Scène il
M« de TOURVEL, M- de ROSE- MONDE, DANCENY, CÉCILE." madame de tourvel. C’est vous que je revoi , mon excellente amie! votre présence m’est bien précieuse !.. Que vois-je?
M. Danccny avec vous ! . . Oh ! que j’en suis contente!., pour vous, ma chère Cécilé.
MADAME DE ROSE MONDE. C’eSt CODlIBe SOU
futur époux que je vous le présente.
MADAME DE TOURVEL, Je Savais bitU qu’ot)
finirait par lui rendre justice.
dancent. Je n’ignore pas tout ce que je vous dois, madame.
MADAME DE BOSEMONDE. Et IBOD nCVCll ,
chère amie, a secondé vos efforts.
MADAME DE TOURVEL. Ah ! . .
MADAME DE ROSEMONDE. Oui , ValmOUt , dont l’esprit vraiment supérieur apprécie k leur juste valeur les titres et les distinc-
tions dont il pourrait être fier, pour n’attacher de prix qu’au mérite, a si bien parlé, que M”' Volange a été convaincue et la main de Cécile est accordée au chevalier. J’ai les pleins pouvoirs de la mère, que des affaires retiendront un mois en province.
danceit. Ah! que ne dois-je pas à ValruOm ?
cécile, à part. Je suis au supplice !...
Que faire? Que résoudre?
danceny. C'est que vraiment il a tout fait pour moi! n'est-il pas vrai, ma bienaiméc Cécile?
- CÉCILE. Lui ! . .
danceny. Qu’avez-vous donc?
(Cécile s’assied A gauche, trisle et pensive.) MADAME detovbvel, &M™ de liasemonde. Je suis charmée d’apprendre que M. de Valmont est fauteur de cette bonne action.
madame de rosemonde, s'asseyant adroite* Des bonnes actions ? Sa vie ne se compose plus que de cela ; on a peine à reconnaître Je joyeux et volage étourdi sous cette raison sévère qui maintenant dirige toute sa conduite.
madame de tourvel. Celte imc si belle était faite pour le bien.
madame de rosemonde. Des liaisons dangereuses l’avaient égare; mais il n’est plus ‘ le môme. Je ne vous cache pas pourtant que son état m’alarmé : son dégoût du monde, sa profonde mélancolie, ont quelque chose d'effrayapt. Je viens de te voir.
madame de toobvel. Vous l’avez vu ? . .*
'MADAME DE ROSEMONDE. LcS détails qU*
m’avait donnés son valet de chambre m’inquiétaient, car Valmont est le seul intérêt de ma vieillesse, c'est l’enfant chéri de mon cœur; je suis allée chez lui... et je tremble.
MADAME DE TOURVEL , inquiète. Quoi donc ? Qu’y a-t-il ? Ah ! ne me cachez rien !
madame de rosemosde. Je l’ai trouvé pâle, défait, entouré de papiers qu’il semblait meltrccn ordre. Il s’est troublé en me voyant, il a parlé de départ, d’adieu éternel., madame de tourvel. Il n’a pas dit cela...
madame de rosemonde. J’ai voulu le forcer de s’expliquer; mais il a rétracté les paroles qui lui étaient échappées, s'est obstiné à garder un silence qui m’effraie, et je venais vous interroger à ce sujet.
madame de tourvel. M’interroger?. . .
mais je ne sais rien, et mon inquiétude est égale à la vôtre.
MADAME DK ROSEMONDE. VOUS ne l’avez pas vu?
madame de tourvel, avec embarras.
Non !.. je n’ai pas cru devoir. . .
madame de bosemonde. Je crains , je l’avoue, quelque résolution désespérée.
madame de tourvel. Oh non , non !...
Rassurct-vous! (A pari.) Il faut que je le voie et que je le rappelle à la raison.
madame de rosemonde. Pauvre enfant!
comme vous ôtes pâle aussi ! . .
danceny, à Cécile. Vous me répondez à peine, Cécile!.. Qu’avez- vous donc?
madame de rosemonde , passant entre M ,t <le Toilrvel et Danceny. Eh bien ! qu’y a-t-il, chevalier?
danceny. Cécile est triste et contrainte avec moi; aurait-elle cessé de m’aimer?
madame de rosemonde. Elle dépérissait de chagrin et d’ennui quand elle ne vous voyait pas.
danceny. Qu’est-il donc arrivé?
madame de rosemonde. Ce n’est rien, ne vous alarmez pas! Mes chers en fans , je ne croyais guère revenir encore à ces souvenirs que l’âge avait effacés : paisse mon amitié être aussi clairvoyante qu’elle est sincère , et éloigner de vous les chagrins ! C’est bien dommage pourtant que l’expérience ne profite qu’à ceux qui l’ont acquise à leurs dépens.
julie, annonçant. M. de Chavigny-