LE TESTAMENT
Puisque la mort est dans ta chambre, Donne, en testament, ton coffret Parfumé de santal et d'ambre A ton tzigane préféré.
Donne à ta tireuse de caries, Dont le nez touche le menton, Tes vieilles robes écarlates, Tes peignes d'or et tes savons.
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A ta manucure fidèle Donne tes colliers, tes bijoux.
Personne ne savait, sauf elle, Essuyer les pleurs de ta joue.
A ton coiffeur, pour ses tirades Sur Dieu, la science ou la mort, Et qui récoltait des œillades En te frisant, donne ton or.
Donne ton poignard dont la garde Est sculptée en forme de fleur — Peut-être en fera-t-il usage — A ce brun, ton amant de cœur.
Mais moi je veux tes castagnettes En bois de laurier espagnol.
C'est ton âme folle et coquette Qui tourbillonnait dans leur vol.
Quatre ou cinq, jusqu'au cimetière, Ceux qu'auront comblés tes faveurs.
Nous suivrons ton cercueil, ma chère. Amen I se dira le coiffeur.
Je vais pouvoir doter ma fille.
Dira le tzigane en riant.
C'est avec l'argent de ces filles Que vivent les honnêtes gens...
Et Tamant dira : La gredine I Je ne l'ai pas battue assez.
J'aurais dû lui casser l'échiné.
Il est trop tard, je suis volé 1
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El peut-être alors une vieille Que personne ne connaîtra, A quelque pauvresse pareille, Sur le sol s'agenouillera,
Un rictus affreux et sincère Tordant son visage fané, Et ce sera ta vieille mère A qui tu n'auras rien donné.