‹ Les lèvres et le secret: PoésiesChapitre 58 sur 82 · LA FIN DE L'AMOUR · texte numérisé non relu

LA FIN DE L'AMOUR

Ainsi que du bois mort, tu tombes, mon amour... Oh I le bruit que tu fais, douloureux, sec et triste ! Mais c'est en vain qu'on pleure, en vain que Ton résiste Et je te sens mourir un peu plus chaque jour.

Pourtant, les yeux aimés n'ont pas changé de flamme ; Le sourire a toujours le môme air singulier ; Il semble au bord des cils qu'il flotte de son âme. L'ovale du visage est aussi régulier.

Pourquoi n*ai-je donc plus ces élans de tendresse ? Dans le berceau des bras je me sens à réiroii; Le récit de son cœur me remplit de tristesse, Sur la chaleur du sein je m'ennuie et j'ai froid.

Puis, j'ai de plus en plus un don de clairvoyance, Je scrute la couleur et le grain de la peau, Les traits un peu tirés, Tépaule trop tombante» Je vois un pli sous Tœil, à Toreille un défaut.

Je pèse sa beauté, môme je la compare; Une autre est plus jolie avec des yeux plus grands. J'oublie les qualités pour ne voir que les tares, Le détail dont je souffre est le plus apparent.

Mais non, je ne veux pas I Oh I ne meurs pas encore ! Retrouve ton visage et ta forme d'avant.

Demeure la plus belle et celle que j'adore, Tendre image de chair de mon amour vivant...

Je te serns qui deviens une autre, une étrangère, Nous n'avons plus les mêmes goûts comme autrefois, Il semble que je vis dans une autre atmosphère... Toi que je sens si loin, reviens auprès de moi 1

Nous ferons tous les deux ce qui sera possible... Nous retrouverons bien l'amitié, la douceur.

Même un peu de l'ancien amour des soirs paisibles, Mais la jeunesse, la jeunesse de nos cœurs...

L'on ne rebâtit pas ce qu'on détruit soi-même. J'ai sapé sourdement mon bonheur chaque jour, Avec mes propres mains j'ai tué ce que j'aime... Et reste seul parmi des décombres d'amour...

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