SCÈNE PREMIÈRE
L’abbé ANSELME, M»' de TOURVEL.
( Au lever du rideau, iU sont assis à gauche de l'acteur, près de le table. )
l’abbé akselml. Qu'est -il donc arrivé, pendant le long séjour que vous avez fait fi la campagne ! Depuis un mois que vous êtes revenue , je vous observe : vous êtes
madame de tourvel. Mes lettres? a l’abbé , lisant. « Demandez-lui pour » moi une entrevue où je puisse au moins » réparer en partie mes torts par mes cx- » cuses; et, pour dernier sacrifice, nnéan- » tir fi scs yeux les seules traces d'une er- > reur qui m’avait rendu coupable envers » elle. » .
madame de tourvel. 11 a écrit cela !
l’abbé. Voyez!
madame de tourtel , après avoir par-
rêveuse, triste, vous fuyez le monde; vous couru i a lettre. Est-il sincère ? vivez dans une retraite absolue; j’ai plus l’abbé. N’en doutez pas? {A part.) Ob! d une fois surpris des larmes dans vos j’ en suis sûr ! . . l'hypocrisie ne saurait alyeux !.. Parlez, confiez-moi vos peines. 1er si loin.
madame de tourvel. Alt ! comineut en . n:„.. i
. . , MADAME DE TOURVEL. JMOII IJlCU ! C CSt
avoir e ctmrage. , . . donc fi celui qui ne le demandait pas que
LAB.E Depuis votre enfance, n a.-je ^ ac ^ nl<! le
pas lu dans Votre ame? Ne m avez-vous Jc ne yeux ^ ^ v
pas toujours avoue sans crainte toutes vos mon( r
pensées? r £ . ’ *
madame de tourvel. Alors , je ne con- L abbé , se levant. Faudra-t-il donc lut naissais pas ces sentimensqui portent dans dire que sa prière est repoussée ?
. l’amc un trouble mortel. madame de tourvel. Oui! . . mais non...
l'abbé. Comment ? ne dites rien encore ; laissez-moi le teins
madame de tourvel. Oh ? j’ai peine à de me remettre et de prendre avec plus me comprendre . . . Car enfin, je le sais, de calme une courageuse résolution, je n'en peux douter ; me perdre , tel était Julie, entrant par le fond. Madame ?
son but et son espérance !.. Pourquoi donc madame de tourvel. Eb bico,qu ya-t-H?
ne puis- je détacher ina pensée de cet 1 uue. M"' de Rosemonde.
homme que je n’aime pas, que jc ne peux madame de tourvel. Alt!. . je ne puis
pas, que je ne veux pas aimer? Oh! je suis l’éloigner. Faites entrer, bien malheureuse ! . « (Julio sort.fi
L'Abbé. Je vous quitte ; réfléchissez , je
reviendrai.
madame de tourvel. Oui, revenez; j’ai tant besoin de vos avis. Pourquoi mon
cœur est-
il plus troublé que jamais? ‘
[ JL abbé sort par la porte de c»ut
( L’abbé sort par fa porte de gauche. )