‹ Les ligues Étolienne et Achéenne: leur histoire et leurs institutions, nature et durée de leurChapitre 40 sur 56 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LES MAGISTRATS FÉDÉRAUX. LE STRATÈGE ; CHRONOLOGIE DBS STRA- TÈGES. LES APOGLÈTBS, l'hIPPARQUE , LE SECRÉTAIRE, LE TRÉ- SORIER. LES N0M0GRAPHE8.

En Tabsence de rassemblée, les affaires de la ligue étolienne étaient gérées, sauf contrôle, par les magistrats fédéraux : le premier de ces magistrats était le stratège , président du comité permanent des apoclëtes. Ses assesseurs étaient Thipparque et le secrétaire (Srifxrfffioç YpafjLjAaTcuç).

Les élections se faisaient chaque année, après Péquinoxe d'automne, à la grande assemblée de Thermos (i). Quelles formes étaient employées dans le choix des magistrats? La question serait embarrassante si nous nous en tenions aux expressions mêmes des auteurs anciens. D'une part, Polybe dit que l'assemblée s'occupait des k^x^i^^^on à Thermos (2) ; et il désigne le mode de nomination des magistrats étoliens par le terme oetpcTo^i (3). D'autre part , Hésychius atteste que les magistratures étaient tirées au sort on Etolie : « SicxXi^pouv S' aMtç xudtfxfj) , xa\ 6 tov Xcux^ Xa6ù)v iXdfvx^vev (4). *> Cette contradiction n'est qu'apparente. Comme Ta démontré M. Fustel de Coulanges dans son étude .Sur le tirage au sort appliqué à la nomination des archontes athéniens , on doit simplement conclure que l'atpcaïc et le xX9r poç ne s'excluaient pas et pouvaient se rencontrer ensemble : « L'alliance du sort et du choix entrait dans les idées des an- » ciens , le premier étant commandé par la religion , le second » par l'intérêt ou la prudence (5). »

(1) Polybe, IV, 37, 2 ; IV, 67, 1 ; V, 8, 5. Strabon, X, p. 463.

(2) Polybe, II. 2, 8, 11.

(3) Ibid. : « 8edv arpatTifàv iTipov alptToOat. » Polybe, IV, 27, 1.

(4) Hésychius : « xvd|&()> iraTpCtfi. »

(5) Fostcl de Coulanges, Rechereh«$ swr U tiragt w $m a^Uqué à Ul lu^miMn'oii du QTclmU$ athinMn». 1879. p. 28.

CONSTITUTION DE LA LIGUB ÉTOLIBNNB. 195

Nous ne pensons pas que le peuple étolien ait été aussi complètement exclu des élections que le suppose M. Bazin , préoccupé de trouver dans la constitution de la ligue des éléments aristocratiques. Voici le tableau qu'il nous présente des séances où l'assemblée nommait les magistrats : « Le stratège et les apoclè- » tes (cette prérogative ne pouvait appartenir à d'autres) avaient » préparé la liste des candidats; ils la soumettaient au peuple, et, D à chaque nom, le peuple témoignait , probablement par des » cris, de son approbation ou de son opposition. Les candidats > alors plongeaient tour à tour la main dans une urne qui con- » tenait une fève blanche cachée parmi des fèves noires ; le cani> didat qui retirait la fève blanche était élu (1) ». Qui nous assure que la BouXi{ n'était point chargée de dresser la liste des candidats , que le peuple n'avait pas à confirmer ou à modifier cette liste avant le tirage au sort? Et, en fin de compte, comment étaient nommés le stratège et les apoclètes , que l'on nous représente ici comme guides de la volonté populaire? Le tirage au sort était précédé d'un choix : c'est ce qu'Aristote appelle xXv)pa>Tol ex 7cpoxp('rc«>v. Soit ; mais en quoi consistait ce choix , quelles étaient les garanties prises contre le tirage au sort ? Nous ne le savons pas. En tout cas, si l'on suppose que le peuple n'avait point d'influence directe sur les élections, il est plus naturel , dans un Etat démocratique^ de/emplacer le vote populaire par le choix des représentants des villes dont le pouvoir ne devait point porter ombrage à une multitude composée de leurs électeurs. Nous avons déjà fait remarquer que la BouXi{ représentait en somme beaucoup mieux le peuple étolien que les citoyens présents à l'assemblée.

Le stratège , premier magistrat et éponyme de la ligue , entrait en charge dès que le sort l'avait nommé (2). Il n'y avait point de stratège désigné (3) : si ce magistrat mourait dans l'exercice de sa charge^ une assemblée se réunissait et nommait un prxtor suffectuSf qui restait au pouvoir jusqu'aux élections prochaines (4).

La date de l'entrée en charge des stratèges étoliens a été déterminée par A. Mommsen, à l'aide d'une comparaison entre les documents épigraphiques trouvés à Delphes, qui nomment parallèlement les archontes delphiens et les stratèges de la ligue. Nous résumerons ce que nous intéresse dans cet ouvrage (Delphische

(1) Bazin, ibid., p. 264.

(2) Polybe, IV. 67, 1.

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