‹ Les Leucémies Aiguës à MonocytesChapitre 6 sur 45 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La connaissance de la leucémie à monocytes est de date relativement récente. Reschad et Schilling décrivirent le premier cas de « Leucémie pure à monocytes » en 1913, et jusqu’à ces dernières années peu d'observations parurent sous ce nom. En 1922, Touraine publie un mémoire remarquable sur les « formes spléniques pures » de la leucémie lymphoïde chronique. Il en décrit comme variété importante la « Leucémie à splénocytes » et « y voit matière à esquisser un nouveau chapitre d’hématologie ». Or l’assimilation des deux termes « splénocytes » et « monocytes » n’est plus beaucoup discutée:

Depuis 1927, Merklen et Wolf ont consacré d’importants travaux au monocyte « troisième élément du sang » et aux « leucémies à monocytes» dont ils sont les plus ardents défenseurs. Ils ont groupé et classé la grande majorité des observations de leucémies à monocytes éparses dans la littérature. Les unes ont été reconnues comme telles par leurs auteurs. Pour les autres, les descriptions en rendent,

RTE

d’après eux, le diagnostic rétrospectif soit évident, soit probable. Ils comptent ainsi 23 observations de ieucémies à monocytes typiques et 28 de leucémies à monocytes inclassables du fait soit d’une évolution combinée de myélocythémie et de monocythémie, soit de poussées de monocythémie au cours de leucémies chroniques et aiguës, soit de la présence de cellules géantes dans le sang et les tissus de leucémies myé- Joïde et lymphoïde, soit de la discordance des images hématologiques et des données histologiques. La leucémie à monocytes est née des perfectionnements des techniques de coloration du sang. Alors que la première classification du syndrome leucémique, due à Wirchow, qui eut le mérite de la décrire pour la première fois en 1845 et de lui donner son nom de « Leukaemia », était basée essentiellement sur les manifestations cliniques de l'affection, les nouvelles techniques de coloration permirent une autre division en décrivant à chaque type une formule hématologidue caractéristique. Depuis, les progrès de l’hématologie furent toujours liés avant tout aux perfectionnements de ses techniques. C’est à la suite des travaux d’Ehrlich en 1891 et de sa méthode de coloration des leucocytes avec les colorants à l’aniline que l’on distingue les deux formes myéloïdes et lymphoiïdes des leucémies en rapport avec la doctrine du dualisme morphologique et philogénique des globules blancs. Celle-ci souleva contre elle dès le début les partisans de l’origine lymphoiïde de toutes les cellules sanguines, les unicistes, Hayem, Dominici,

Page 1