‹ Les lettres provinciales. Edited by H.F. StewartChapitre 55 sur 181 · om. Et C. 29. à croire B. 34. om. et C, 35. et par celuy · texte numérisé non relu

om. Et C. 29. à croire B. 34. om. et C, 35. et par celuy

(Je Dieu mesme C,

ONZIÀME LETTRE 123

nabo. Et les Saints, agissant par le mesme esprit, en useront de mesme, puis que, selon David, quand ils verront la punition des méchans, ils en trembleront et en riront en mesme temps : Videbunt j^isti, et timebunt, et super eum ridebunt. Et Job en parle de mesme : Innocens subsannabit eos. 6

Mais c'est une chose bien remarquable, sur ce sujet, que dans les premières paroles que Dieu a dit à l'homme depuis sa cheute, on trouve un discours de moquerie, et une ironie piqxuxnte, selon les Pères. Car, après qu'Adam eut désobéi dans l'espérance que le démon luy avoit donnée d'estre fait 10 semblable à Dieu, il paroist par l'Escriture que Dieu en punition le rendit sujet à la mort, et qu'après l'avoir réduit à cette misérable condition, qui estoit deuë à son péché, il se moqua de luy en cet estât par ces paroles de risée : Voilà l'homme qui est devenu comme l'un de nous : EcceAdam quasi 15 ■itnus ex nobis. Ce qui est une ironie sanglante et sensible dont Dieu le piquoit vivement, selon S. Chrysostome et les interprètes. Adam, dit Kupert, meritoit d'estre raillé par cette ironie, et on luy faisoit sentir sa folie bien plus vivement par cette expression ironique que par une expression sérieuse. Et 20 Hugue de S. Victor, ayant dit la mesme chose, adjoute qu^ cette ironie estoit d^uë à sa sotte crédulité, et que cette espèce de raillerie est une action de justice, lorsque celuy envers qui on en use l'a méritée.

Vous voyez donc, mes Pères, que la moquerie est quel- 26 quefois plus propre à faire revenir les hommes de leurs égaremens, et qu'elle est alors une action de justice, parce que, comme dit Jeremie, les actions de ceux qui errent sont dignes de risée à cause de leur vanité : Vana sunt et risu digna. Et c'est si peu une impieté de s'en rire que c'est l'effet d'une 30 sagesse divine, selon cette parole de S. Augustin : Les sages rient des iîisensez parce qu'ils sont sages, non pas de leur propre sagesse, mais de cette sagesse divine qui rira de la mort des méchans.

Aussi les Prophètes, remplis de l'esprit de Dieu, ont usé 35 de ces moqueries, comme nous voyons par les exemples de Daniel et d'Elie. Enfin les discours de Jesus-Christ mesme n'en sont pas sans exemple, et S. Augustin remarque que, quand il voulut humilier Nicodeme, qui se croyoit habile dans l'intelligence de la loy, comme il le voyoit enflé d'orgueil 40 par sa qualité de Docteur des Juifs, il cverce et estonne sa présomption p)0.r la hauteur de ses devmndes, et l'ayant réduit à

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