LES MEILLEURES LETTRES
Oh ! ne déchire pas les lettres de ta mère !
Elles sont le meilleur, en somme, de la vie, Ce qui ne périt pas pour toi sur cette terre, Le cœur d'une maîtresse et le cœur d'une amie.
« Mon cher enfant I mon cher enfant I te disent-elles, Comme j'ai peur pour toi de ces nuits de Paris I * C'est comme un bruit de source, et c'est comme un bruit
[d'ailes...
Ce sont des yeux en pleurs sous de chers cheveux gris. . .
Ohl ces lettres remplies de soucis et d'alarmes, Qui ne blessent jamais et qui savent guérir I Ces lettres qui sont gaies, mais pour cacher des larmes, Oonl récriture tremble au vent des souvenirs.
« Mon Dieul ne puis-je pas connaître ses pensées ? « N*aurais-je pas mieux fait de le suivre toujours ? « Nous n'avons plus de fils quand la vie est passée.. Oh 1 que sont tes amours auprès de cet amour ?
Qui te rendrait jamais une telle tendresse ?
Comme au fond d'un vieux livre on conserve une fleur,
Garde cette lointaine et si pure caresse,
Oh ! ne déchire pas les morceaux de ce cœur !
Tant d'amour I Tant d'amour t*a bercé dès Teiifance.
On s'habitue si bien et si vite à cela...
Ces lettres, tu les lis avec indifférence :
Mais songe, songe à ceux qui n'en reçoivent* pas i ...