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Les lézardes sur la maison

Quand M. Sansot-Orland nous a offert de conserver dans une suite de petits volumes des pages que pour divers motifs nous écartions de notre œuvre, quelques amis nous ont marqué leur désir de retrouver dans cette collection certains articles sur le danger que le gouvernement d'un parti fait courir à l'unité nationale.

Nous avons publié dans la « Patrie » : Un Cri d'alarme (18 Juillet 1902); Dis-

solution de Communauté (25 Juillet 1902) Les Mauvais Gérants (1er Août 1902); Les Belles Tiges provinciales (5 Septembre 1902Ï; La Solution est à Paris (12 Septembre 1902); Des Droits mais aussi des Devoirs (26 Septembre 1902); La Sagesse de l'Est (10 Octobre 1902); L'A, B, C (28 Novembre 1902). Puis dans le Gaulois : Les Lézardes sur la Maison (14 Juin 1903); La Prépondérance des Méridionaux (29 Juin 1903); II y a plusieurs Frances (19 Juillet 1903); La Folie du Suicide (12 Janvier 1904); Le Seu tin/eut de l'Honneur fait l'Unité nationale (21 Janvier 1904).

On excusera cette longue bibliographie. C'est pour faire entendre l'extrême difficulté qu'il y a de réunir des articles. Dans les journaux, on se répète indéfiniment. Ne faut-il pas frapper mille fois sur la tète du même clou? Mais quel embarras si Ton veut mettre bout à bout des arguments repris à satiété pendant deux ans sous des formes diverses !

En réalité, avec ces matériaux il y aurait un livre utile et d'ailleurs facile à écrire.

sûr la Maison

Dans un chapitre premier on constaterait qu'il y a des lézardes sur la maison par la faute de nos mauvais gérants (qui sont, à voir clair, le groupe de la Dépêche).

Dans un chapitre II, on chercherait à établir que la prépondérance des méridionaux est détestable. Si une république peut vivre dans notre vieille France qu'a créée la monarchie, c'est par celte sorte d'esprit public que produisent le Nord de la France et notamment l'Alsace. (Indiquer la facilité avec laquelle le Midi prend son parti de la perte de l'AIsace-Lorraine ; il se sent plus léger, privé de contre-poids).

Enfin un troisième chapitre démontrerait que dans l'état des choses et quand nous allons, par suite de manières de sentir et de penser si différentes, vers une dislocation, la sagesse serait de respecter les intérêts de chaque région et de les faire régler par des assemblées régionales (après avoir sauvegardé toutefois les intérêts généraux qui doivent demeurer le domaine du pouvoir central).

Il y a plusieurs causes pour que je n'essaye pas ce livre. Nos idées sur la décentralisation et le régionalisme sont éparses dans le Roman de l'Energie nationale et dans les Scènes et Doctrines du Nationalisme. Nous avons commencé une suite d'ouvrages Les Bastions de l'Est dont le premier épisode Au service de l'Allemagne y a paraître incessamment. Mieux que nous ne ferions par une suite d'affirmations abstraites nous espérons y faire voir, dans une suite de petits faits choisis et raisonnes, les droits et les devoirs de nos magnifiques populations des marches de l'Est.

Aujourd'hui, en somme, dans cette esquisse, nous nous bornons à dévoiler (comme pour prendre date) un péril national, les lézardes sur la façade, et nous désignons les catégories de faits qui expliquent l'irritation de la Lorraine.

Ces faits lorrains correspondent à quelque chose de plus large que les intérêts et le sentiment d'une seule province.

Jules Lemaitre a fait approuver certaines de nos conclusions parles Normands de Caen (au début de l'hiver de 1903).

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