit une opinion probable qîie Vattrition suffit avec le Sacrement, toutefois elle n'est pas certaine, et elle peut estre fausse : Non est certa, et potest essefalsa. Et si elle est fausse, Vattrition ne suffit pas pour sauver un homme. Dotic celuy qui meurt sciemment en cet estât s'expose volontairement 10 au péril moral de la damnation éternelle. Car cette opinion n'est ny fort ancienne, ny fort commune : Nec valdè antiqua, nec multum communis. Sanchez ne trouvoit pas non plus qu'elle fust si assurée, puis qu'il dit en sa Somme, 1. 1, c. 9, n. 34, Que le malade et son Confesseur qui se contenter oient, à 15 la mort, de Vattrition avec le Sacrement, pecheroient mortellement, à cause du grand péril de damiiation où le pénitent s'exposeroit, si Vopinion qui assure que Vattrition suffit avec le Sacrement ne se trouvoit pas véritable. Ni Comitolus aussi, quand il dit, Besp. mor., 1. 1, q. 32, n. 7, 8, Qu'il n'est pas trop 20 seilr que Vattrition suffise avec le Sacrement. Le bon Père m'arresta là -dessus. Et quoy, dit-il, vous lisez donc nos Auteurs ? Vous faites bien, mais vous feriez encore mieux de ne les lire qu'avec quelqu'un de nous. Ne voyez-vous pas, que pour les avoir leus tout seul, vous en avez conclu que ces 25 passages font tort à ceux qui soutiennent maintenant nostre doctrine de l'attrition, au lieu qu'on vous auroit monstre qu'il n'y a rien qui les relevé davantage ? Car quelle gloire est-ce à nos Pères d'aujourd'huy d'avoir en moins de inen respandu si généralement leur opinion partout, que, hors les Théologiens, 30 il n'y a presque personne qui ne s'imagine que ce que nous tenons maintenant de l'attrition n'ait esté de tout temps l'unique créance des fidelles. Et ainsi, quand vous monstrez par nos Pères mesmes qu'il y a peu d'années que cette opinion n'estoit pas certaine, que faites-vous autre chose sinon 35 donner à nos derniers auteurs tout l'honneur de cet establissement ?
Aussi Diana, nostre amy intime, a cru nous faire plaisir de marquer par quels degrez on y est arrivé. C'est ce qu'il fait, p. 5, tr. 13, où il dit, Qti' atitrefois les anciens scolastiques ^(i soustenoient que la contrition estoit nécessaire aussi tost qu'on avoit fait un péché mortel. Mais que depuis on a crtl qu'on n'y estoit obligé qiie les jours de f estes ; et enstiite que quand
Îl6 LES LETTRES PROVINCIALES
quelque grande calamité menaçoit tout le peuple; qîie selon d'autres on estoit obligé à ne la pas différer longtemps quand on approche de la mort. Mais que nos Pères Hurtado et Vasquez ont refuté excellemment toutes ces opinions là, et estably qu'on 5 n'y estoit obligé que quand on ne pouvait estre absous par une autre voye, où à l'article de la moi't. Mais, pour continuer le merveilleux progrez de cette doctrine, j'ajousteray que nos Pères Fagundez, praec. 2, t. 2, c. 4, n. 13 ; Granados, in 3 p., contr. 7, tr. 3, d. 3, sect. 4, n. 17, et Escobar, tr. 7, ex. 4, n.
10 88, dans la Pratique selon Piastre Société, ont décidé que la contrition n'est pas nécessaire, mesme à la mort, parce, disentils, que, si l'attrition avec le Sacrement ne suffisait pas à la mort, il s'ensuivrait que l'attrition ne serait pas suffisante avec le Sacrement. Et nostre sçavant Hurtado, De Sacr., d. 6,
15 cité par Diana, part. 4, tr. 4 ; Miscell., E. 193, et par Escobar, tr. 7, ex. 4, n. 91, va encore plus loing, car il dit : Le regret d'avoir péché qu'on ne conçoit qu'à cause du seul mal temjjorel qui en arrive comme d'avoir perdu la santé au son argent, estil suffisant ? Il faut distinguer. Si on ne pense pas que ce
20 mal soit envoyé de la main de Dieu, ce regret ne suffit pas ; mais, si on croit que ce mal est envoyé de Dieu, comme en effet tout mal, dit Diana, excepté le péché, vient de lui, ce regret est suffisant. C'est ce que dit Escobar en la Pratique de nostre Société. Nostre P. François L'Amy soustient aussi la mesme
25 chose, t. 8, disp. 3, n. 13. Vous me surprenez, mon Père. Car je ne voy rien en toute cette attrition là que de naturel ; et ainsi un pécheur se pourroit rendre digne de l'absolution sans aucune grâce surnaturelle. Or, il n'y a personne qui ne sçache que c'est une hérésie condamnée par le Concile. Je
30 l'aurois pensé comme vous, dit-il, et cependant il faut bien que cela ne soit pas, car nos Pères du Collège de Clermont ont soustenu dans leurs Thèses du 23 May et du 6 Juin 1644, col. 4, n. 1, qu'une attrit'ion peut estre sainte et suffisante pour le Sacrement, quoy qu'elle ne sait pas surnaturelle ; et dans
35 celles du mois d'Aoust 1643, qu'une attrition qui n'est que naturelle suffit pour le Sacrement, pourveu qu'elle sait hanneste : Ad sacramentum sufficit attritio naturalis, modo honnesta. Voilà tout ce qui se peut dire, si ce n'est qu'on veviille ajouster une conséquence qui se tire aisément de ces prin-
40 cipes, qui est que la contrition est si peu nécessaire au Sacrement qu'elle y seroit au contraire nuisible, en ce qu'effaçant les péchez par elle mesme, elle ne laisseroit rien à faire au