LE GOUT DE PROMETTRE
Je porte en moi le goût étonnant des promesses...
D'un bonheur à venir je comble ma maîtresse;
Je lui dis : tu seras plus heureuse demain,
Je mettrai mon orgueil et mon cœur dans tes mains.
A Tami rencontré je rends mille services
Avec des mots ; selon mon facile caprice
Il voit réaliser ses projets, ses désirs;
Je donne largement par goût, avec plaisir;
Grâce à moi il sera comblé, je prévois même
Les vœux inavoués, ce qu'en secret il aime;
J'agrandis devant lui son horizon d'espoirs, Je m*admire de posséder tant de pouvoirs...
Or, je n'ai rien, je ne peux rien que des promesses. Mais j'ai pour tout 1© monde une immense tendresse Qui me porte à donner des mots qui font du bien. Cœur prodigue et trompeur, tu ne ûiens pas pour rien ! Tu ne fais pas en vain de l'or avec tes fables ! L'homme accueille toujours les choses favorables, Il croit, comme un enfant, à son bonheur toujours. Et moi qui sais la vanité de mes discours.
Je trompe mes remords, je dupe ma conscience. En leur disant : Je veux avoir plus de prudence, Mes mensonges pourraient se changer en chagrins. Je promets d'être vrai et modeste demain.