‹ Les libres parolesChapitre 13 sur 39 · LE MARIAGE DU ROI · texte numérisé non relu

LE MARIAGE DU ROI

Eu attendant qu'il se marie Avec une belle à son goût, Ferdiaand, roi de Bulgarie, A planté des gibets partout.

Les corbeaux goulus sont en fête, L'oranger blanc s'empourprera 'Lan derirette Lan derira.

Le ciel est bleu, l'aurore est blonde, Les vents soufflent dans lo hallier :

Toutes les princesses du monde Rêvent du joli cavalier.

La Camarde fera risette A celle qui l'épousera.

Lan derirette

Lan derira.

Les échansons en toque noire, Raillant les vaillants et les forts, Lui verseront du sang à boire Dans le crâne doré des morts.

Avec ses grands yeux dç squelette,

Panitza la regardera.

Lan derirette Lan derira.

Les chanvres blonds, baisant la traîne De sa robe au long du chemin.

Lui diront : « Madame la Reine, « Nous pendrons aux gibets demaiu! »

Le bourreau, sa besogne faite, A la valse l'invitera,

Lan derirette

Lan derira.

Le roi, sou chevalier fidèle.

Lui dira': « Tout n'est pas perdu !

« Vous serez heureuse, ma belle, a J'ai de la corde de pendu ! »

Sous la poteuce toujours prête, Le lugubre anneau grincera,

Lan derirette

Lan derira.

« La corde, lui répondra-t-elle, « Vous a plus d'une fois aidé :

« Votre famille a déjà celle « Qui servit à pendre Coudé. »

Louis Seize, apportant sa têle, A leurs côtés se dressera.

Lan derirette

Lan derira.

Mais quand, toute seule et moins fière Des gibets poussant vers les deux, Elle aura bien fait sa prière, Avant de clore ses beaux yeux, A son chevet, dans sa chambrette, Le crucifix sanglotera,

Lan derirette

Lan derira!

14 août is9

Page 1