II. — Conclusion de l’'Introduction
A la fin des hostilités un devoir essentiel s’imposait aux hommes d'Etat alliés chargés de faire la paix; faire que celle-ci fût solide.
Pour cela, il s'agissait d’éteindre les foyers de haine, d’abord, au sein de chaque puissance en faisant coïncider les limites des Nations avec celles des Etats; mais aussi, entre les puissances diverses et rivales; et puisqu'il paraissait impossible de réaliser immédiatement ce rêve, du moins s’agissait-il de
garantir les puissances pacifiques contre celles dont le passé donnait des craintes pour l'avenir.
Ainsi apparut le problème de la paix entre l’AIlemagne etles puissances occidentales sous le double aspect d’un problème territorial et d'un problème de sécurité lesquels peuvent se synthétiser en une formule qui les illustre : le problème du Rhiv.
Le problème territorial présentait deux solutions possibles : ou la création d’un Etat rhénan séparé de l'Empire allemand, tout au moins distinet de la Prusse; ou bien le maintien de ces provinces dans l'Unité prussienne el partant dans celle du Reich.
La première solution fut appuyée en Rhénanie par le mouvement séparatiste et elle parut, un instant, s'imposer après la proclamation de la République rhénane, le 1* juin 1919 à Wiesbaden, par le D' Dorten. Mais ce ne fut qu'un geste éphémère. La République ne vécut pas; le mouvement, il est vrai, persista car il avait une base solide : la mentalité de l'homme du Rhin. Celui-ci balloté au cours des âges entre l'Allemagne et la France, tantôt sujet de l'une, tantôt sujet de l’autre, a oublié, dans ces métamorphoses répétées de sa nationalité, l’idée de patrie qu'ileut peut-être un jour et il n’a pas acquis celle de
la fidélité dans le malheur qu'il semble n'avoir eu
jamais. Mais il remplace l'idéal absent par l'intérêt ;